Dans son rapport mensuel sur les pertes civiles, la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine a vérifié qu’au moins 274 civils ont été tués et 1 763 blessés dans le pays le mois dernier, à la suite des violences liées au conflit.

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Un mémorial improvisé en hommage aux victimes d’une attaque aérienne russe ayant fait 24 victimes, à Kiev, le 15 mai 2026. - EFREM LUKATSKY/AP PHOTO Un mémorial improvisé en hommage aux victimes d’une attaque aérienne russe ayant fait 24 victimes, à Kiev, le 15 mai 2026. EFREM LUKATSKY/AP PHOTO

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L’Ukraine a frappé Tamanneftogaz, un complexe de transbordement d’hydrocarbures dans le sud de la Russie

Le service de sécurité d’Ukraine (SBU) annonce avoir « porté des coups réussis au terminal pétrolier et gazier Tamanneftogaz [situé à l’extrémité sud du détroit de Kerch] dans le kraï de Krasnodar en Russie (📍», lors d’une opération conjointe avec les forces spéciales et le service de renseignement militaire.

« Les drones du SBU ont touché cinq réservoirs de produits pétroliers, ainsi que deux stations de remplissage de carburant du terminal. Des incendies font également rage dans la zone de stationnement des véhicules de transport de marchandises et de l’infrastructure d’entreposage de Tamanneftogaz. Les positions de la défense aérienne russe, qui protégeaient l’installation, ont également été touchées », ajoute le SBU.

« Cette nuit, des drones ukrainiens ont attaqué le district de Temriouk. À la suite de la chute d’éclats de drones, un incendie s’est déclaré dans un terminal maritime. Malheureusement, une personne est morte », a écrit Veniamin Kondratiev, gouverneur du kraï de Krasnodar, sur Telegram.

Selon l’ONU, le mois de mai a été le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis le début de la guerre

Dans son rapport mensuel sur les pertes civiles, publié vendredi, la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine (HRMMU) a conclu que le nombre de civils tués et blessés en Ukraine au mois de mai a été plus élevé que durant n’importe quel autre mois au cours des quatre dernières années. L’HRMMU a vérifié qu’au moins 274 civils ont été tués et 1 763 blessés en mai en Ukraine à la suite des violences liées au conflit.

« L’intensification des hostilités et l’utilisation accrue d’armes puissantes dans les zones urbaines ont entraîné un nombre élevé de civils tués et blessés dans tout le pays », précise Danielle Bell, cheffe de la HRMMU. Au cours des années précédentes, le nombre de victimes avait augmenté régulièrement de mois en mois au printemps et en été. Les chiffres des victimes enregistrés jusqu’à présent en 2026 ont suivi la même tendance, mais à un niveau nettement plus élevé que les années précédentes, note la mission dans son communiqué.

En cause, « l’utilisation [russe] d’armes puissantes dans les zones urbaines a été la principale cause du nombre élevé de victimes en mai (…). Les attaques à l’aide de missiles et de bombes aériennes dans les zones urbaines ont tué et blessé des dizaines de civils à de multiples reprises », prenant l’exemple de l’attaque du 5 mai à Zaporijia au cours de laquelle 12 civils ont été tués et 42 autres blessés, ou encore le 14 mai, un missile qui a frappé un immeuble d’habitation à Kiev, a tué 24 civils et en a blessé au moins sept.

Dans la nuit, l’Ukraine a été attaquée par 118 drones russes ; la Russie affirme avoir détruit 177 drones ukrainiens

« Dans la nuit du 13 juin, l’ennemi a lancé une attaque avec 118 drones d’attaque de type Shahed (y compris des drones équipés de missiles), Gerbera, Italmas, transportant des munitions Banderol et des drones de contre-mesure de type Parodiya », a communiqué l’armée de l’air ukrainienne, samedi matin. « La défense aérienne a abattu ou détruit 101 drones ennemis. »

Côté russe, l’armée dit avoir « intercepté et détruit 177 drones ukrainiens » durant la nuit. Moscou ne communique pas le nombre de drones détectés et non interceptés.

