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Selon le rapport de l’organisation Chinese Human Rights Defenders, les prisonniers de conscience sont particulièrement visés.

Une illustration du rapport de l’organisation Chinese Human Rights Defenders sur la torture dans les prisons chinoises. Une illustration du rapport de l’organisation Chinese Human Rights Defenders sur la torture dans les prisons chinoises.

La Chine continue à pratiquer la torture sur les prisonniers pour obtenir des aveux, en ayant recours notamment aux coups et aux privations de soins médicaux, selon un rapport de l’organisation non gouvernementale (ONG) Chinese Human Rights Defenders (Défenseurs des droits humains chinois, CHRD) publié mercredi 16 septembre.

Le système judiciaire opaque du pays est régulièrement critiqué pour des disparitions de prisonniers, la répression de dissidents et le recours régulier à la torture pour forcer des aveux.

Le dernier rapport de l’ONG a examiné les cas de 209 prisonniers entre 2016 et 2025, qui affirmaient avoir été torturés et maltraités pendant leur détention en Chine, malgré l’interdiction légale de telles pratiques. Selon ses conclusions, les prisonniers de conscience ont été particulièrement visés. Un cinquième des détenus a déclaré avoir été battu, tandis que 15 % ont affirmé avoir été torturés afin de les contraindre à avouer. Au total, 35 % de ceux qui ont été interrogés par le CHRD ont déclaré avoir été privés de soins médicaux adéquats, seize étant morts derrière les barreaux en conséquence.

Les prisonniers affirment également, selon ce rapport, avoir été privés de sommeil, de nourriture et d’eau, soumis à des températures glaciales et à des décharges électriques, enfermés dans des cages de fer et suspendus par les poignets.

Des cas dans tout le pays

« La torture persiste parce que les autorités refusent généralement d’enquêter sur les allégations formulées par les prisonniers de conscience et de poursuivre les responsables. Dans certains cas, les plaintes entraînent de nouvelles sanctions », déclare le rapport.

Des cas de torture ont été documentés par le CHRD dans toutes les provinces et régions administratives spéciales de Chine, à l’exception de Macao.

Selon la loi chinoise, la torture et le recours à la violence pour extorquer des aveux sont passibles de peines allant jusqu’à trois années de prison, avec des sentences plus sévères si la torture provoque des blessures ou la mort de la victime.

Pékin est également signataire de la Convention des Nations unies contre la torture, mais est depuis longtemps accusé de ne pas mettre en œuvre ni appliquer les lois et règlements visant à éradiquer ces violences.

Le rapport de l’ONG, intitulé Balayé sous le tapis : défaillances systémiques pour mettre fin à la torture en République populaire de Chine, n’a trouvé aucun élément montrant que des poursuites ou des mesures disciplinaires sont engagées contre les responsables.

Le gouvernement chinois n’a pas répondu immédiatement aux sollicitations de l’Agence France-Presse (AFP) à ce sujet.

Le Monde avec AFP