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Alors que le monde souligne la Journée internationale des droits des femmes, la coordonnatrice du Centre féminin du Saguenay, Jeanne Palardy, croit qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour éradiquer la violence conjugale.
Pour Jeanne Palardy, le 8 mars est une journée douce-amère .
Douce, parce qu'on reconnaît les acquis qu'on a eus à travers les années. Amère, parce que c'est aussi une journée qu'on peut s'arrêter, puis constater où on est rendu et à quel point ce n'est pas encore tout gagné, a expliqué la jeune femme en entrevue à Radio-Canada.
Le Centre féminin du Saguenay est une maison d'hébergement pour les femmes et leurs enfants. En 2025, l’organisme a dû refuser 70 % des demandes. Cette donnée illustre que la sécurité est encore loin d’être gagnée pour les femmes, selon la coordonnatrice.
Juste en 2025, on a refusé la demande de 346 personnes et de 79 enfants. Donc ça, à chaque fois, ce sont des gens qui ont voulu s'enfuir de la violence, se reconstruire, et nous, on n'a pas été capable de répondre à la demande, a déploré Mme Palardy.
Elle ajoute que le manque de lits et de ressources dans les maisons d’hébergement pour femme explique ces refus.
Plus de sensibilisation
Pour Jeanne Palardy, il est certain que l’augmentation des demandes d’aide s’explique par une augmentation de la violence, mais aussi par une hausse de la sensibilisation.
Il y a de plus en plus de femmes qui ne vont pas attendre dans une situation, qui vont réaliser ce qu'elles vivent, puis qui vont essayer de demander de l'aide. Donc, c'est pour ça que la demande augmente, a-t-elle expliqué.
Jeanne Palardy était candidate à l’élection partielle dans Chicoutimi pour Québec solidaire. Elle souhaitait ainsi s’impliquer davantage au niveau politique pour réduire la violence faite aux femmes.
C'est beaucoup de frustration au quotidien, de ne pas pouvoir répondre à ces demandes-là, puis de voir aussi tous les autres obstacles que les femmes ont dans leur vie quand elles sont sorties d'une situation de violence. C'est un filet social, finalement, qu'on constate. On a une fenêtre ouverte sur toutes les failles de notre société, a souligné la coordonnatrice.
Dans un monde parfait, Jeanne Palardy voudrait que les services comme ceux du Centre féminin du Saguenay ne soient plus nécessaires.
Oui, ça ne me dérangerait pas de perdre ma job, quelque part, parce que ça voudrait dire qu'on a réussi à assurer la sécurité, qu'il n'y a pas de femmes qui doivent quitter leur maison parce qu'elles vivent de la violence. Donc, moi, de ne pas avoir de Centre féminin, je serais quelque part heureuse, parce que ça voudrait dire qu'on a atteint un niveau supérieur dans notre société.


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