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L'ŒIL DU HUFF US
Beatrice Keul a pris part à des auditions réalisées par des démocrates de la Chambre des représentants. Leur rapport pourrait nourrir une procédure de destitution.

ANGELA WEISS / AFP
Donald Trump, ici à l’Onu en septembre 2026, est accusé de viol par une ancien mannequin suisse.
Une ancienne candidate à un concours de beauté, qui avait déclaré avoir repoussé les avances sexuelles du président Donald Trump en 1993, affirme désormais que celui-ci l’a violée lors de cette rencontre, selon un rapport publié ce lundi 26 octobre par des élus démocrates de la Chambre des représentants.
Au cours d’une série d’entretiens avec des démocrates de la commission des affaires judiciaires, Beatrice Keul a déclaré que Donald Trump l’avait violée de manière « brutale » dans une chambre de l’un de ses hôtels, à Atlantic City. Les deux s’étaient auparavant retrouvés en compagnie de Jeffrey Epstein, qui comptait alors parmi les amis de l’actuel président des États-Unis.
De nationalité suisse, Beatrice Keul avait évoqué pour la première fois en 2024 des avances non désirées de Donald Trump. Elle avait alors déclaré au Daily Mail qu’il lui avait « sauté dessus » avant qu’elle ne parvienne à le convaincre d’arrêter. Elle était âgée de 24 ans.
Dans les auditions qui ont débouché sur le rapport, Beatrice Keul a expliqué avoir rencontré Donald Trump en novembre 1993, lors d’un concours de beauté. Selon elle, il lui aurait promis de faciliter l’obtention d’un visa et son admission à l’Université de New York (NYU). Elle a ensuite rencontré Jeffrey Epstein, qui s’est présenté comme « le meilleur ami de Don ». Plus tard, elle aurait été invitée dans une chambre à l’étage, où Donald Trump l’aurait agressée.
Des ressemblances avec d’autres accusatrices
« Selon les déclarations rapportées, Trump aurait saisi Keul par-derrière et l’aurait violée ; au cours de l’agression, il aurait déchiré sa robe et provoqué des saignements ainsi que des ecchymoses sur plusieurs parties de son corps, indique le rapport des démocrates. Keul a décrit le viol comme “brutal”. Après l’agression, selon son témoignage, Trump l’aurait assise au bord du lit, aurait renouvelé ses promesses de l’aider à obtenir un visa et à intégrer NYU, puis lui aurait fait promettre de garder le silence, en déclarant : “[L]e spectacle doit continuer.” »
Le rapport des démocrates ne reproduit pas les transcriptions des entretiens avec Beatrice Keul. Il n’explique pas non plus les raisons pour lesquelles celle-ci a modifié son récit.
Le document relève des similitudes entre les déclarations de Beatrice Keul et celles de plusieurs autres accusatrices, dont E. Jean Carroll, qui affirme avoir été agressée sexuellement par Donald Trump en 1995 ou 1996. En mai 2023, un jury a conclu que Donald Trump avait commis une agression sexuelle sur E. Jean Carroll. Le juge a estimé que l’accusation de viol formulée par celle-ci était « substantiellement vraie ».
Les démocrates estiment que ses déclarations concordent aussi avec d’autres témoignages sur le comportement que le président aurait adopté dans le cadre de son amitié avec celui qui fut l’un des pires prédateurs sexuels des États-Unis. « Un ensemble croissant d’éléments de preuve montre que Donald Trump a pris une part active aux abus sexuels commis par Jeffrey Epstein sur de jeunes femmes au milieu et dans la seconde moitié des années 1990 », indique le rapport.
Le document affirme que l’administration Trump a illégalement empêché la publication intégrale des dossiers du ministère de la Justice concernant Jeffrey Epstein, pour protéger le président. Epstein s’est suicidé en 2020, alors qu’il attendait d’être inculpé au niveau fédéral. Le Congrès avait ordonné, à l’automne dernier, que ces documents soient rendus publics.
L’affaire Epstein pourrait rattraper Trump après les midterms
« La complicité des autorités dans une opération de dissimulation visant à protéger des trafiquants et des violeurs constitue une entrave criminelle à la justice et une atteinte intolérable à une société libre, affirme le rapport. L’étendue exacte de l’implication du président des États-Unis dans un réseau criminel de trafic sexuel est, de manière inéluctable, une question de la plus haute importance pour le Congrès et le peuple américain. »
Ce rapport pourrait donc devenir une pièce centrale en cas de nouvelle procédure de destitution visant Donald Trump que les démocrates pourraient être tentés de lancer en cas de raz de marée aux midterms.
La Maison-Blanche a affirmé qu’aucune des accusations figurant dans le rapport n’était fondée. « Ce “rapport” n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée de démocrates en plein délire pour détourner l’attention des Américains de la dynamique républicaine grandissante, portée par les réalisations historiques du président Trump, a déclaré par courriel Lauren Bis, porte-parole de la Maison-Blanche. Le président a expulsé Jeffrey Epstein de son club de Mar-a-Lago parce que c’était un individu répugnant, et il a été entièrement blanchi de toute implication dans les affaires liées à Epstein. »
Outre les accusations visant Donald Trump, le rapport des démocrates affirme que le ministre de la justice, Todd Blanche, ancien avocat du président, « pourrait avoir commis une entrave criminelle à la justice dans le cadre d’une mission visant à protéger Trump ». Les élus citent notamment l’entretien inhabituel qu’il a mené l’an dernier en prison avec Ghislaine Maxwell, complice de Jeffrey Epstein, peu avant le transfert de celle-ci dans un autre établissement pénitentiaire.
« Les femmes qui ont survécu aux agissements d’Epstein méritent d’être entendues, le Congrès doit disposer de l’intégralité des dossiers dont la loi exige la publication, et un procureur spécial indépendant doit enquêter sur les complices d’Epstein ainsi que sur l’opération de dissimulation menée par le ministère de la Justice, et veiller à ce que les procureurs des États américains et étrangers disposent des preuves nécessaires pour faire avancer la justice », a déclaré Jamie Raskin, l’auteur du rapport, dans un communiqué.
Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en octobre 2026 sur le HuffPost US. L’article original est à lire ici.


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