La Suède intercepte deux chasseurs russes près de son espace aérien

Stockholm a annoncé avoir fait décoller en urgence deux paires de chasseurs JAS 39 Gripen pour intercepter deux avions de combat russes de type Su-24 Fencer et Su-34 Fullback survolant la mer Baltique à proximité de son espace aérien.

Les deux incidents sont intervenus vendredi dans le sud et le nord de la mer Baltique. Des appareils de l’OTAN ont aussi décollé « pour maintenir la sécurité dans l’espace aérien commun », a précisé l’armée suédoise dans un communiqué consulté par l’Agence France-Presse. L’espace aérien suédois n’a pas été violé lors de ces deux incidents, a-t-elle précisé.

« Les actions russes sont graves et constituent un comportement récurrent menaçant à la fois notre intégrité territoriale et notre sécurité », a estimé la vice-amirale Ewa Skoog Haslum, cheffe des opérations interarmées, citée dans le communiqué.

Bonjour Laurent,

Voici la réponse de Jean-Christophe Noël, chercheur associé à l’IFRI, lors d’un tchat avec les lectrices et lecteurs du Monde, organisé le 8 mai. Il répondait à la question suivante : « Quel est l’intérêt de lancer le programme SCAF [dont l’avion de combat a été abandonné] quand des nuées de drones ou des missiles hypersoniques coûtant bien moins cher et évitant les risques sur les pilotes font leurs preuves en Ukraine et en Iran ? »

Voici sa réponse :

« Excellente question qui anime les communautés de défense aujourd’hui. Les avions de chasse et même, si on pousse le raisonnement, les chars, ou les navires à la taille imposante ne sont-ils pas aussi dépassés aujourd’hui ? En ce qui concerne les avions de chasse, il y a, me semble-t-il, une complémentarité entre ce type d’aéronefs et les drones.

Si vous souhaitez emporter un grand volume de munitions à longue distance, rapidement, avec une forte probabilité de survie, en pouvant réagir à des situations imprévues et soudaines, l’avion de chasse reste aujourd’hui la meilleure option. Le drone est plus vulnérable, plus lent et emporte une charge militaire moindre. En fait, chacun excelle dans un domaine particulier. Et le fait que le SCAF prévoie la mise en œuvre à la fois d’avions de chasse de sixième génération (très, très chers) et de drones semble valider cette leçon des récents conflits. »

Si vous souhaitez lire ou relire le tchat avec Jean-Christophe Noël dans le cadre de la publication de Métamorphose de la guerre, hors-série du Monde, cliquez ici.

Sur Le Monde aujourd’hui

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Un mort dans une attaque de drone ukrainien sur un terminal maritime dans le sud de la Russie

Une personne a été tuée et trois autres ont été blessées dans une attaque de drones ukrainiens sur des installations portuaires du sud de la Russie, ont annoncé les autorités locales, samedi matin.

Une chute de « débris de drones » sur un terminal maritime de Temriouk, sur la mer d’Azov, à proximité du détroit de Kertch séparant la Russie de la Crimée annexée, a provoqué un incendie, a déclaré le gouverneur du kraï de Krasnodar, Veniamin Kondratiev, sur Telegram, précisant que 96 personnes étaient mobilisées pour lutter contre l’incendie.

Ces dernières semaines, l’Ukraine a multiplié les frappes de drones sur les territoires occupés et en territoire russe, parfois à plusieurs centaines de kilomètres du front. Dans la nuit de vendredi à samedi, l’armée russe a affirmé avoir abattu 177 drones ukrainiens.

Volodymyr Zelensky se félicite de la reprise des négociations sur l’adhésion de Kiev à l’UE

« L’ouverture du premier “cluster” est un soutien politique et moral important pour notre pays et notre peuple. Nous remercions l’Europe pour tout son soutien, qui est vraiment exemplaire et nous aide à protéger des vies », a écrit, sur Telegram, le président ukrainien après que les Etats membres sont convenus d’ouvrir, lundi, un premier « cluster » de négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie.

