La scène figure au début du roman. Sur une plage de la côte Atlantique française, un garçonnet, pris dans une mauvaise vague, se noie sous les yeux pétrifiés de sa famille, laissant son riche industriel de père privé de son héritier dorloté. Deux pages, implacables et dépouillées, suffisent à Emma Marsantes pour raconter ce drame inaugural qui propagera son onde de choc sur plusieurs générations: 70 ans plus tard, dans une banlieue bourgeoise de Paris, une femme se pend au placard de sa cuisine.
Sa fille est la narratrice de N’efface pas mes cercles, l’épicentre de plusieurs couches de malheurs que l’autrice dissèque à coups de phrases économes, comme des saignées prélevées à même l’épiderme de la violence: «Le fils unique est mort. Elles le savent, il aurait mieux valu que ce soit l’une d’entre elles. N’importe laquelle aurait bien fait l’affaire. Toutes en paieront le prix, chacune à sa manière.»


1 day_ago
74




















.jpg)






French (CA)