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En perdition dans ses bases historiques, le groupe djihadiste prospère, en revanche, en Afrique, où il n’a jamais été si puissant et si riche. Mais le lien idéologique entre ces filiales africaines et l’organisation fondée par Oussama Ben Laden est désormais ténu.

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Dans un village détruit par des membres des Chabab, un groupe djihadiste lié à Al-Qaida, à Awdheegle (Somalie), le 11 novembre 2025. Dans un village détruit par des membres des Chabab, un groupe djihadiste lié à Al-Qaida, à Awdheegle (Somalie), le 11 novembre 2025.

De son implantation au Levant, dans le Golfe ou en Afghanistan il ne reste plus rien, ou presque. Al-Qaida a perdu une à une ses bases historiques au cours de la décennie passée. Mais la nébuleuse fondée par Oussama Ben Laden (1957-2011) n’est pas morte pour autant. Loin de ses fiefs originels, elle s’est implantée et réinventée sur le continent africain, en particulier au Sahel et dans la Corne de l’Afrique.

L’organisation y compte aujourd’hui ses plus grosses filiales : le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), implanté au Mali, au Burkina Faso et au Niger, et qui s’étend sur plusieurs pays du golfe de Guinée ; le groupe Harakat Al-Chabab Al-Moudjahidin, couramment appelé « Chabab », en Somalie ; et, dans une moindre mesure, les djihadistes d’Ansaru au Nigeria. « Ce sont les filiales les plus puissantes d’Al-Qaida, celles qui ont la plus importante force de frappe, celles qui récoltent le plus de revenus », résume Stig Jarle Hansen, chercheur associé au Royal United Services Institute, basé à Londres.

Les franchises africaines de la nébuleuse djihadiste sont aussi les seules à contrôler et à administrer des territoires. Avec plusieurs milliers de combattants – entre 7 000 et 8 000, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur le sujet, publié en août –, le GSIM s’étend sur de vastes zones du Mali, où il encercle et menace désormais la capitale, Bamako, jusqu’au Burkina Faso voisin. Il y applique la charia (loi islamique) et s’y finance, grâce à la zakat, des impôts qu’il prélève à la population, et à différents trafics : orpaillage artisanal, vente de bétail, ou encore otages libérés contre d’importantes rançons.

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