Ce premier groupe de sujets de négociations − un « cluster », en jargon bruxellois – portera sur les valeurs et les principes fondamentaux que les deux pays devront respecter en vue d’intégrer un jour l’Union européenne (UE).

Pour adhérer au bloc européen, les pays candidats doivent négocier en tout six clusters comprenant des dizaines de chapitres, afin que Bruxelles puisse s’assurer qu’ils aient bien assimilé l’« acquis communautaire ». Autrement dit, qu’ils aient adopté et appliqué les très nombreuses règles et normes en vigueur dans l’UE, de l’environnement à l’agriculture en passant par le marché intérieur.

La Hongrie de Viktor Orban, hostile à cette adhésion, avait mis son veto à la poursuite du processus de discussions, pourtant entamé officiellement en 2024, dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine par la Russie début 2022. Ce blocage a été levé après l’élection en avril de son principal opposant, Péter Magyar.

L’Ukraine fait cependant face à un long chemin pour parvenir à intégrer un jour l’UE. Si elle parvient à boucler avec succès les négociations, ce qui devrait prendre plusieurs années, son adhésion devra recueillir l’accord unanime des Vingt-Sept et être ratifiée ensuite par chaque Etat membre, via un vote du Parlement ou un référendum.

Menace d’un tir de missile Orechnik, reprise des négociations sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, inauguration de F-35 polonais… Le point sur la situation

  • L’armée de l’air ukrainienne a mis en garde contre un tir russe « fort probable » du missile balistique de moyenne portée Orechnik, ayant déjà touché l’Ukraine à trois reprises. La menace court jusqu’à la mi-journée de samedi.
  • L’Union européenne a annoncé qu’elle reprendrait formellement lundi les négociations avec l’Ukraine en vue de son adhésion, le processus ayant été relancé grâce à la levée du veto hongrois. Volodymyr Zelensky est attendu à la réunion du Conseil européen les 18 et 19 juin pour discuter des questions ukrainiennes.
  • Les trois premiers des 32 F-35 commandés par la Pologne ont effectué leur vol inaugural. Varsovie s’est également vu octroyer un prêt d’environ 3,5 milliards d’euros pour acheter du matériel militaire américain.
  • D’après un responsable européen témoignant sous couvert d’anonymat, la Chine a entraîné des centaines de soldats russes. Il a évoqué un entraînement dans plusieurs endroits en Chine, auquel ont participé « des centaines » de soldats russes, dont « certains » ont ensuite été envoyés en Ukraine.
  • La production de pétrole russe a chuté à son plus bas niveau depuis un an en mai, en raison des frappes ukrainiennes, selon Bloomberg, se fondant sur les chiffres de l’OPEP. Des pénuries d’essence dans le sud du pays commencent à inquiéter les citoyens et les autorités.
  • Des « incursions militaires russes » dans l’espace de l’OTAN doivent être prévues « à relativement court terme », alerte un rapport de la commission parlementaire de la défense suédoise, publié vendredi.
  • Vladimir Poutine a augmenté les effectifs de l’armée russe pour la cinquième fois depuis le début de la guerre en Ukraine. Les effectifs de l’armée russe sont désormais de 2 399 130 personnels, dont 1 510 000 militaires. Plus de 700 000 militaires sont déployés en Ukraine, a déclaré le président russe.
  • Volodymyr Zelensky retire au russe son statut de langue protégée en Ukraine. Cette mesure ne rend pas le russe illégal en Ukraine, mais l’Etat n’est plus tenu, notamment, de proposer des services publics en russe et peut restreindre l’enseignement dans cette langue.

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Volodymyr Zelensky retire au russe son statut de langue protégée en Ukraine

« Le président de l’Ukraine a signé la loi (…), une décision importante pour protéger l’espace linguistique ukrainien et remplir nos obligations européennes », a déclaré sur Facebook le président du Parlement, Rouslan Stefantchouk.

