Une délégation américaine emmenée par le vice-président J. D. Vance doit se rendre au Pakistan, où Téhéran n’a pas confirmé sa présence. L’AIE prédit des « conséquences terribles pour tout le paysage mondial de l’économie ».

Live animé par Pierre Bouvier et Antonin Lainé (service photo)

Sur le pont du tanker Sea Moon, dans les eaux du golfe d’Oman, le 15 avril 2026. - AP Sur le pont du tanker Sea Moon, dans les eaux du golfe d’Oman, le 15 avril 2026. AP

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Aucune délégation iranienne n’est encore partie pour des pourparlers au Pakistan, selon la télévision d’Etat

La télévision d’Etat iranienne a annoncé mardi qu’aucune délégation du pays n’était jusque-là partie pour le Pakistan pour participer à des pourparlers avec les Etats-Unis, à l’approche de l’expiration de la trêve entre les deux ennemis. « Jusqu’ici, aucune délégation iranienne n’est partie pour Islamabad, au Pakistan, qu’il s’agisse d’une délégation principale ou secondaire », a affirmé la télévision d’Etat, démentant des informations affirmant le contraire.

Entrée en vigueur le 8 avril, la trêve entre l’Iran et les Etats-Unis doit se conclure « mercredi soir, heure américaine » a affirmé Donald Trump

Dans les environs de l’hôtel Serena où doivent se tenir les négociations entre américains et iraniens, à Islamabad (Pakistan) , le 21 avril 2026. Dans les environs de l’hôtel Serena où doivent se tenir les négociations entre américains et iraniens, à Islamabad (Pakistan) , le 21 avril 2026.

Il existe une « forte probabilité » de nouvelles frappes américaines, estime le chef du pouvoir judiciaire iranien

Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a appelé à « maintenir une préparation à 100 % » face à la possibilité de nouvelles attaques américaines, selon une vidéo diffusée par l’agence de presse IRNA. Il existe une « forte probabilité » de nouvelles frappes, a-t-il déclaré, estimant que les Etats-Unis n’ont pas encore atteint leurs objectifs de guerre, malgré l’élimination de nombreux hauts responsables iraniens.

M. Ejei a également affirmé que l’Iran répondrait à la saisie par les Etats-Unis d’un cargo battant pavillon iranien dans le golfe d’Oman dimanche, dénonçant une « violation » du cessez-le-feu. « Le blocus naval dont [les Etats-Unis] parlent constitue sans aucun doute une violation manifeste, et la République islamique répondra assurément », a-t-il ajouté.

L’Iran exécute un homme accusé d’avoir incendié une mosquée et collaboré avec Israël et les Etats-Unis lors des manifestations

Un homme condamné pour avoir tenté d’incendier une importante mosquée de Téhéran et pour collaboration avec Israël et les Etats-Unis au cours des manifestations de décembre et janvier a été exécuté mardi 21 avril, a annoncé le pouvoir judiciaire iranien.

« Amir Ali Mirjafari (…), l’un des éléments armés collaborant avec l’ennemi ayant tenté d’incendier la grande mosquée de Gholhak [un quartier de Téhéran], et qui dirigeait les activités antisécurité du Mossad dans la zone, a été pendu ce matin », a déclaré l’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire.

Il a précisé que la condamnation à mort, confirmée par la Cour suprême d’Iran, était fondée sur le fait qu’il avait agi pour le compte « du régime sioniste, du gouvernement américain hostile et de groupes hostiles contre la sécurité du pays ».

Selon Mizan, ces agissements ont eu lieu au cours du vaste mouvement de contestation apparu en Iran fin décembre en réaction à la hausse du coût de la vie, et qui avait évolué en manifestations antigouvernementales d’ampleur nationale, culminant les 8 et 9 janvier. Les autorités iraniennes ont déclaré que les manifestations avaient commencé pacifiquement avant de se transformer en « émeutes fomentées par l’étranger ».

Le pouvoir a reconnu plus de 3 000 morts dans les manifestations, mais impute les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les Etats-Unis et Israël. Ces dernières semaines, l’Iran a procédé à de nombreuses exécutions de personnes impliquées dans les manifestations et accusées par les autorités d’agir pour le compte d’Israël, des Etats-Unis ou de groupes d’opposition, notamment des membres de l’organisation interdite des Moudjahidin du peuple.

