La Cité de l’Océan de Biarritz a été financée sur une hypothèse de 450 000 entrées par an. Ce niveau n’a jamais été atteint, mais les remboursements, eux, suivent leur cours. Dans un rapport publié en mars 2018, la chambre régionale des comptes Nouvelle-Aquitaine évalue la charge nette pour la commune à 39,2 M€.
L’opération ne sera soldée qu’en 2040.
À retenir
- La Cité de l’Océan a été financée sur 450 000 entrées par an.
- Le site n’a jamais atteint cette cible : 390 000 entrées en 2017.
- La charge nette pour la commune est estimée entre 23,8 M€ et 39,2 M€.
- L’opération ne sera soldée qu’en 2040, 29 ans après la mise à disposition des ouvrages.
Sommaire
Un contrat de 30 ans pour deux équipements
L’opération Biarritz Océan comprenait une Cité de l’Océan neuve et un musée de la Mer agrandi. Les deux ouvrages ont été bâtis dans le cadre d’un contrat de partenariat public-privé de 30 ans. Ils ont été mis à la disposition de la ville le 1er avril 2011, puis ouverts au public fin juin 2011. Les investissements à financer par emprunt s’élevaient à 24,3 M€, après 16,5 M€ de subventions publiques venues notamment de l’Union européenne, de l’État et de la région Aquitaine.
Additionnés, ces deux montants donnent un projet de 40,8 M€. Dans un contrat de ce type, la collectivité règle des loyers étalés sur toute la durée du contrat, au lieu de payer le chantier en une fois. Ici, ces loyers ont été cédés à une banque, et ce sont eux que la ville rembourse encore aujourd’hui.
450 000 visiteurs : le chiffre qui portait tout l’édifice
Le modèle économique de l’opération tablait sur 450 000 entrées par an. Cette fréquentation devait financer l’exploitation et équilibrer des comptes qui s’étalaient sur trois décennies. Or il a manqué en moyenne 120 000 visiteurs par an, l’équivalent de deux stades de 60 000 places remplis chaque année et restés vides.
L’année 2017 en donne une mesure précise. Les deux sites réunis ont enregistré 390 000 entrées, soit 60 000 de moins que la cible, six ans après l’ouverture.
La société d’exploitation a dû être recapitalisée en 2015.
Cette recapitalisation montre que le manque de visiteurs a pesé sur les comptes de l’exploitant, et pas seulement sur une projection théorique. La presse régionale a d’ailleurs relayé le rapport de la chambre en parlant d’un « modèle économique irréaliste ». Une hypothèse de fréquentation posée au départ, puis jamais confirmée par les années suivantes, a donc servi de socle à un engagement qui court jusqu’en 2040.
Résilier en 2015, rembourser jusqu’en 2040
Le contrat de partenariat a été résilié en 2015. La ville a pourtant choisi de continuer à rembourser les loyers cédés à la banque selon le calendrier d’origine. La résiliation n’a donc pas effacé la dette : l’opération sera soldée en 2040, soit 29 ans après la mise à disposition des ouvrages.
Le rapport de la chambre chiffre la facture nette. Elle compte 62,7 M€ de dépenses contre 23,5 M€ de ressources, ce qui laisse une charge de 39,2 M€ pour la commune.
La commune ne retient pas ce montant. Elle estime la charge nette à 23,8 M€, soit 15,4 M€ de moins que la chambre. Les deux évaluations ne retiennent sans doute pas les mêmes postes de dépenses et de recettes, et c’est dans le détail du rapport qu’il faut chercher l’origine de l’écart. Le désaccord ne porte pas sur l’existence d’une charge, mais sur son ampleur.
Même l’estimation la plus basse dépasse 23 M€.
Lire les comptes avant d’applaudir l’inauguration
Le rapport de la chambre est consultable par tous sur le site des juridictions financières. Un habitant qui s’interroge sur un équipement de sa commune peut y chercher trois données : l’hypothèse de fréquentation retenue au départ, la durée réelle des engagements, la part des subventions dans le financement. Pour Biarritz, ces trois lignes se lisent en quelques minutes : 450 000 entrées attendues, 2040 comme année de solde, 16,5 M€ de subventions publiques.
Le dossier ne décrit pas un équipement déserté. Avec 390 000 entrées en 2017, la fréquentation atteignait environ 87 % de l’objectif. L’ennui est que le plan de financement ne laissait aucune marge à ces 13 % manquants, alors que les remboursements s’étendent sur près de trente ans.
Sources : assemblee-nationale.fr | lemoniteur.fr | france3-regions.franceinfo.fr


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