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Ekuanitshit refuse de signer l’entente policière avec Québec

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La communauté d’Ekuanitshit pourrait bientôt bénéficier d’une desserte policière conjointe impliquant la Sécurité publique de Uashat mak Mani-utenam (SPUM) et la Sûreté du Québec (SQ). Cette entente temporaire d’un an vise à offrir des interventions culturellement adaptées tout en luttant contre le crime organisé dans la région.

D’après le ministre de la Sécurité intérieure et responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière, l’entente a été entérinée par le conseil des ministres. Il ne reste désormais plus qu’à obtenir l’accord de la communauté d’Ekuanitshit pour que le projet aille de l’avant.

Cependant, le conseil de bande local refuse de signer l’entente sans obtenir d’abord un engagement formel du gouvernement québécois pour le rétablissement de son propre corps de police local. Un retour pour lequel le chef d’Ekuanitshit, Jean-Charles Pietacho, milite depuis plusieurs années.

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Jean-Charles Pietacho réclame un engagement ferme de Québec pour restaurer le corps de police local. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Bien que le chef soit en accord avec l’idée de recevoir l’appui d’une patrouille mixte de SPUM et de la SQ temporairement, l’absence d’une promesse formelle à long terme a freiné les discussions.

On pensait qu’on était à un pas d’avoir une entente, mais là, on vient de reculer. 

L’entente est sur la table d’Ekuanitshit

Sur le plan logistique, tout est ficelé et la SPUM se dit prête à intervenir. Son directeur, Carl Jourdain, précise que l’intervention commencerait par des patrouilles ciblées, qui pourraient se dérouler trois jours par semaine, avant d’être potentiellement intensifiées.

Il tient également à rassurer sa propre population. Grâce à un financement stable au cours des deux dernières années, la SPUM a pu engager du personnel supplémentaire, garantissant que les services à Uashat mak Mani-Utenam ne seront aucunement pénalisés par cette aide.

Ian Lafrenière est avec Carl Jourdain.

Ian Lafrenière et Carl Jourdain portent le projet de desserte policière à Ekuanitshit.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard

Le dossier est d’ailleurs appuyé par les élus locaux, dont le conseiller d’Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM), Norbert Fontaine, qui y voit une belle occasion de partager l’expertise de la SPUM et de faire preuve de solidarité intercommunautaire.

Au-delà de la répression, c’est la connaissance de la réalité et de la culture autochtones par les policiers de la SPUM qui est mise de l’avant pour faire la différence sur le terrain et avancer vers un objectif de régionalisation des corps policiers autochtones.

Une confiance brisée?

En réaction à une intervention policière tendue en février dernier, Jean-Charles Pietacho avait exigé que la SQ cesse de patrouiller à Ekuanitshit. Le corps de police avait donc limité ses patrouilles dans ce secteur.

À la suite de cet événement, le chef avait alors déclaré que le lien de confiance entre le corps de police et la communauté avait été rompu, soulignant au passage sa volonté de ramener un service de police local à Ekuanitshit.

Questionné sur la possibilité d’offrir à Ekuanitshit son service de sécurité publique, le ministre Ian Lafrenière invite plutôt les communautés à réfléchir à une régionalisation des services de police. Il explique que le regroupement des services est la meilleure solution pour pallier les défis d’attraction et de rétention du personnel dans de si petites communautés.

Le ministre soulève également un enjeu éthique :  Imaginez si vous demeurez dans une communauté de 700 personnes, et que vous arrêtez des gens de votre entourage. Une police régionale permettrait, selon lui, une meilleure mobilité des effectifs et l’accès à des postes spécialisés, comme des enquêteurs ou des préventionnistes.

Pour Ian Lafrenière, l’entente est bel et bien sur la table. Il tient à rappeler qu’il s’agit avant tout d’une offre faite  de bon cœur par la SPUM pour venir en aide à ses voisins. Même si cette entente d’un an représente une solution transitoire, les partenaires réfléchissent déjà à une solution à long terme pour la desserte policière d’Ekuanitshit.

D’ici là, le ministre assure qu’il respectera la décision des élus locaux, martelant sa volonté de  ne pas l’imposer à la communauté.

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