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Visage établi du PAF, la chanteuse coche une nouvelle case : membre du jury de « Drag Race France ». À l’occasion du lancement de la saison 4, « Le HuffPost » l’a interviewée.

© Jean RANOBRAC - Endemol - France Télévisions
Anggun rejoint « Drag Race France » pour sa quatrième saison.
L’Eurovision, Danse avec les stars, Mask Singer, Les Reines du Shopping, mais aussi The Voice (en Indonésie, d’où elle est originaire)… Anggun ajoute une nouvelle corde à son arc : jurée dans Drag Race France, dont la quatrième saison démarre, ce mercredi 8 juillet, sur France TV à raison d’un épisode par semaine.
Comme Shy’m lors de l’édition « All Stars » de la compétition de drag-queens l’an passé, la chanteuse de 52 ans, découverte par le grand public français à la fin des années 1990, s’apprête à juger les talents de dix nouvelles candidates, en compagnie de Nicky Doll et ses deux autres alliés, Daphné Bürki et Loïc Prigent. Le HuffPost l’a rencontrée en amont.
Le HuffPost : Êtes-vous parvenues à vous faire une place aux côtés de Nicky Doll et du reste du jury ?
Anggun : Oh oui. Ils sont très bienveillants, ils sont drôles. Pour nous les jurés, les enregistrements sont très courts, contrairement aux tournages dont j’ai l’habitude, qui vont du matin au soir. Ici, c’était toujours très festif, très joyeux. Et puis, c’est fort impressionnant de voir les queens. Je suis émerveillée. Leur hyperféminisation, c’est une manière de s’exprimer. Elles font un peu ce que nous, les femmes, n’osons pas dire ou n’osons pas porter.
L’an passé, la présence de Shy’m à votre place avait suscité des discussions au sein de la communauté LGBT +. Faut-il être queer pour être jurée dans une compétition de drag-queens, selon vous ?
Non, non, pas du tout. Je pense que c’est une émission dans laquelle on souligne la différence, où l’on parle d’inclusion. Si on ne veut pas qu’il y ait des hétéros ou des femmes cis, c’est bizarre. Ce serait contredire les valeurs du programme. On aime, on accepte. Et on ouvre grand les bras à tout le monde. Ça nous inclut nous aussi, les hétéros.
Vous avez depuis longtemps soutenu le Sidaction, puis le Mariage pour tous. Quel est votre lien à la communauté LGBT + ?
Pendant quelques années, j’ai écrit des essais pour une plateforme littéraire. L’un d’eux portait sur la communauté LGBT +, au moment de l’attentat à Orlando. J’écris à chaque fois que quelque chose me chagrine. Cette communauté suscite encore de la haine chez les gens. Pour beaucoup encore, quand on ne connaît pas, on déteste. Vis-à-vis de ça, j’ai zéro tolérance. Sans doute parce que j’ai toujours été entourée par les gays depuis que je suis petite. Je ne sais pas pourquoi, mais aujourd’hui encore, les gays représentent 98 % de mon entourage. Je n’ai que des amis gays.
Pour les fans, la saison a mal commencé en raison d’images promotionnelles que beaucoup soupçonnaient d’avoir été générées en partie par IA. Qu’est-ce que ça raconte de l’attente autour du show ?
J’adore quand la discussion est passionnante et passionnée, que le moindre truc fait parler. Ça montre que les gens sont impatients. S’il y a des réactions aussi fortes, c’est aussi que c’est important pour eux. C’est une émission importante, sinon ce serait juste un divertissement. Les téléspectateurs de Drag Race veulent toujours le meilleur. Il y a beaucoup de fierté. La communauté est tellement importante dans ce milieu. Elle est vivante. Et peut-être qu’elle est aussi la plus difficile à satisfaire. Donc si vous plaisez à la communauté queer, c’est bon.
Cette saison intervient dans un contexte tendu à l’égard du programme dont l’extrême droite remet la diffusion en question, comme en a témoigné l’une des préconisations du rapport de la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public. De quel œil voyez-vous ça ?
Je ne comprends pas. Le monde évolue. Il faut qu’on évolue avec. Ils parlent de quelque chose qu’ils ne connaissent pas. C’est dangereux de porter un jugement sur quelque chose qu’on ne connaît pas. Moi, je les invite à regarder l’émission. Je les mets au défi de ne pas rire. Mais peut-être que cet humour n’est pas pour tout le monde. Et au final, ça dérange qui ? Si vous n’aimez pas, éteignez. C’est tout. Moi je déteste les films d’horreur. Mais est-ce que je vais faire une campagne pour les arrêter ? Non.
Cette commission d’enquête a fait couler beaucoup d’encre. Qu’en était-il de l’intérieur, au moment du tournage ?
Vous savez, à partir du moment où l’on se concentre sur quelque chose de positif et les valeurs de partage qui nous unissent, ça nous paraît plus important que de parler de quelque chose qui nous désunit. Je ne me souviens pas de discussions pendant le tournage. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’était pas au courant. C’est juste qu’on a décidé de ne pas passer notre bile là-dessus.
À un an de l’ élection présidentielle et du risque toujours plus accru de voir l’extrême droite au pouvoir, cette saison revêt-elle une importance particulière ?
C’est assez étrange de parler de politique pour moi, mais cette émission est nécessaire, car sur le plan artistique il n’en existe pas d’autre comme elle. C’est nécessaire de proposer autre chose que les Français n’ont pas l’habitude de voir. C’est tellement riche en couleurs, en personnalités. Écoutez leur histoire et vous ne pourrez qu’être touchés. Et si vous l’êtes, ça vous donnera peut-être envie de faire quelque chose, d’être plus tolérant.
On est dans la célébration. On célèbre la différence. On est tous différents. Et heureusement. Il faut soigner ça. C’est beau qu’on ne soit pas tous en train de s’habiller pareil, de penser pareil. L’émission est nécessaire. Elle bouscule. Elle enlève le confort de la pensée unique.


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