« La langue d’un Etat agresseur ne peut pas bénéficier d’instruments de protection conçus pour soutenir les langues des peuples autochtones et des communautés nationales », a-t-il affirmé, invoquant « la justice et la sécurité linguistique de l’Ukraine ». Cette loi retire à la langue russe les protections prévues par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, un traité du Conseil de l’Europe que l’Ukraine avait ratifié.

Cette mesure ne rend pas le russe illégal en Ukraine, mais l’Etat n’est plus tenu notamment de proposer des services publics en russe et peut restreindre l’enseignement dans cette langue. Selon les chiffres officiels, près d’un tiers de la population ukrainienne avait le russe comme langue principale avant la guerre, essentiellement dans l’est et le sud du pays.

Selon des sondages, l’utilisation du russe a diminué depuis février 2022 mais l’état des lieux linguistique est compliqué par le fait que la Russie occupe 19 % du territoire.

Selon l’économiste allemand Janis Kluge, les dépenses militaires russes ont atteint 70 milliards d’euros au premier trimestre 2026

Selon les dernières données fédérales du ministère des finances russe, analysées par l’économiste Janis Kluge, Moscou a dépensé 5 900 milliards de roubles (environ 70 milliards d’euros au taux de change actuel) au premier trimestre 2026 pour son armée. Cela représente une hausse de 30 % par rapport au premier trimestre 2025, où les dépenses militaires s’élevaient à 4 500 milliards de roubles.

« Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation des dépenses classifiées, qui ont progressé de 43 % par rapport au premier trimestre 2025 (passant de 3 400 milliards à 4 900 milliards de roubles). Les dépenses fédérales totales au premier trimestre se sont élevées à 12 800 milliards de roubles, ce qui signifie qu’une part sans précédent de 38,2 % de l’ensemble des dépenses du budget fédéral était classifiée. D’après la loi de finances russe de 2026, environ 85 % des dépenses classifiées sont consacrées à l’armée », écrit le chercheur à l’institut de recherche Stiftung Wissenschaft und Politik.

« Cette augmentation considérable des dépenses militaires est d’autant plus remarquable que la Russie avait prévu de réduire les coûts de la guerre cette année. Selon la loi de finances, les dépenses militaires devaient passer de 7,8 % du PIB en 2025 à 6,2 % du PIB en 2026. Or, rien qu’au premier trimestre, elles représentaient déjà 2,5 % du PIB annuel prévu pour la Russie. »

L’UE va reprendre lundi les négociations sur l’adhésion de l’Ukraine

L’Union européenne (UE) a annoncé qu’elle reprendrait formellement lundi les négociations avec l’Ukraine en vue de son adhésion, le processus ayant été relancé grâce à la levée du veto hongrois. « Tous les Etats membres ont convenu d’ouvrir le premier “cluster” de négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie », a annoncé sur X le président du Conseil européen, Antonio Costa, saluant « une étape majeure » en vue de l’élargissement du bloc.

« Il s’agit d’une reconnaissance de la détermination, du courage et des efforts considérables déployés par les deux pays pour faire avancer les réformes, malgré des défis immenses », a écrit Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Et un signe que l’offre de paix, de stabilité et d’opportunités faite par l’UE est sans égale. »

Volodymyr Zelensky est attendu à la réunion du Conseil européen les 18 et 19 juin pour discuter des questions ukrainiennes.

Vladimir Poutine a augmenté les effectifs de l’armée russe pour la cinquième fois depuis le début de la guerre en Ukraine

Le président russe a signé un décret portant les effectifs de l’armée russe à 2 399 130 personnels, dont 1 510 000 militaires. Auparavant, Vladimir Poutine avait augmenté les effectifs en mars à 2 391 770 personnes, dont 1,51 million de militaires. En septembre 2024, Poutine a porté l’effectif des forces armées à 2 389 130 personnes, dont 1,5 million de militaires. Avant cela, en décembre 2023, à 2 209 130 personnes (1 320 000 militaires), et en août 2022, six mois après le début de la guerre, à 2 039 758 personnes, dont 1 150 628 militaires, décompte The Moscow Times.