Guerre au Moyen-Orient : « C’est la plus grosse crise de l’histoire », affirme Fatih Birol, directeur de l’AIE sur France Inter

Dans un entretien avec la radio France Inter, mardi, Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a mis en garde contre des « conséquences terribles pour tout le paysage mondial de l’économie » après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient, marquées par le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie.

« C’est effectivement la plus grosse crise de l’histoire », a-t-il expliqué, évoquant une situation combinant « cette crise pétrolière » et « la crise du gaz avec la Russie ». « C’est déjà une crise énorme, mais ce n’est pas simplement le pétrole et le gaz, c’est également les engrais, les pétrochimiques, le souffre, tous ces produits qui vont manquer, pousser l’inflation dans le monde entier, et notamment dans les pays émergents et en développement, cela va freiner la croissance », a-t-il ajouté.

Le marché de l’énergie, « c’est des dizaines de trillions de dollars qui sont à la merci d’une poignée de personnes, d’une centaine de personnes qui ont des canons, qui surveillent un détroit d’une cinquantaine de kilomètres de large, enfin c’est absurde », a-t-il poursuivi.

Selon lui, même en cas de réouverture du détroit d’Ormuz, un retour à la normale des prix de l’énergie pourrait prendre « deux ans ». Il ajoute que « les choses ne se rétabliront pas rapidement » et « ce sera très progressif », car « le marché de l’énergie sera très volatil ».

Fatih Birol a dit s’inquiéter « beaucoup plus pour l’Afrique que pour l’Europe », estimant que « les pays émergents, comme le Bangladesh, le Pakistan (…) vont rencontrer de réelles difficultés ». « Ça va commencer par un ralentissement de la croissance économique dans ces pays, une perte d’emploi, un chômage qui va se généraliser », avant de se transformer en « spirale de la dette », a-t-il expliqué.

En France, « la population (…) pourra souffrir parce qu’il y aura des prix à la pompe plus élevés », mais « ce qui va s’aggraver, c’est l’inflation en général et il y aura des effets négatifs sur le pouvoir d’achat », a-t-il insisté.

Malgré tout, cette crise pourrait représenter « l’opportunité de retracer la carte énergétique mondiale », avec des « gagnants », tels que « les renouvelables », « le nucléaire » ou encore « les voitures électriques ». « En plus de cela, je crois qu’il y aura des pays asiatiques qui pourront se servir plus du charbon, leur propre charbon qui coûtera moins cher », a-t-il ajouté.

Des centaines de vols annulés et une situation qui pourrait empirer : les prix des carburants percutent les compagnies aériennes

En cause : l’envolée des prix du carburant d’aviation liée aux problèmes d’approvisionnement engendrés par la fermeture du détroit d’Ormuz. Certains aéroports redoutent la panne sèche cet été.

Sur Le Monde aujourd’hui

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Le Hezbollah libanais sera désarmé par des voies « militaires et diplomatiques » affirme le ministre de la défense israélien

« L’objectif stratégique de la campagne au Liban est le désarmement du Hezbollah (…) grâce à une combinaison de mesures militaires et diplomatiques », a déclaré mardi le ministre de la défense israélien, Israel Katz. Il s’exprimait lors d’une cérémonie à l’occasion de la journée nationale en hommage aux soldats tués lors des guerres d’Israël.

Un cessez-le-feu émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, et de nouvelles discussions « directes » entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a déclaré lundi à l’Agence France-Presse (AFP) un responsable de la diplomatie américaine.

Mais le ministre de la défense a menacé le gouvernement libanais d’une poursuite des opérations militaires, s’il « continue de ne pas respecter ses obligations ». « Nous agirons de la même manière face aux tirs » provenant du Liban, a déclaré M. Katz.

Lundi, un porte-parole en langue arabe de l’armée israélienne a mis en garde contre tout retour les habitants de plusieurs villages du sud du Liban, affirmant que les activités du Hezbollah dans la zone constituaient une violation du cessez-le-feu.

