Emmanuel Macron rendra hommage au capitaine Alfred Dreyfus dimanche à l'occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906, et au combat contre la résurgence de l'antisémitisme, 120 ans plus tard.
À l'occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence en 1906, Emmanuel Macron rendra hommage, ce dimanche, au capitaine Alfred Dreyfus.
Cette journée nationale a été instaurée par le chef de l'Etat pour commémorer "la victoire de la justice et de la vérité contre la haine et l'antisémitisme". Elle sera "organisée chaque année" et aura aussi vocation a être déclinée dans les départements, a précisé jeudi l'Elysée.
Alfred Dreyfus aura connu deux procès
"L'Affaire Dreyfus" - le capitaine fut accusé de haute trahison et espionnage au profit de l'Allemagne - a déchiré l'opinion française pendant plus d'une décennie sur fond d'antisémitisme et de conspiration politico-militaire. De 1894, année de son arrestation, au 12 juillet 1906, date de l'arrêt mettant fin judiciairement à l'Affaire, Alfred Dreyfus aura connu deux procès, l'emprisonnement et plus de quatre ans de bagne sur l'île du Diable en Guyane.
Emmanuel Macron prendra la parole vers 13H00 juste à côté de la Cour de Cassation, sur l'île de la Cité, où une statue représentant le capitaine Dreyfus dégradé dans la cour de l'Ecole militaire en 1895 sera désormais érigée.
Cette statue, commandée au sculpteur Tim par François Mitterrand et Jack Lang en 1984-85, a connu "divers emplacements qui ne satisfaisaient personne" avant que le choix ne se porte sur ce lieu, conformément "aux vœux de la famille, partagés par la mairie de Paris et le président de la République", a précisé l'Elysée.
Charles Dreyfus, 98 ans, petit-fils et dernière personne vivante à avoir connu Alfred Dreyfus, décédé en 1935, s'exprimera en premier, avant le maire de Paris Emmanuel Grégoire et le chef de l'Etat, a ajouté l'Elysée.
Cette cérémonie "s'inscrit" dans "l'élévation d'Alfred Dreyfus au grade de général de brigade"
Ce sera aussi aussi une journée dédiée aux "dreyfusards", "tous ceux qui ont œuvré pour la reconnaissance de son innocence", du colonel Marie-Georges Picquart à Emile Zola et Anatole France, a relevé la présidence.
Le président annoncera une "initiative rendant hommage à tous ceux qui se sont inscrits dans le chemin ouvert par les dreyfusards", contre l'antisémitisme, "un combat qui demeure hélas d'actualité", a ajouté la présidence. "Il n'est pas insensible au fait que la problématique que pose l'affaire Dreyfus demeure d'actualité, que le combat pour qu'en République triomphent systématiquement justice et vérité est un combat permanent. Il ne faut jamais relâcher la tension là-dessus", a-t-elle insisté.
Le chef de l'Etat n'a finalement pas accédé aux appels à la panthéonisation d'Alfred Dreyfus à l'occasion de ce 120e anniversaire, tout comme celui des 90 ans de sa mort, le 12 juillet 1935. Cette cérémonie "s'inscrit" dans "l'élévation d'Alfred Dreyfus au grade de général de brigade" votée par le Parlement l'année dernière, souligne en revanche l'Elysée.
Après sa réhabilitation, Alfred Dreyfus, réintégré comme commandant, demanda une revalorisation de carrière tenant compte de ses années perdues au bagne, sans obtenir gain de cause, et quitta l'armée en 1907 - avant de servir à nouveau pendant la Première Guerre mondiale.


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