Plus de 700 000 militaires sont déployés en Ukraine a déclaré le président russe, selon des propos rapportés par l’agence de presse étatique TASS.

La Pologne inaugure ses premiers F-35 et se voit octroyer 4 milliards de dollars par les Etats-Unis

Un F-35 de fabrication américaine de l’armée de l’air polonaise photographié sur le tarmac de la base aérienne de Lask, en Pologne, le 12 juin 2026. Un F-35 de fabrication américaine de l’armée de l’air polonaise photographié sur le tarmac de la base aérienne de Lask, en Pologne, le 12 juin 2026.

Le sous-secrétaire d’Etat américain au contrôle des armements et à la sécurité internationale, Thomas DiNanno, a annoncé que Varsovie recevra 4 milliards de dollars (3,46 milliards d’euros) pour l’achat d’équipements américains, rapporte le média polonais RMF24. Ce montant porte l’enveloppe disponible pour la Pologne à près de 20 milliards de dollars (17,28 milliards d’euros).

Le même jour, des pilotes polonais de F-35 ont effectué des vols cérémoniaux au-dessus de Gdansk, de Varsovie et de Cracovie. En 2020, la Pologne a commandé 32 avions multirôles F-35 pour 4,6 milliards d’euros, construits par le groupe américain Lockheed Martin. Varsovie a reçu ses premiers appareils le 22 mai 2026. « Ce sont les premiers F-35 sur le flanc est de l’OTAN », se félicitait Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, ministre de la défense polonais.

Ces appareils de cinquième génération deviennent aujourd’hui parmi les avions de combat les plus répandus au sein de l’OTAN. Ils s’ajoutent notamment à 47 chasseurs F-16 américains et à une poignée de Mig-29 hérités de l’époque soviétique. L’armée de l’air polonaise dispose également de plusieurs avions d’entraînement et de combat FA-50 de production sud-coréenne.

Pays le plus peuplé du flanc est de l’OTAN, la Pologne est le pays de l’alliance qui consacre, cette année, le plus de dépenses à sa défense, en termes relatifs, avec plus 4,8 % de son produit intérieur brut (PIB), et modernise son armée à coups de milliards d’euros d’achats, principalement aux Etats-Unis et en Corée du Sud.

Moscou « doit renforcer son système de défense aérienne », a rappelé Vladimir Poutine

Les frappes ukrainiennes de drones, qui se sont intensifiées ces derniers mois, visent à « semer la division » au sein de la société russe et à « endommager » l’économie, a jugé Vladimir Poutine vendredi lors d’une rencontre avec des soldats, assurant toutefois qu’elles « n’y parviendront pas ». Vladimir Poutine n’a pas chiffré l’ampleur des dégâts occasionnés par ces frappes, mais il a assuré que « tout est rapidement réparé ».

Moscou « doit renforcer son système de défense aérienne », a encore affirmé le chef de l’Etat russe, comme il l’avait fait la semaine dernière après que des drones ukrainiens avaient frappé une installation pétrolière et un site militaire à Saint-Pétersbourg, le jour de l’ouverture du Forum économique dans sa ville natale.

Ces dernières semaines, l’Ukraine a multiplié les frappes de drones sur les territoires occupés et en territoire russe, parfois à plusieurs centaines de kilomètres du front. Kiev vise notamment les infrastructures énergétiques russes, comme les dépôts pétroliers et les raffineries, afin de priver Moscou des revenus qu’elle tire de la vente d’hydrocarbures.

