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Par Luc Bronner
Publié aujourd’hui à 06h00Article réservé aux abonnés
DécryptageEn pleine campagne électorale, la droite israélienne s’est saisie de l’émotion provoquée par la mort, dimanche, d’un colon, pour faire appliquer une loi contestée instaurant la peine capitale pour des meurtres « terroristes » commis par des Palestiniens.
Le grand rabbin, Jacob Chekroun, avait été enterré à côté de la gare, dans le petit cimetière de Médéa, en Algérie, après avoir été « blessé à mort par un terroriste » le 28 mars 1957, comme l’avait alors rapporté la presse algéroise de l’époque. « Il sortait de la synagogue », avait précisé Le Monde. C’était la guerre d’Algérie et la communauté juive se trouvait, elle aussi, directement touchée par la résistance à la colonisation française. « Son assassinat a provoqué une onde de choc au sein de la communauté juive et a marqué un tournant, signifiant que le soulèvement croissant contre la domination française en Algérie aurait de graves conséquences pour les Juifs algériens », rappelle aujourd’hui l’organisation Diarna, qui anime un programme de recherche sur la mémoire juive au Maghreb. Comme des dizaines d’autres, la famille Chekroun avait alors décidé de quitter l’Algérie. Direction Israël.
Soixante-neuf ans plus tard, le petit-fils du rabbin, Netanel Chekroun, 46 ans, a été tué, dimanche 20 septembre, à Neve Tzuf, en Cisjordanie occupée, lors d’une attaque qualifiée de « terroriste » par les autorités israéliennes. A quelques heures du début de Yom Kippour, une des principales fêtes juives, l’homme, père de six enfants, cadre dans une entreprise d’assurance, marié à une universitaire, habitant d’une colonie dans le nord, allait accomplir une baignade rituelle dans un ruisseau lorsqu’un assaillant a ouvert le feu avec un M16, une arme de guerre. Le fils de la victime, âgé de 16 ans, a pu s’enfuir. « Un terroriste, cours ! », a hurlé son père avant d’être tué, selon le récit donné par l’adolescent. Blessé par un soldat, le meurtrier présumé a été interpellé par les unités d’élite de l’armée, quelques heures plus tard, dans une clinique près de Ramallah. Contactée par Le Monde, l’armée a indiqué oralement qu’il était lié au Hamas.
Le meurtre a provoqué de vives réactions. « Aucun terroriste ne restera impuni, nous leur ferons payer à Gaza, au Liban et en Judée-Samarie [Cisjordanie] », a immédiatement déclaré le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, en référence aux différents fronts où l’armée est engagée. « Nous devons clairement dire : le terrorisme ne nous brisera pas », a expliqué le chef de l’Etat, Isaac Herzog. Un des leaders de l’opposition, Naftali Bennett, a, de son côté, appelé à « éradiquer le terrorisme d’une main de fer ».
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