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Non, BB ne nous a pas quittés. Elle restera à jamais parmi nous, comme le plus grand sex-symbol du cinéma français, qui en fit un mythe planétaire.
Pour ses 90 ans, l’an dernier, j’avais écrit un article résumant le destin hors du commun de notre légende nationale. Le voici, tel quel. Je n’en retire pas une seule ligne.

Avec son port de reine, sa démarche divine, ses mensurations parfaites et sa bouche pulpeuse, sa beauté inégalée a fait fantasmer tous les hommes de la Terre et suscité bien des jalousies chez ses rivales. À 90 ans, son aura planétaire n’a pas pris une ride.

Devant un tel chef d’oeuvre de la nature, on peut même dire que ses parents auraient mérité le prix Nobel d’architecture. Un corps magnifique et des courbes divines qu’elle n’hésite pas à exposer sur les écrans. En fait, les superlatifs manquent pour parler de notre BB.
C’est le film de Vadim Et Dieu… créa la femme, en 1956, qui la propulse au sommet de la gloire. Dès lors, nudité et érotisme s’imposeront dans la société, ignorant les grincheux qui hurlent au scandale.

Dans une scène devenue mythique, notre bourgeoise du 16e arrondissement se transforme en sauvageonne décomplexée et se déchaîne au rythme d’un mambo cubain effréné, sa crinière flamboyante et ses jambes affolantes laissant un Jean-Louis Trintignant et un Curd Jurgens littéralement médusés, la bouche sèche et le cœur battant. Une scène sexy mémorable, véritable invite à l’amour.
Curieusement, le film ne connut pas un succès fracassant à sa sortie. C’est aux États-Unis que le public américain fut conquis. De retour en France, le film explose et fait de BB une star mondiale. C’est la naissance de la Nouvelle vague, au grand dam de ceux qui se veulent des modèles de vertu.
Avec BB, c’est la fête, les amis, l’amour décomplexé et le franc-parler. Tous les tabous sautent un à un. Ça bouscule le bourgeois coincé dans ses principes bon chic bon genre.
Les hommes aiment les femmes qui aiment les hommes, comme chacun sait. Et BB a aimé les hommes autant qu’ils l’ont aimée. Fougueuse, libre et indépendante, elle a révolutionné l’image de la femme, encore soumise aux diktats hypocrites des gardiens de la morale de l’après-guerre. Elle a inspiré la mode depuis les années soixante jusqu’à nos jours.
Crinière au vent, jean moulant ou pantalon corsaire, tee-shirt et épaules dénudées, short court et ballerines ou même pieds nus, c’est BB. La robe Vichy, c’est BB. Son insolente beauté emporte tout et les critiques des grincheuses féministes ou de l’Église catholique glissent sur la totale indifférence de la Belle. Notre icône a tous les hommes de son côté et elle le sait.

BB, c’est la liberté totale. Elle change de partenaire comme de tee-shirt, se moque des critiques, se marie sans conviction et divorce tout aussi vite. Évidemment, cela bouscule la société figée des années soixante et suscite les attaques des mémés aigries, jalouses de « la dévergondée ». Elle s’en moque, tout lui réussit. Notre croqueuse d’hommes enchaîne les films et en refuse des dizaines. Elle est libre et le clame haut et fort. Son style, c’est le rêve de toutes les femmes. Elle symbolise leur libération.
Elle sera même la Marianne de la République et Mitterrand lui décernera la Légion d’honneur.
De Gaulle dira d’elle qu’elle rapporte à la France autant de devises que la Régie Renault à l’époque.
Mais la gloire a son prix. Assaillie constamment par les paparazzis, emportée dans le tourbillon de sa célébrité planétaire, elle multiplie les dépressions et les tentatives de suicide.
Elle achève sa carrière cinématographique à l’âge de 39 ans, au sommet de sa légendaire beauté. Elle se réfugie à la Madrague, loin des projecteurs et des médias, se consacrant à sa passion, la défense des animaux. Elle crée sa fondation et devient l’avocate infatigable de la cause animale, un beau et noble combat.

Comme le dit Éric Neuhoff dans le Figaro, « Serrer un bébé phoque dans ses bras lui procure dorénavant plus de plaisir que de brandir un César ».
Française jusqu’au bout des ongles, son positionnement politique très à droite et son engagement écologique lui valent bien des critiques. Elle sera même condamnée pour des propos jugés racistes. En fait, elle fait tout simplement partie de ces millions de boomers qui ne se résignent pas à voir la France des Trente Glorieuses disparaitre à jamais sous une immigration de masse. Ce n’est pas leur jeunesse que regrettent les vieilles générations, elles ont la nostalgie de cet art de vivre que connaissait la France heureuse des années soixante. Ce que la génération Mitterrand et suivantes ne peuvent pas comprendre.
Aujourd’hui, les bateaux continuent de passer au large de la Madrague, promenant des touristes qui espèrent encore apercevoir la légende BB avec leurs jumelles.
Mais la Belle reste invisible, sans doute plongée dans ses souvenirs et revivant les plus beaux moments de sa vie hors du commun. Souhaitons lui encore longue vie et un joyeux anniversaire. Elle reste la dernière de sa génération d’acteurs.
À 90 printemps et même plus tard, elle restera la plus belle de toutes pour l’éternité.
Mais aujourd’hui 28 décembre 2025, la star vient de refermer le livre de sa vie, nous léguant 50 films et 80 chansons, qui la feront revivre dans nos coeurs jusqu’à la fin des temps. Car il en est ainsi des légendes qui ne meurent jamais.
(inspiré d’un article d’Éric Neuhoff du Figaro 2024)
Jacques Guillemain





























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