D’après un responsable européen sous couvert d’anonymat, la Chine a entraîné des centaines de soldats russes

« La formation de soldats russes par les Chinois a été confirmée par nos services », a déclaré un responsable européen, sous couvert d’anonymat, confirmant plusieurs informations de médias, dont European Truth et Die Welt. Il a évoqué un entraînement dans plusieurs endroits en Chine, auquel ont participé « des centaines » de soldats russes, dont « certains » ont ensuite été envoyés en Ukraine.

Selon le journal allemand Die Welt, qui n’identifie pas les services de renseignement européens à l’origine de ces révélations, plusieurs centaines de soldats russes ont participé à la fin de 2025, sur six sites militaires différents en Chine, à des programmes de formation de l’armée chinoise.

Ceux-ci portaient sur « l’emploi de systèmes sans pilote, les contre-mesures électroniques contre les drones ainsi que des simulations de combat modernes », poursuit le journal. Les participants étaient de différents grades et de différentes générations. Certains étaient membres de Rubicon, unité d’élite russe spécialisée dans les drones. A l’issue de la formation, des dizaines d’entre eux ont participé, au début de 2026, à des combats en Ukraine, dont certains à des postes de commandement, d’après Die Welt.

A la mi-mai, Reuters, s’appuyant sur trois services de renseignement européens et des documents, affirmait que Pékin avait discrètement entraîné sur son sol environ 200 militaires russes, dont certains ont ensuite combattu en Ukraine.

Ces exercices, axés principalement sur l’emploi des drones, découlent d’un accord russo-chinois signé le 2 juillet 2025, selon Reuters. Le texte prévoyait la formation d’environ 200 militaires russes dans des installations chinoises, notamment à Pékin et à Nankin.

Selon Reuters, les soldats concernés étaient des instructeurs chargés de diffuser leur savoir dans la chaîne de commandement. Un service européen affirmait avoir identifié plusieurs d’entre eux, qui ont ensuite mené des opérations de drones en Crimée, territoire ukrainien occupé, et dans l’oblast de Zaporijia. Pékin, qui se présente comme un médiateur neutre, a rejeté ces informations, assurant maintenir une position « objective et impartiale » et œuvrer à « faciliter les négociations de paix ».

Face à Vladimir Poutine, le rebelle Ilia Iachine crée un parti pour unir les oppositions russes en exil

Installé à Berlin depuis sa libération, cet ancien député municipal de Moscou lance, vendredi, un nouveau parti anti-Kremlin : Russie pacifique. Une initiative accueillie avec scepticisme par certaines figures de la dissidence à l’étranger.

Face à Poutine, le rebelle Ilia Iachine crée un parti pour unir les oppositions russes en exil

Par Benjamin Quénelle

Moins de deux ans après sa sortie de prison et son exil en Europe, Ilia Iachine lance un vaste projet : créer, à l’étranger, un parti pour unir les anti-Kremlin face au président russe, Vladimir Poutine. Le congrès fondateur se tient vendredi 12 et samedi 13 juin, à Berlin. Mais cette figure de l’opposition libérale vise Moscou et voit loin. « Il faut envoyer un signal clair à la société civile : aujourd’hui, nous nous opposons à la guerre du Kremlin en Ukraine. In fine, l’objectif est de faire chuter le régime de Vladimir Poutine et d’arriver au pouvoir », insiste Ilia Iachine, 42 ans.

Quelle est la situation à Kostiantynivka, ville située entre Donetsk et Kramatorsk ?

Bonsoir Valocius,

Vous parlez de la ville de Kostiantynivka (📍), située dans l’oblast de Donetsk.

Selon l’Institute of War (ISW), dans sa note quotidienne datée du 11 juin, des soldats russes ont infiltré les environs de la ville. L’armée russe « continue des offensives dans la zone de Kostiantynivka/Droujkivka. Des images géolocalisées publiées le 11 juin montrent un militaire russe hissant un drapeau dans le nord-est de Rozkishne (📍), lors de ce que l’ISW estime avoir été une mission d’infiltration russe (…). L’ISW continue de considérer que ces brandissements de drapeau s’inscrivent dans le cadre de la guerre cognitive menée par le Kremlin, qui vise à exagérer les avancées russes afin de donner faussement l’impression que la ligne ukrainienne s’effondre sur l’ensemble du théâtre des opérations ».

