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« Le Monde » a embarqué au mois de juillet à bord de l’« Ocean Viking », le navire de sauvetage affrété par SOS Méditerranée. L’ONG française dénonce l’intensification de la violence en Méditerranée centrale à l’encontre des migrants et des humanitaires de la part d’acteurs libyens soutenus et financés par l’Union européenne.
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L’« Ocean Viking » effectue ses derniers entraînements en mer avant plusieurs semaines de patrouille au secours de bateaux en détresse en Méditerranée, au large de Syracuse (Italie), le 11 juillet 2026. « 33 °32’N ; 014 °00’E » Il est 15 h 30, jeudi 16 juillet, lorsque l’Ocean Viking reçoit les coordonnées d’une embarcation en détresse. A 15 miles nautiques de sa position, dans les eaux internationales au large de la Libye, un bateau pneumatique chargé d’une quarantaine d’exilés est à la dérive dans l’immensité bleue. Le navire humanitaire change immédiatement de cap et se déclare prêt à porter assistance. « TCPA : 90 minutes », crachotent les talkies-walkies, indiquant le temps de navigation restant pour atteindre le canot en péril.
Sur le pont, l’équipage de SOS Méditerranée enfile ses équipements et se prépare à intervenir. Malgré ses appels répétés aux centres de coordination des secours maritimes libyens, maltais et italiens pour les prévenir de leur opération de sauvetage, l’Ocean Viking ne reçoit aucune réponse. Bientôt, à l’horizon, un panache de fumée noire indique la présence d’un patrouilleur des garde-côtes libyens qui fonce à toute allure sur le bateau en détresse. L’ONG tente d’établir la communication avec les poursuivants. En vain.
« Nous considérons leur silence et le fait qu’ils se dirigent au même endroit que nous comme une attitude agressive. Je vais ralentir et mettre le cap vers le Nord », commente derrière le poste de pilotage Angelo Selim, le coordinateur de la mission de sauvetage. Depuis la passerelle du navire, surplombant les flots, cet ancien capitaine de la marine marchande italienne reconverti en humanitaire étudie minutieusement les cartes, les radars et les nombreux écrans de contrôle pour diriger les opérations.
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