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Dans l’imaginaire collectif, notre système de protection sociale reste une fierté française. Un système dont on nous a toujours affirmé que le monde entier nous l’enviait, mais dont on nous répète aussi de plus en plus qu’il arrive à bout de souffle. Qu’en est-il vraiment ? Nous avons fait les comptes.
Jean-Michel Lahire - Aujourd'hui à 19:00 | mis à jour aujourd'hui à 20:32 - Temps de lecture :
C’est une petite musique qui revient d’autant plus fort que les comptes publics s’enfoncent dans le rouge. Le modèle français de protection sociale ne serait plus tenable, sauf à le réformer radicalement. En mai dernier, Emmanuel Macron avait estimé que le modèle français reposait « beaucoup trop sur le travail », relançant l’idée de TVA sociale également soutenue par le Medef. Il avait également appelé à l’organisation d’une « conférence sociale » sur le financement du système français.
L’appel du chef de l’État semble avoir trouvé un écho chez Sébastien Lecornu. Lors de son discours de politique générale, le 15 octobre, le nouveau Premier ministre avait estimé que notre « contrat social » avait besoin « d’une refondation, d’innovations et de ruptures ». Mais pour refonder, il faut durer.
Des dépenses, oui… mais aussi des bénéfices
Le chef du gouvernement a surtout été occupé ces dernières semaines à trouver une voie de passage pour le budget de la Sécurité sociale, entre une droite qui veut baisser les dépenses et s’oppose à toute contribution supplémentaire des entreprises, et une gauche qui veut augmenter les recettes et refuse de voir salariés et retraités porter seuls le poids des sacrifices.
Hérité des Trente Glorieuses, notre modèle social est-il dépassé ? Poser la question revient implicitement à poser celle de son coût. La France est le pays européen qui dépense le plus, proportionnellement, pour la protection sociale : 31,5 % de son PIB y a été consacré en 2023, selon la Drees (le service statistique des ministères sociaux), contre 26,6 % en moyenne dans les pays de l’UE. Ces sommes doivent toutefois être mises en rapport avec les bénéfices tirés du système, souvent oubliés dans l’équation budgétaire. Et qui constituent aussi de plus en plus, à budget contraint, la seule variable d’ajustement.


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