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Dans un entretien donné au Parisien ce samedi, le ministre de l'Économie relativise le ralentissement pointé par l'Insee et détaille les arbitrages du budget 2027, attendu le 30 septembre.
La rédaction - Aujourd'hui à 17:38 | mis à jour aujourd'hui à 17:43 - Temps de lecture :
Face au décrochage constaté cette semaine par l'Insee (croissance et pouvoir d'achat en baisse, chômage en hausse), Roland Lescure refuse de parler d'échec. Interrogé par Le Parisien ce samedi, le ministre de l'Économie évoque un « trou d'air » lié à des facteurs exceptionnels : le blocage du détroit d'Ormuz aurait coûté 0,2 % de croissance, la canicule 0,1 %. Il assume d'avoir abaissé sa prévision 2026 de 1 % à 0,5 %, invoquant une incertitude internationale qu'il ne maîtrise pas, tout en vantant un taux d'emploi des jeunes et des seniors « au plus haut historique ». Pour justifier la rigueur à venir, il agite le spectre de la Grèce de 2009, contrainte de sabrer salaires et pensions, et rappelle que l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne ont, eux, restauré leurs finances publiques.
Sur le pouvoir d'achat, dont l'Insee anticipe un recul de 0,4 % en 2026 sur fond de flambée de l'énergie, il promet de soutenir les plus fragiles sans « abandonner personne ». « Je ne veux pas emmerder les Français », insiste-t-il, tout en écartant la baisse générale de la taxe sur les carburants réclamée par le RN, qui coûterait « des milliards ». Il attaque au passage Marine Le Pen, accusée de vouloir « raser gratis ».
Interrogé sur le risque d'une crise de la dette avant la présidentielle, il se dit ni « prophète de malheur » ni « marchand de bonheur » : les risques sont réels, mais un budget « sérieux » et adopté écarterait selon lui une pression accrue des prêteurs. Pour 2027, le ministre confirme viser un déficit sous les 5,1 % et un effort d'environ 30 milliards d'euros, portant « essentiellement » sur la dépense pour éviter toute hausse d'impôts, même s'il n'exclut pas de « toiletter » des niches fiscales. Il défend aussi la baisse de la surtaxe sur les grandes sociétés voulue par Matignon, au nom de l'attractivité.
Les retraités appelés à contribuer
Aucune pension ne baissera, assure Lescure, mais les retraités devront « contribuer » aux efforts collectifs si la mesure est « partagée et temporaire ». La suppression de l'abattement fiscal reste une piste dans les « derniers arbitrages », même si « on ne veut pas matraquer les retraités ». Il écarte en revanche une désindexation des pensions au-dessus de 2 000 euros.
Le ministre juge par ailleurs « excellente » l'idée d'un mécénat incitatif défendue par le prix Nobel Philippe Aghion, en cours d'expertise. Sur le plan politique, alors que la censure menace, il assume préférer « un budget » à un passage en force et refuse de trancher entre 49.3 et ordonnances avant les débats. Soutien de Gabriel Attal pour 2027, il juge le rassemblement du bloc central « indispensable », mais renvoie l'échéance à février et martèle que son job, c'est « le budget et rien que le budget ».
>> Lire l'article du Parisien.


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