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Du mime, pour les petits et les grands

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Le mime est à l’honneur cette année pour le 17e Montréal complètement cirque, du . Ce n’est pas un, mais bien deux spectacles que Trygve Wakenshaw, un des mimes internationaux les plus importants de sa génération, présente : Silly Little Things pour les grands et Drôle de monstre ! pour les petits.

« J’ai remarqué que, quand je bougeais mon corps, le public riait, alors qu’il arrêtait quand j’essayais de faire des blagues », raconte Trygve Wakenshaw lorsqu’il raconte ses débuts. En effet, après ses études, il ne sait pas quelle carrière choisir. Il travaille dans des bars, mais s’essaie en parallèle dans les arts : stand-up, spectacles de théâtre burlesque avec son meilleur ami, Barnie Duncan, rôles à la télévision, etc.

En 2008, il part à Paris étudier à l’École Philippe Gaulier, célèbre école internationale de théâtre et de clown. « Après, je ne savais pas vraiment qui j’étais », ajoute-t-il. Il décide alors de créer son premier spectacle solo. « Au fur et à mesure, ça a commencé à bien marcher et j’ai compris que j’étais plus drôle avec mon corps qu’avec les mots. » Pour créer, Trygve Wakenshaw improvise devant un public, répète des idées et observe ce qui marche ou non. À partir de son deuxième solo, Kraken, en 2014, il décide de ne plus utiliser la parole. « C’est à partir de là qu’on a dit que j’étais mime », explique-t-il.

Bien que cela fasse maintenant plus de 10 ans, l’artiste n’assume pas encore totalement l’appellation de mime. « On pense souvent à Marcel Marceau, à la face blanche, à l’imitation d’une boîte quand on pense à un mime. C’est un peu kitsch, à l’ancienne, souligne-t-il. Personnellement, je m’identifie davantage à des personnages comme Mr Bean ou Michel Courtemanche, qui sont plus modernes dans leur démarche, et plus fous ! » En effet, ce que Trygve Wakenshaw apprécie avant tout dans l’art du mime, c’est faire rire les gens. « Recevoir des rires du public, c’est une expérience incroyable », confie-t-il.

En plus d’acteurs ou d’autres mimes, M. Wakenshaw puise son inspiration dans des films, des séries, de la musique, ainsi que dans son quotidien. « Je regarde autour de moi, les gens notamment, et je les imite. Je l’ai toujours fait. Petit, je jouais avec mes marionnettes, j’imaginais des choses autour de nous et j’interagissais avec elles. J’ai toujours été bon à ça », dit-il.

Depuis qu’il a déménagé à Prague, il y a quelques années, Trygve Wakenshaw accepte davantage l’appellation de mime. « À Prague, il y a une grande communauté d’artistes en tout genre, notamment en mime. Je m’intègre vraiment davantage à eux qu’avant », dit-il. Au cours de sa carrière, Trygve Wakenshaw se fait aussi parfois appeler clown. Là encore, il remet en question l’image qui vient avec le mot. « C’est parfois un peu inconfortable comme mot, ça sonne un peu faux pour moi, je ne me considère pas comme un clown », indique celui qui se considère comme un comédien physique.

Au fil des années, Trygve Wakenshaw a donc bâti sa carrière sur des solos humoristiques, et physiques, qu’il présente à travers le monde, dans des programmations de théâtre, de comédie ou encore de cirque, comme c’est le cas pour Montréal complètement cirque. « « J’adore que mon art puisse être utilisé dans plein de disciplines ! dit-il. Ce que j’aime dans le cirque contemporain, ce n’est pas juste le beau, il y a aussi une énergie, une folie que j’aime voir. En plus d’un physique très fort, on travaille beaucoup sur l’imagination et le rêve », ajoute-t-il.

Deux pour un

Ainsi, pour la 17e édition de Montréal complètement cirque, Trygve Wakenshaw présente non pas un, mais bien deux solos. Le premier, Silly Little Things, a été classé parmi les spectacles comiques les mieux notés du Festival Fringe d’Édimbourg 2024. « J’ai toujours créé des spectacles sortis tout droit de mon imagination. Celui-ci est plus personnel », raconte-t-il. Ainsi, il y explore les différentes relations que peuvent partager un magicien et son lapin. « C’est vraiment comme une fable, qui fait une analogie de la vie. C’est la première fois que je propose quelque chose qui ne crée pas juste des rires, mais diverses émotions », poursuit-il. Avec ce spectacle, l’artiste espère « remuer » l’auditoire. « C’est très satisfaisant de voir des larmes, de rires, et de pleurs », dit-il.

C’est aux côtés de la compagnie allemande TOBOSO qu’il a créé Drôle de monstre !, deuxième spectacle présenté à Montréal complètement cirque qui s’adresse, celui-ci, à un jeune public. « Ce sont eux qui ont eu l’idée de s’intéresser aux émotions des enfants : les cris, les pleurs, l’énervement. Toutes ces réactions, souvent intenses, représentent ce monstre en nous quand on est jeunes, et que les adultes répriment », souligne-t-il. Ainsi, avec cette œuvre, Trygve Wakenshaw questionne les jeunes sur leur relation avec ce monstre. « C’est très interactif comme spectacle : on demande aux enfants de lâcher leur fou, puis de se contrôler. C’est parfois difficile à gérer, mais c’est vraiment l’fun ! ».

Après ses performances montréalaises, Trygve Wakenshaw se rendra au Fringe de Winnipeg pour roder un tout nouveau solo.

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