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Sous la pression de groupes organisés menaçants, des milliers de ressortissants étrangers en situation irrégulière se réfugient dans des campements précaires en attendant un retour incertain vers leur pays d’origine.

Un groupe de bénévoles distribue des repas à des personnes bloquées devant les bureaux du ministère de l’intérieur sud-africain, où elles s’étaient réfugiées pour fuir des attaques xénophobes, à Durban, le 27 juin 2026. Un groupe de bénévoles distribue des repas à des personnes bloquées devant les bureaux du ministère de l’intérieur sud-africain, où elles s’étaient réfugiées pour fuir des attaques xénophobes, à Durban, le 27 juin 2026.

Les autorités sud-africaines ont annoncé, lundi 29 juin, que plus de 25 000 personnes avaient été rapatriées ces dernières semaines, à la veille de l’expiration d’un ultimatum officieux anti-immigrés, et beaucoup d’autres attendent encore de partir.

Ces départs interviennent alors que des milliers de personnes cherchent à quitter le pays par crainte pour leur sécurité, après que des groupes de citoyens ont lancé un ultimatum exigeant que les étrangers sans papiers quittent le territoire avant le 30 juin.

Plusieurs gouvernements, notamment le Nigeria, le Malawi, le Ghana, le Zimbabwe et le Mozambique, ont organisé des vols et des cars de rapatriement volontaire, après des semaines de manifestations, de pillages et d’attaques visant les étrangers, qui ont fait quatre morts.

« A ce jour, plus de 25 000 ressortissants étrangers ont été rapatriés », a déclaré le National Joint Operational and Intelligence Structure (Natjoints), qui coordonne les opérations de la police, de l’armée et des services de renseignements.

Les derniers chiffres marquent une forte hausse par rapport à la semaine dernière, où les autorités évoquaient 15 000 Malawites pris en charge. En outre, au moins 988 Ghanéens et environ 600 Nigérians sont partis par avion, plus tôt ce mois-ci.

« Le processus est toujours en cours », a précisé Natjoints, ajoutant que des unités spécialisées, notamment des équipes cynophiles et la brigade aérienne, ont été déployées.

Des groupes organisés font pression sur les migrants

De petits groupes, peu nombreux mais organisés, opposés à l’immigration illégale, se sont ralliés à l’ultimatum de mardi – qui n’a jamais été validé par le gouvernement – appelant les migrants sans papiers à partir ou à en subir les conséquences. Ils ont organisé une série de marches à travers le pays. Des groupes ont par ailleurs parcouru les quartiers de maison en maison pour ordonner aux migrants de partir ou exiger de vérifier leurs papiers d’identité.

Ce « sentiment anti-étrangers » a fait quatre morts, a déclaré Natjoints. La police a précisé à l’Agence France-Presse qu’il s’agissait de deux Mozambicains, d’un Ethiopien et d’un Malawite. Du 1er mars au 29 juin, Natjoints a affirmé avoir enregistré « 103 affaires liées au sentiment anti-étrangers et arrêté 195 suspects ».

L’insécurité a poussé des milliers de migrants à se rassembler dans des campements de fortune, à Durban, dans le sud-est, dans la ville touristique du Cap, dans le sud-ouest, et dans la capitale financière Johannesburg, en attendant un moyen de transport vers leurs pays d’origine.

L’Afrique du Sud, destination de longue date pour la main-d’œuvre migrante, est confrontée à un taux de chômage supérieur à 30 % et à un passé récent de violences contre les étrangers, souvent alimentées par l’idée que les migrants prendraient des emplois et seraient à l’origine de la criminalité.

Les analystes estiment que les groupes organisés en milices s’en prennent aux étrangers comme boucs émissaires plutôt que de s’attaquer aux problèmes plus profonds, d’ordre économique et de gouvernance. Les flambées de violence contre les sans-papiers, récurrentes en Afrique du Sud, sont souvent meurtrières. Soixante-deux personnes ont ainsi été tuées lors des émeutes de 2008.

Le Monde avec AFP