Une marina, des yachts, un terrain de golf de 18 trous, un hôtel cinq étoiles, un centre commercial avec des enseignes de luxe, cinq établissements scolaires privés, deux cliniques, de luxueuses villas… Bienvenue à Nordelta, la plus grande «ville fermée» d’Amérique latine, située à 30 kilomètres au nord de Buenos Aires, où cohabitent familles aisées, célébrités de la télévision, stars du football, politiciens et riches entrepreneurs. Pour s’y rendre, il faut passer plusieurs contrôles de sécurité. Un mur d’enceinte surmonté de barbelés, des milliers de caméras de surveillance et plus de 250 vigiles veillent sur les 40 000 habitants de cette gated community [«quartier résidentiel fermé», ndlr] construite dans les années 1990.
Depuis quelques années, la ville est le théâtre d’une polémique qui fascine les médias du monde entier et provoque l’hilarité de certains Argentins, lesquels y voient une juste punition à l’encontre des plus riches et leurs projets immobiliers destructeurs de la biodiversité. En effet, à la faveur de la pandémie, des hordes de capybaras (appelés carpinchos en Argentine), les plus gros rongeurs de la planète, ont élu domicile à Nordelta. Les herbivores, pouvant mesurer jusqu’à 1,30 m et peser jusqu’à 60 kg, s’y reproduisent à un rythme effarant. Résultat: aujourd’hui, à Nordelta, un habitant sur 40 est un capybara.


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