Face à l’aggravation de la vacance commerciale en France, une mission transpartisane de l’Assemblée nationale propose une série de mesures pour revitaliser les commerces de proximité.

Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 18:50 - Temps de lecture :

Aujourd’hui, 62 % des communes françaises n’ont plus aucun commerce. Photo d'illustration Sipa/Francois Greuez Aujourd’hui, 62 % des communes françaises n’ont plus aucun commerce. Photo d'illustration Sipa/Francois Greuez

Des centres-villes parsemés de locaux vides, des bourgs ruraux sans plus aucun magasin. Une réalité qui s’amplifie en France et qui pénalise à la fois les habitants de ces communes et les collectivités locales. Pour tenter d’enrayer ce déclin, la mission transpartisane d’information sur l’avenir des commerces de proximité de l’Assemblée nationale a rendu ses conclusions ce mercredi, en avançant 43 recommandations.

Car l’heure est grave : le taux de vacance commerciale a atteint 12 % en France en 2025 alors qu’il était de 6,8 % 10 ans plus tôt. Plus inquiétant encore, 62 % des communes françaises n’ont plus aucun commerce. « Or, le commerce de village est parfois le dernier lieu de sociabilité », rappelle l’un des corapporteurs de la mission, le député Laurent Lhardit (PS, Bouches-du-Rhône). Longtemps concentrée dans les communes rurales et les villes moyennes, la fermeture des commerces gagne désormais les grandes métropoles. En cause : la concurrence du commerce en ligne, la montée en puissance des sociétés foncières privées qui possèdent une part croissante de boutiques, louées à prix d’or, mais aussi un demi-siècle de développement des zones commerciales en périphérie des villes.

Encadrer les loyers, une idée audacieuse

Pour stopper cette vague de rideaux baissés, la mission recommande la création par la loi des « zones prioritaires de commerce », définies en fonction d’un taux de vacance commerciale excessif et persistant. Dans ces secteurs, les maires pourraient expérimenter un encadrement des loyers commerciaux et réviser les valeurs locatives cadastrales de certains locaux, utilisées notamment pour le calcul de la taxe foncière. Les députés proposent aussi de revenir sur certains avantages fiscaux dont bénéficient les foncières privées.

Pour revitaliser les centres-villes, les députés proposent aussi d’instaurer un objectif « de zéro surface commerciale périphérique supplémentaire nette » , afin de freiner l’extension des zones commerciales situées en périphérie des villes. Autre levier pour développer les commerces de proximité : faciliter la reprise d’entreprise. D’autant que dans les 10 prochaines années, plus de 500 000 dirigeants d’entreprises françaises vont partir à la retraite, parmi lesquels de nombreux commerçants. « Il faut créer un guichet unique pour les repreneurs afin qu’ils puissent avoir accès à des aides et à un dispositif de mentorat », plaide le député Jean-Pierre Vigier (DR, Haute-Loire), l’autre corapporteur.

Pour épauler ceux qui veulent s’installer, les députés estiment qu’il faut aussi accélérer le déploiement des foncières publiques de redynamisation commerciale. « Ces dernières permettent notamment à des commerçants de bénéficier de loyers modérés », souligne notamment Jean-Pierre Vigier. Ces propositions pourraient trouver une traduction législative. « Le but est d’aboutir à une proposition de loi reprenant nos principales recommandations », explique Laurent Lhardit.

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