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Lors d’un débat au Bundestag, le chancelier conservateur a dénoncé les projets migratoires du parti prorusse et anti-immigration. Dimanche, celui-ci a recueilli près de 44 % des voix lors d’une élection régionale.

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, au Bundestag, mercredi 9 septembre, à Berlin.  Le chancelier allemand, Friedrich Merz, au Bundestag, mercredi 9 septembre, à Berlin.

Le chancelier Friedrich Merz a tenté, mercredi 9 septembre, de reprendre la main après la lourde défaite de son camp aux élections régionales dans l’est de l’Allemagne, face au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), qu’il a accusé de promouvoir un « nettoyage ethnique ».

« Le mot “remigration” n’est rien d’autre que le synonyme d’un nettoyage ethnique en fonction de l’origine et de la couleur de peau », a déclaré le chancelier conservateur, lors de l’ouverture des discussions budgétaires au Bundestag, fréquemment interrompu par les interjections des élus de l’AfD.

« Si ceux qui travaillent en Allemagne devaient quitter le pays parce que l’on fait de la “remigration” le mot d’ordre » principal, plusieurs secteurs de l’économie ne pourraient plus fonctionner, a poursuivi M. Merz, citant notamment « l’artisanat », les « établissements de soins » ou encore les « restaurants ».

Ce discours intervient trois jours après la victoire de l’AfD lors d’une élection régionale dans le Land de Saxe-Anhalt. Ce parti prorusse et anti-immigration a recueilli près de 44 % des voix, loin devant le parti conservateur (CDU) du chancelier et du ministre-président sortant, crédité de 17 % des voix. L’AfD affirme être désormais en discussion avec d’autres groupes et élus afin de former un gouvernement régional, un processus qui pourrait prendre du temps.

« Nulle part en Allemagne vous n’obtiendrez une majorité »

Le chef du gouvernement s’est exprimé après un discours agressif d’Alice Weidel, la coprésidente de l’AfD, qui a regretté que les Allemands doivent « vivre au quotidien avec les conséquences de l’immigration de masse ». D’après Mme Weidel, l’immigration a pour conséquences directes « une criminalité en hausse » et « une augmentation massive des infractions à caractère sexuel et des actes de violence brute ».

Les statistiques criminelles allemandes montrent une surreprésentation des étrangers parmi certains types de délits, mais les chercheurs soulignent de longue date que ces données ne suffisent pas, à elles seules, à établir une causalité directe entre immigration et criminalité.

Cible des critiques dans son camp et fragilisé, M. Merz a aussi minimisé la portée du succès électoral de l’AfD. Le « véritable objectif électoral » du parti d’opposition, qui est d’« obtenir la majorité des sièges en Saxe-Anhalt », n’a pas été atteint et « 56 % des électeurs [du Land] n’ont pas voté pour vous », a-t-il lancé à l’encontre de Mme Weidel, en affirmant : « Nulle part en Allemagne vous n’obtiendrez une majorité », et en qualifiant son parti de « force destructrice ».

M. Merz a par ailleurs accusé l’AfD de faire le jeu des tentatives présumées de déstabilisation de l’Allemagne, en référence à une attaque de drones déjouée début août à l’aéroport de Leipzig et attribuée à Moscou. « Vous n’avez rien dit, Mme Weidel, sur ce qui s’est passé le 4 août. Vous faites partie du problème que nous rencontrons en Allemagne. »

Le Monde avec AFP