Détroit d’Ormuz : alerte à des messages frauduleux promettant un passage sécurisé

Dans une alerte diffusée lundi, la société grecque de gestion des risques maritimes Marisks a signalé que des acteurs non identifiés, se présentant comme des représentants des autorités iraniennes, avaient adressé à certaines compagnies maritimes des messages exigeant le paiement de frais de passage en cryptomonnaies, notamment en bitcoins ou en tethers, en échange d’une « autorisation », rapporte l’agence de presse Reuters.

Les États-Unis maintiennent leur blocus des ports iraniens, tandis que l’Iran a levé puis rétabli le sien sur le détroit d’Ormuz. Téhéran, qui contrôle ce point de passage stratégique, a proposé d’imposer des droits de transit aux navires.

« Ces messages sont une escroquerie », a rappelé la société, précisant qu’ils n’émanaient pas des autorités iraniennes. Téhéran n’a pas réagi dans l’immédiat. Des centaines de navires et environ 20 000 marins restent actuellement bloqués dans le Golfe.

Le 18 avril, lorsque l’Iran a brièvement rouvert le détroit sous conditions de contrôle, des navires ont tenté de franchir la zone, mais au moins deux d’entre eux, dont un pétrolier, ont rapporté que des embarcations iraniennes avaient ouvert le feu, les contraignant à faire demi-tour. Selon Marisks, au moins un des navires ayant tenté de quitter le détroit samedi et ayant essuyé des tirs pourrait avoir été victime de cette fraude.

Reuters n’a pas été en mesure de vérifier ces informations ni d’identifier les compagnies ayant reçu les messages. Selon le message cité par Marisks, « après transmission des documents et évaluation de votre éligibilité par les services de sécurité iraniens, le montant à payer en cryptomonnaie (BTC ou USDT) sera déterminé. Ce n’est qu’alors que votre navire pourra transiter sans entrave au moment convenu ».

Guerre au Moyen-Orient : un coût de 4 milliards à 6 milliards d’euros pour la France, selon le gouvernement

L’impact de la guerre au Moyen-Orient est estimé entre 4 milliards et 6 milliards d’euros à ce stade, a annoncé le ministre de l’économie, Roland Lescure, sur RTL mardi, avant une réunion à Bercy, où le gouvernement devrait annoncer des mesures d’économies supplémentaires. « C’est l’ordre de grandeur à ce stade du coût de la crise tel qu’on peut l’estimer », avec notamment un impact de 3,6 milliards d’euros sur le coût de la dette, « qui est en hausse, parce que les taux d’intérêt ont monté », a-t-il précisé sans plus de détails. « Cette crise, elle est encore extrêmement incertaine dans son déroulement, dans son impact économique et donc dans son impact sur les finances publiques », a-t-il précisé.

Il était interrogé avant une réunion d’un comité d’alerte des finances publiques à Bercy dans la matinée, qui pourrait décider de mesures d’économies supplémentaires pour faire face aux conséquences économiques du conflit. « On ne va rien annuler mais on peut être amené à prendre des mesures de précaution, dans le langage technique, ça s’appelle du gel. On gèle des dépenses, qu’on peut ensuite dégeler si ça va mieux », a expliqué M. Lescure.

Roland Lescure poursuit, sans donner plus de détails : « On avait des mesures de soutien au mois d’avril et on va poursuivre cela au mois de mai. » Des annonces sur les aides au carburant, « à la fois sur le prolongement éventuel » des mesures déjà en place « et peut-être sur d’autres idées », seront faites par le premier ministre, Sébastien Lecornu, « en fin de journée » [mardi], a ajouté le ministre de l’économie.

Donald Trump promet le retour de l’uranium iranien aux Etats-Unis, Téhéran dément

Le président américain, Donald Trump, a affirmé lundi qu’il serait « long et difficile » d’exhumer le stock d’uranium de l’Iran. Vendredi, il avait pourtant déclaré que l’uranium iranien serait rapporté « sous peu » aux Etats-Unis.

« L’opération “Marteau de minuit” [en juin 2025] a mené à l’anéantissement complet et total des sites de poussière nucléaire en Iran. C’est pourquoi la déterrer sera un processus long et difficile », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social lundi dans la soirée. Donald Trump utilise l’expression de « poussière nucléaire » pour désigner à la fois les stocks d’uranium enrichi de l’Iran mais aussi parfois pour désigner le matériel nucléaire enfoui lors des frappes américaines sur l’Iran en juin 2025.

