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Éducation nationale : 13 269 signalements de violences sexuelles en un an, en hausse de 32 %

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Deux à trois victimes potentielles par classe : derrière les statistiques, l’école française découvre l’ampleur du désastre.

En 2025-2026, l’institution a transmis 88 000 informations préoccupantes ou saisines de la justice, toutes causes confondues. Trois ans auparavant, elles étaient 50 000.

Parmi ces 88 000 alertes, 13 269 concernent des violences sexistes et sexuelles dont des élèves ont été victimes. C’est 32 % de plus qu’un an auparavant.

Un chiffre qui mérite une précision essentielle : ces 13 269 signalements ne correspondent pas tous à des agressions commises dans les établissements scolaires. L’école peut aussi détecter et signaler des violences subies par un enfant dans sa famille ou ailleurs. Mais les données concernant directement l’institution scolaire sont, elles aussi, particulièrement lourdes.

266 dossiers impliquant des adultes dans l’enceinte scolaire

Devant les députés, Édouard Geffray a indiqué que 266 dossiers étaient actuellement en cours concernant des agressions commises par des adultes dans l’enceinte scolaire, pour les affaires relevant de l’Éducation nationale. Tous auraient été transmis à la justice.

Le ministre a également annoncé que 45 révocations avaient été prononcées l’année précédente.

Et ce n’est pas tout. Dans le périscolaire, 260 cas ont été remontés à l’Éducation nationale, « essentiellement du fait d’adultes encadrants », selon le ministre.

Autrement dit, derrière les grandes déclarations sur « l’école sanctuaire », il existe une réalité beaucoup moins présentable. Des centaines de dossiers concernent précisément des lieux où des parents déposent chaque matin leurs enfants en pensant, assez naïvement semble-t-il, que les adultes chargés de les encadrer ont été correctement contrôlés.



8 % des CM1-CM2 disent avoir été embrassés de force

Le plus inquiétant est que ces chiffres administratifs ne racontent qu’une partie du problème.

En janvier 2026, le gouvernement publiait pour la première fois des données nationales sur les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire.

Chez les élèves de CM1 et CM2, 15 % déclaraient avoir subi du voyeurisme dans les toilettes et 8 % avoir été embrassés de force au moins une fois au cours de l’année scolaire.

Au collège, 15 % des filles et 12 % des garçons déclaraient avoir été exposés à au moins une forme de violence sexuelle. Une lycéenne sur dix disait également s’être déjà absentée de son établissement par peur au moins une fois dans l’année.

Des chiffres assez éloignés de l’image rassurante de l’école présentée dans les brochures ministérielles.



Un enfant sur dix victime de viol ou d’agression sexuelle

Édouard Geffray a lui-même rappelé devant les députés qu’« on considère que quasiment un enfant sur dix est victime de viol ou d’agression sexuelle », soit, selon son calcul, deux à trois enfants par classe.

Face à cette avalanche de signalements, le gouvernement a trouvé sa réponse : davantage de questionnaires et toujours plus d’EVAR et d’EVARS. Autrement dit, alors que les chiffres officiels décrivent des milliers d’enfants confrontés à des violences sexuelles, l’État poursuit le déploiement de programmes abordant l’intimité, le corps et la sexualité dès l’école primaire, au grand mécontentement d’une partie des parents. La logique est pour le moins particulière : plutôt que de concentrer tous les efforts sur le contrôle des adultes, le repérage des prédateurs et la protection immédiate des mineurs, l’institution ajoute des séances, des dispositifs et des acronymes.

Selon le ministère, plus de 92 % des écoles ont commencé à appliquer le programme, mais seuls deux tiers des élèves du premier degré ont reçu les trois séances prévues. Au collège, ce taux tombe à 25 %, et au lycée à 9 %. À croire qu’en Macronie, lorsqu’un problème devient trop grave, la première urgence consiste toujours à lui trouver un programme pédagogique.

Le gouvernement pourra toujours ajouter des questionnaires, des guides, des référents et de nouveaux acronymes. Le problème est désormais chiffré : 13 269 signalements de violences sexistes ou sexuelles en un an, 266 dossiers concernant des adultes dans l’enceinte scolaire et 45 révocations.



Pendant des années, les scandales ont été présentés comme des cas isolés. À force d’additionner les « cas isolés », l’Éducation nationale vient pourtant de produire elle-même les statistiques du problème.

Il devient difficile de prétendre ne pas l’avoir vu.

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