C’était le 20 octobre 2020, à plus de 300 millions de kilomètres de la Terre. La sonde américaine Osiris-Rex a déployé son bras articulé vers la surface de l’astéroïde Bénou pour y collecter des échantillons de sol et les rapporter sur Terre. «On ne savait pas grand-chose de la tenue mécanique du sol», raconte Guy Libourel, de l’Université Côte d’Azur et de l’Observatoire de la Côte d’Azur à Nice, en France, chercheur associé aux missions Osiris-Rex et Hayabusa 2, cette dernière ayant ramené des échantillons d’un autre astéroïde, Ryugu, en 2020.
Contre toute attente, «le bras d’Osiris-Rex s’est enfoncé de 50 centimètres, comme lorsqu’on marche dans de la neige fraîche», se souvient notre interlocuteur. La sonde s’est tirée de ce mauvais pas en activant ses propulseurs pour faire machine arrière, collectant 120 grammes de roche dans une capsule remplie d’azote, un gaz inerte, et scellée. Après un an d’observation de Bénou et deux ans de voyage de retour, Osiris-Rex a frôlé la Terre à 100 000 kilomètres d’altitude pour y larguer sa capsule d’échantillons, avant de poursuivre sa route vers l’astéroïde Apophis, qu’elle rejoindra en 2029.


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