Américains, Israéliens et Européens soupçonnent de longue date les Iraniens de vouloir se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran a toujours démenti, défendant un droit à l’enrichissement pour un usage civil. Son programme nucléaire a été gravement endommagé à l’issue de la guerre des douze jours de juin 2025 et de l’intense campagne de frappes américano-israéliennes de ces dernières semaines.

Donald Trump a assuré jeudi que l’Iran avait accepté de céder son uranium enrichi, l’une de ses exigences pour un accord avec Téhéran. « On va aller le chercher, on va le rapporter aux Etats-Unis sous peu », a-t-il déclaré le lendemain à une foule de partisans en Arizona.

L’Iran a, lui, nié avoir accepté ce transfert. « L’uranium enrichi de l’Iran ne sera transféré nulle part », a dit le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei, cité par la télévision d’Etat.

Tirs et prise de contrôle du « Touska » : l’Iran saisit l’ONU et l’Organisation maritime internationale

L’Iran a déposé une plainte auprès des Nations unies après la saisie par les Etats-Unis du Touska, un cargo battant pavillon iranien, sur lequel la marine militaire américaine a ouvert le feu dimanche, avant d’en prendre le contrôle.

Téhéran a saisi le secrétaire général de l’ONU ainsi que l’Organisation maritime internationale après l’interception du cargo, estimant que cette opération viole le droit international ainsi que l’accord de cessez-le-feu, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères iranien relayé par l’agence de presse officielle IRNA.

« La République islamique d’Iran, tout en mettant en garde contre les conséquences très dangereuses de cet acte illégal et criminel des Etats-Unis, souligne la nécessité de la libération immédiate du navire iranien, de ses marins, de son équipage et de leurs familles », a déclaré le ministère dans un communiqué. Selon son texte, la saisie s’est accompagnée d’« actes d’intimidation à l’encontre des marins et de l’équipage du navire ainsi que de leurs familles ».

Vingt-six navires de la flotte fantôme iranienne contournent le blocus américain

Selon la société de données maritime Lloyd’s List Intelligence, « au moins 26 navires de la flotte fantôme iranienne ont contourné le blocus américain » depuis sa mise en œuvre, la semaine dernière.

« Onze pétroliers transportant des marchandises iraniennes ont quitté le golfe d’Oman ou le golfe Persique depuis le 13 avril », détaille notamment cette plateforme lundi.

Le point sur la situation, mardi 21 avril à 6 h 30

  • L’incertitude demeure à propos d’une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran, au Pakistan, alors que le cessez-le-feu doit prendre fin mercredi soir, heure de Washington. Une délégation américaine emmenée par J. D. Vance doit se rendre à Islamabad, mais Téhéran a déclaré ne pas vouloir « négocier sous la menace ».
  • L’Iran est prêt à « abattre de nouvelles cartes sur le champ de bataille » si la guerre reprend, a ajouté le président du Parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf. Le blocus des ports iraniens ne sera pas levé tant qu’il n’y aura pas d’accord, a promis, une nouvelle fois, Donald Trump.
  • Le président américain a aussi affirmé qu’il serait « long et difficile » d’exhumer le stock d’uranium de l’Iran, dont la localisation et le niveau exact d’enrichissement restent incertains depuis les frappes américaines contre les sites nucléaires iraniens.
  • Selon la société de données maritime Lloyd’s List Intelligence, « au moins 26 navires de la flotte fantôme iranienne ont contourné le blocus américain » depuis sa mise en œuvre la semaine dernière.
  • Les Etats-Unis accueilleront, jeudi à Washington, une nouvelle série de discussions entre le Liban et Israël, a fait savoir un responsable du département d’Etat, précisant que les pourparlers auront lieu au niveau des ambassadeurs comme pour la première série de discussions qui s’était tenue le 14 avril.
  • Le président libanais, Joseph Aoun, a appelé au « plus large soutien national possible » aux négociations avec Israël. Face à la réticence d’une partie de la population, le président a insisté sur la souveraineté du Liban dans les discussions annoncées par Washington.
  • Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné, lundi, l’attaque qui a coûté la vie, samedi, à un soldat français et en a blessé trois autres au Liban. La France et l’ONU attribuent l’embuscade meurtrière au Hezbollah.

Bonjour à toutes et tous

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