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Alors que l'exécutif envisage la mise en place de la consigne de la bouteille plastique, celle-ci pourrait entraîner une hausse de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, perçue par les collectivités auprès des ménages.
Fausse bonne idée? La mise en place de la consigne de la bouteille plastique, envisagée par l'exécutif pourrait se faire au détriment du pouvoir d'achat des Français. Et pour cause, cela entraînerait une augmentation de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, selon les collectivités locales qui la perçoivent auprès des ménages.
"Nous sommes obligés (...) d'équilibrer nos budgets", a rappelé le président du réseau de collectivités Amorce, Gilles Vincent, lors d'un point presse mardi 9 juin.
"Et donc demain, si on a moins de recettes via notre centre de tri, nous serons obligés d'augmenter fortement, je dis bien fortement, peut-être près de 20%, la Teom", a déclaré le président de cette association de collectivités.À la demande d'Emmanuel Macron, le gouvernement a lancé fin mai une concertation en vue de mettre en place une consigne sur les bouteilles en plastique, pour permettre à la France d'atteindre les objectifs de recyclage du plastique fixés par Bruxelles, sur lesquels la France est très en retard.
En 2022 selon Eurostat, la France n'a recyclé que 25,2% de ses déchets d'emballages plastiques et figurait parmi les moins bons élèves de l'UE, loin derrière la Belgique (54,2%), l'Allemagne (51,1%) ou encore l'Italie (46,6%). Et bien en dessous de la moyenne européenne (40,7%).
Un des emballages les mieux recyclés
Les collectivités, vent debout contre cette mesure, estiment qu'il s'agit d'une fausse solution, les bouteilles étant déjà un des emballages plastiques les mieux recyclés. Elles craignent notamment de perdre les recettes liées à la revente des matériaux à recycler, qui leur permettent de financer en partie les opérations de collecte et de traitement des déchets, en complément des financements de l'éco-organisme Citeo et de la Teom.
Les deux produits "qui ont vraiment une valeur importante à la tonne" sont "la bouteille plastique et l'aluminium", notamment issu de la canette, a souligné Antoine Bousseau, président de la Fnade, la fédération qui rassemble les professionnels du secteur des déchets, convié par le réseau Amorce à sa conférence de mardi.
"Demain, il n'y aura ni les bouteilles ni les canettes, ce qui fait aujourd'hui 75% du volume d'un bac jaune. Ce qui nous pose la question de savoir à quoi sert d'avoir mis des bacs jaunes, (...) d'investir des millions d'euros dans des centres de tri, qui seront vides", a ajouté le délégué général d'Amorce, Nicolas Garnier.En lieu et place de la consigne, Amorce prône la réduction du plastique, notamment par un "accès à l'eau partout" (avec des fontaines), le développement du vrac et du réemploi, ainsi que du tri sur les lieux de travail et dans les lieux recevant du public.
Source(s) : BFM Business via le Grenier de l'éco


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