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C’est ce qui ressort d’une étude (nouvelle fenêtre) de l’Observatoire canadien sur l’itinérance menée en partenariat avec cinq institutions universitaires du Canada, dont l’Université de l'Alberta.
Entre 2022 et 2024, Émily Berg, chercheuse assistante à l’Université de l'Alberta, a interrogé 40 étudiants de l’université. Trois personnes sur quatre disent ressentir de la honte quant à leur situation financière.
Les auteurs de l’étude pointent du doigt l'augmentation générale des coûts, qui rend les logements étudiants inaccessibles aux principaux intéressés. Car, 2000 $ par mois, ce n’est pas possible pour beaucoup , déclare Emily Berg.
Le concept d’itinérance cachée
Dans l’étude, les chercheurs invoquent la notation d’itinérance cachée. Il s’agit de toutes les composantes de la précarité induite par le fait de ne pas avoir de toit stable sur la tête.
L'itinérance cachée, c'est le fait de dormir dans son auto, dans les lieux publics ouverts la nuit. Toutes ces situations de précarité induites par le fait de ne pas avoir de toit stable au-dessus de sa tête.
Ned Kroczynski l’a vécu pendant plusieurs mois. Étudiant à l'Université de MacEwan à Edmonton, il a subit une invasion de cafards en 2024, puis une injonction d’expulsion en mars 2025. Pendant plusieurs mois, il a vécu entre les appartements de ses proches, dormant sur leurs canapés.

Ned Kroczynski a dû trouver des plans de secours pour se loger et dormir sous un toit. Il a dormi chez 5 différentes personnes avant d'enfin retrouver un logement.
Photo : Radio-Canada / Nicole Healey
Le jeune homme évoque une situation très difficile où il s’est senti complètement déconnecté des autres [et] concentré uniquement sur les choses essentielles : manger, dormir et travailler.
Dormir sur le canapé de quelqu’un d'autre alors que tu es en pleine période d’examen, c’est pas super le fun!
Et Ned Kroczynski n’est pas le seul dans cette situation. Un sondage de l'association étudiante de son université a révélé que 80 % des sondés disent ne pas pouvoir payer un loyer mensuel de plus de 750 $.
Selon Emily Berg, l’inflation et la crise du logement rendent impossible l'hébergement des étudiants, même les logements universitaires qui dépassent parfois les deux mille dollars par mois regrette-t-elle.
D’autres faits importants de l’étude :
- 71 % des étudiants faisant face à une forme d’itinérance cachée sont des femmes
- 54 % des étudiants faisant face à une forme d’itinérance cachée sont racisés
- Plus de la moitié des étudiants interrogés travaillent en parallèle de leurs études
Nathan Poon, porte-parole de l’association étudiante de MacEwan, appelle les pouvoirs publics à repenser à la notion d’abordabilité devant la gravité de la situation.
L’importance de recenser la situation
Pour la première fois, le recensement en cours de 2026 a une question pour identifier l’itinérance cachée, afin de mieux la quantifier et la combattre. Sur son site internet, l’Observatoire canadien sur l’itinérance s'en félicite.
D’après ce dernier, l'itinérance cachée toucherait 6 millions de Canadiens et la moitié d’entre eux s’identifient comme Autochtones.
Avec les informations de Nicole Healey.


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