Le média ukrainien Hromadske s’est entretenu avec trois commandants ukrainiens. Dans un article paru ce vendredi matin, ces sources font part d’infiltrations russes dans Kostiantynivka. L’un d’eux estime que ce nombre avoisine les 250. Selon un autre, plus d’une centaine de fantassins russes seraient présents dans le centre-ville, tandis qu’une autre cellule ennemie se trouverait à Snihourivka, au nord-est de Kostiantynivka.

Revalorisation des soldes et contrats plus clairs : l’Ukraine veut attirer de nouveaux soldats

Volodymyr Zelensky se félicite de l’adoption par la Rada, le parlement ukrainien, de la revalorisation des soldes des soldats. « Le minimum sera de 580 euros [environ le salaire moyen en avril 2026] pour les militaires à l’arrière, par mois. Au plus il y a de missions de combat, au plus la solde sera élevée. »

« Il y aura des nouveaux contrats bien plus rémunérateurs pour les fantassins. En moyenne, 5 800 euros pour le front (…). Les contrats seront conçus de manière à garantir la clarté : des durées de dix, quatorze et vingt-quatre mois assorties de conditions précises, ce qui implique une suspension temporaire claire des fonctions. (…) De plus, les rémunérations des commandants de combat ukrainiens seront augmentées, ce qui devrait constituer une incitation positive à préserver l’expérience de commandement au sein de l’armée », a écrit M. Zelensky.

Le président ukrainien précise que les premiers versements devraient débuter en juin, ajoutant avoir ordonné d’ouvrir beaucoup plus de possibilités d’attirer des volontaires étrangers dans l’armée ukrainienne.

« Forte probabilité » d’un tir de missile balistique russe Orechnik au cours des prochaines vingt-quatre heures, selon l’armée de l’air ukrainienne

« Au cours des prochaines vingt-quatre prochaines heures, il y a une forte probabilité que l’ennemi lance un missile balistique de moyenne portée à partir du cosmodrome de Kapoustine Yar », situé dans l’oblast d’Astrakhan, a communiqué l’armée de l’air ukrainienne à la mi-journée, enjoignant les Ukrainiens à être attentifs aux sirènes d’alerte aérienne.

La Russie a frappé à trois reprises l’Ukraine à l’aide de l’Orechnik : à la fin de 2024, au début de 2026 et le 24 mai dernier. A chaque fois, il ne portait pas de charge nucléaire. Un quatrième Orechnik s’est discrètement écrasé sur une agglomération de l’autoproclamée « république populaire de Donetsk (RPD) », un jour plus tôt, le 23 mai.

Selon Vladimir Poutine, il s’agit d’un missile balistique « à portée intermédiaire », qui peut atteindre des cibles comprises entre 3 000 et 5 500 kilomètres. L’Orechnik n’entre donc pas dans la catégorie des missiles intercontinentaux, d’une portée de plus de 5 500 kilomètres. Mais, s’il était tiré de l’Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement toucher des cibles sur la côte ouest des Etats-Unis. « L’Orechnik peut [également] menacer la quasi-totalité de l’Europe », selon Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (Unidir), selon des propos rapportés par l’Agence France-Presse.

D’après le président russe, le missile Orechnik peut atteindre la vitesse de Mach 10, « soit 2,5 kilomètres à 3 kilomètres par seconde » (environ 12 350 kilomètres à l’heure), et « la température des éléments percutants atteint 4 000 °C », soit « presque autant, selon lui, qu’« à la surface du Soleil ». D’après le renseignement militaire ukrainien, la vitesse atteinte par le missile à la fin de novembre 2024 « sur la partie finale de la trajectoire » était « supérieure à Mach 11 » (environ 13 600 kilomètres à l’heure).