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Pour la première fois, la France envisage de stationner des armes nucléaires sur le sol d'autres pays européens. Lundi 2 mars, Emmanuel Macron a présenté à la base sous-marine de l'Île Longue (Finistère) sa nouvelle doctrine de «dissuasion avancée», un concept qui marque une rupture majeure dans la politique de défense française depuis la naissance de la force de frappe dans les années 1960.
«Aujourd'hui, une nouvelle étape de la dissuasion française peut être franchie. Nous entrons sur le chemin de ce que j'appellerai la dissuasion avancée», a affirmé le président. Autrement dit, Paris se dit prête à déployer temporairement certains éléments de sa force nucléaire –comme des avions ou des missiles stratégiques– sur le territoire d'alliés européens.
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Ce changement de posture intervient dans un contexte géopolitique explosif. L'offensive russe en Ukraine a profondément bouleversé les équilibres sécuritaires du continent, tandis que le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a ravivé les doutes sur la fiabilité du parapluie américain. Résultat: l'Europe cherche de nouveaux repères, et Paris entend bien s'imposer comme son garant ultime.
La doctrine de «dissuasion avancée» vise à renforcer la coopération avec sept pays européens, dont l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce ou encore la Suède. Ces pays pourraient accueillir des exercices conjoints ou des déploiements temporaires des forces aériennes françaises dotées de capacités nucléaires.
Une vieille idée
Emmanuel Macron a souligné que certaines «lignes rouges» demeuraient: «Il n'y aura aucun partage de la décision ultime, elle n'appartient qu'au seul président de la République, comptable devant le peuple français », a assuré le chef de l'État. Comprenez: l'autonomie nucléaire française reste totale, et lui seul peut décider ou non d'une éventuelle attaque.
Derrière ce repositionnement se cache aussi une tentative de relancer un vieux projet resté lettre morte. En 2020, Emmanuel Macron avait déjà invité ses partenaires européens à entamer un dialogue stratégique sur la dissuasion nucléaire française. Peu de pays avaient alors répondu présent. Quatre ans et une guerre plus tard, l'idée semble trouver un écho nouveau.
Les discussions entre Paris, Berlin et Varsovie seraient déjà bien avancées, selon l'Élysée. Pour la France, il s'agit d'ancrer sa force de dissuasion au cœur du dispositif européen, sans pour autant remettre en cause le principe fondamental de souveraineté nationale.
Ce discours intervient dans un climat de tensions inédites. Quelques heures avant l'intervention du président français, une base britannique de la Royal Air Force à Chypre a été frappée par un drone iranien, rappelle le Financial Times, première attaque de ce genre sur le sol européen depuis les frappes américano-israéliennes qui ont coûté la vie au Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
Dans ce nouvel environnement, la «dissuasion avancée» apparaît comme le prolongement logique d'une autonomie stratégique européenne que la France appelle de ses vœux depuis des années. Mais elle pose aussi une question: l'Europe est-elle prête à placer son futur dans les mains de la France et de ses ogives?





























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