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Deux cercueils entrent dans les mémoires scolaires pour une absurde querelle de portail. Au Lycée technique de Nsam, la matinée a viré au carnage quand trois camarades de classe, refoulés par la direction parce qu’ils arrivaient sur un engin à deux roues, ont croisé un camion fou sur la route du retour. Le choc a broyé leurs espoirs. On chasse des mômes pour une banale moto et ça finit à la morgue, c’est quand même inadmissible.
Une expulsion incompréhensible et un engrenage fatal
Selon le témoignage direct d’un élève interrogé par Vision 4, le proviseur a chassé ces adolescents de Terminale sans avertissement préalable, alors que le conducteur utilisait son engin depuis la rentrée pour faire face à un domicile très éloigné. Rejetés à la porte, les trois camarades grimpent sur la même selle avant qu’une mauvaise manœuvre face à un camion ne précipite leur chute sous les roues d’une voiture. Un gamin est mort sur le coup. Transporté d’urgence vers l’infirmerie scolaire alors qu’il convulsait sur un brancard improvisé, le deuxième a reçu un simple comprimé de paracétamol avant de rendre son dernier souffle sous les yeux médusés de ses camarades. Le troisième passager lutte toujours pour sa survie sur un lit d’hôpital avec de multiples fractures.
Le chiffre est de deux morts en dix minutes.
Mais la présence tardive du proviseur sur le macadam pour tenter de présenter des excuses aux familles n’a fait qu’embraser les esprits.
Émeute dans les salles et intervention policière
La douleur s’est aussitôt muée en furie collective. Des dizaines d’élèves ont escaladé les murs d’enceinte, saccagé les bureaux administratifs, pillé la cantine, dévalisé la salle informatique en emportant des ordinateurs, enfin ils cherchaient surtout à régler son compte au chef d’établissement qui s’était barricadé. Vers 10 heures, les policiers et les gendarmes sont intervenus. Ils ont dû expulser tout le monde manu militari sous les cris d’une foule encore massée devant la barrière. Difficile de ne pas y voir la conséquence directe d’une décision administrative prise sans aucun discernement. Rien ne confirme à ce stade l’ouverture d’une information judiciaire contre les responsables de cet établissement de Yaoundé.
Quel éducateur peut expulser des jeunes sur un axe routier périlleux sans anticiper le pire ?
Le calme est revenu sous la surveillance des forces de maintien de l’ordre, mais la rancœur reste vive devant les grilles du lycée. Les familles endeuillées attendent des sanctions disciplinaires rapides et des poursuites judiciaires exemplaires pour répondre de ce drame.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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