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En Israël, la presse redoute un accord fragile avec l’Iran et des concessions américaines

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REVUE DE PRESSE - Entre doutes sur l’application réelle d’un éventuel compromis et interrogations sur les intentions de Washington, les grands quotidiens israéliens décrivent une séquence incertaine, révélatrice des tensions stratégiques en Israël.

L’annonce par Donald Trump de possibles négociations avec Téhéran a immédiatement suscité une vive prudence dans la presse israélienne. Plus qu’un espoir de désescalade, éditorialistes et correspondants décrivent un moment d’incertitude stratégique, dominé par une double crainte : celle d’un accord impossible — ou, pire, d’un compromis imparfait, mal appliqué et obtenu au prix de concessions américaines.

Dans Yedioth Ahronoth, quotidien centriste parmi les plus influents du pays, le correspondant diplomatique Itamar Eichner souligne d’abord le scepticisme des responsables israéliens quant à la faisabilité même d’un accord. «Les Américains ont présenté aux Iraniens un projet en 15 points. À première vue, il semble irréalisable. Pourquoi les Iraniens céderaient-ils sur tout ?», rapporte-t-il en citant une source israélienne. Un tel texte reviendrait, selon elle, à «un accord de reddition», impliquant «la suppression du programme nucléaire, l’abandon des missiles et l’arrêt du financement des organisations alliées».

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Mais ce doute sur le fond s’accompagne d’une inquiétude plus profonde encore sur son application. «Le diable est dans les détails. Il est possible que les Iraniens acceptent mais n’appliquent pas. […] Nous parlons de menteurs expérimentés», écrit Itamar Eichner. «Nous avons obtenu que nos lignes rouges soient incluses — démantèlement du Hamas et démilitarisation  — mais elles n’ont pas été appliquées. Ce sera la question ici.» Autrement dit, même un accord conforme aux exigences israéliennes pourrait se révéler illusoire dans sa mise en œuvre.

Cette analyse trouve un écho, sur un autre registre, dans Israel Hayom, quotidien gratuit ancré à droite et longtemps proche de Benyamin Netanyahou. Danny Zaken insiste lui aussi sur l’ampleur des obstacles, mais en les formulant en termes idéologiques. Les exigences américaines — remise de l’uranium enrichi, démantèlement des installations nucléaires, limitation drastique des missiles — apparaissent, selon lui, incompatibles avec la nature même du régime iranien. «Cela ne semble pas logique. L’idéologie du régime repose sur l’exportation de la révolution et la destruction d’Israël», affirme une source israélienne citée par le journal.

À cette incompatibilité de fond s’ajoute une fragmentation du pouvoir à Téhéran : «Certains responsables ne sont pas prêts à négocier du tout, et ceux qui le sont cherchent à le cacher publiquement», observe Danny Zaken. Dans ces conditions, même l’ouverture de discussions ne suffit pas à dissiper le scepticisme : «Les écarts restent immenses», résume-t-il.

L’imprédictible variable Trump

C’est précisément dans cet écart que Haaretz, quotidien de gauche libérale, identifie le principal point de tension — non plus du côté iranien, mais américain. Dans une analyse, le journal souligne que l’inquiétude en Israël porte désormais sur la marge de manœuvre que Donald Trump pourrait s’accorder. «Trump n’a aucune patience pour les manœuvres dilatoires. Il explorera sérieusement la possibilité d’un accord raisonnable, mais il mettra fin aux discussions s’il estime qu’on lui fait perdre son temps», confie un responsable israélien.

« La question est de savoir si le maximum que l’Iran acceptera de concéder satisfera Trump »

Haaretz

Mais, poursuit Haaretz, l’essentiel est ailleurs : «La question est de savoir si le maximum que l’Iran acceptera de concéder satisfera Trump.» Autrement dit, un compromis pourrait émerger — sans répondre aux attentes israéliennes. Plusieurs zones d’ombre concentrent les inquiétudes : le sort des «450 kilos d’uranium enrichi à 60 %», la possibilité pour l’Iran de conserver une capacité balistique, ou encore les garanties exigées par Téhéran contre de futures frappes. Autant de points qui, selon le journal, pourraient faire l’objet de concessions américaines.

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Enfin, cette séquence diplomatique met en lumière des fractures internes en Israël, que souligne également Yedioth Ahronoth. Le correspondant militaire Yossi Yehoshua décrit «des tensions prolongées» entre le premier ministre Benyamin Netanyahou et le directeur du Mossad David Barnea, sur fond d’échecs répétés des stratégies visant à affaiblir ou renverser le régime iranien. «Des milliards de shekels ont été investis […] mais les plans n’étaient pas prêts», écrit-il, évoquant des projets sans cesse révisés, ajustés, puis finalement abandonnés.

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