«Inédit», «dramatique», «très compliqué», «du jamais vu». Ce week-end en particulier, et au cours de toute la semaine, les dirigeants avaient toutes les peines du monde à qualifier ce qui est sans aucun doute le pire incendie qu’a jamais connu la région de Madrid – environ 7 millions d’habitants – depuis qu’il y a des statistiques officielles. En début de semaine, il y a d’abord eu un feu gigantesque qui a ravagé une partie de la province de Guadalajara, au nord-est de la capitale, sans victimes heureusement mais qui a calciné 32 000 hectares et causé un millier d’évacuations. Un record. Mais personne ne pouvait imaginer qu’un autre incendie allait suivre, plus vaste, plus terrible, et menaçant directement Madrid et les agglomérations environnantes.
Jeudi, ce qui n’était que trois feux modestes à l’ouest de la capitale, en provenance d’Avila et de Tolède, allaient prendre en deux jours une tournure dramatique: malgré les efforts des pompiers, ces trois foyers allaient se développer à une vitesse record, profitant d’un air sec et de rafales allant jusqu’à 60 km/h. Ce samedi, les trois feux fusionnaient et formaient au loin un gigantesque nuage de fumées toxiques. On le perçoit nettement depuis le centre de Madrid, où l’air a une odeur de bois brûlé, et où les autorités recommandent de ne pas faire de sport et d’utiliser des masques FFP2 si l’on est amené à sortir de chez soi. Ce dimanche, le pire scénario était en marche: la vélocité de l’incendie menaçait des agglomérations denses comme San Martín de Valdeiglesias ou San Lorenzo de El Escorial et son célèbre monastère. L’état d’urgence est plus que jamais maintenu par le gouvernement de Pedro Sánchez, sur place, au poste de commandement unifié.


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