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L'ŒIL DU HUFF US
Les médecins du président des États-Unis n’ont rien laissé filtrer sur ses capacités cognitives. Il faut se contenter d’un message de Trump lui-même.
Un troisième examen « annuel » en 13 mois mais toujours pas de réponse. Les Américains qui espéraient en savoir plus sur les déclarations et publications de plus en plus étranges de Donald Trump sur les réseaux sociaux risquent d’être déçus. Ni le président ni son entourage ne sont légalement obligés de révéler les observations concernant sa santé mentale qui pourraient avoir été faites par l’équipe de médecins l’ayant examiné ce mardi 26 mai.
Mais Bandy Lee, psychiatre et ancienne professeure à la faculté de médecine de Yale estime que ces médecins avaient une responsabilité éthique envers le peuple américain. « Bien sûr, le médecin de la Maison-Blanche a un devoir, et nous aussi. Le public est lésé et mis en danger au plus haut point », a déclaré celle qui a dirigé en 2017 l’ouvrage The Dangerous Case of Donald Trump, l’un des premiers avertissements émis par des professionnels de la santé mentale concernant le comportement de Trump.
« L’incohérence est préoccupante, potentiellement dangereuse, a déclaré Allen Dyer, psychiatre retraité et ancien professeur à l’université George Washington, qui recommande une batterie complète de tests. L’évaluation devrait inclure un examen complet de l’état mental ainsi que des examens d’imagerie, des analyses de laboratoire, y compris des recherches d’amyloïdes pouvant indiquer la maladie d’Alzheimer, dont son père aurait souffert, ainsi qu’une série de tests cognitifs. »
Des médecins lancent un appel à ceux de la Maison Blanche
Allen Dyer a contribué, en 1973, à élaborer la fameuse « règle Goldwater », qui, selon lui, a été mal interprétée comme signifiant que les professionnels de la santé mentale ne devraient jamais donner leur analyse de personnalités politiques. Bandy Lee et 19 autres médecins et professionnels de la santé mentale ont écrit au médecin de la Maison-Blanche pour lui dire que « le jugement, la prise de décision et le rapport à la réalité de Trump sont dangereusement altérés » et l’ont appelé à agir, estimant que Trump représente un danger pour lui-même et pour les autres.
La Maison-Blanche a déclaré qu’elle fournirait des informations dans les prochains jours concernant sa visite à Walter Reed, mais n’a pas répondu aux questions du HuffPost sur sa santé mentale. Trump lui-même a publié mardi après-midi sur les réseaux sociaux : « Tout s’est déroulé PARFAITEMENT. »
Depuis son entrée en politique il y a 11 ans, Trump s’exprime et écrit dans un style excessif et outrancier. Ces dernières années, et particulièrement ces derniers mois, sa tendance à divaguer et à répondre aux questions par des propos sans lien apparent semble s’être aggravée, tandis que ses publications sur les réseaux sociaux paraissent de plus en plus déroutantes.
Il a menacé l’Iran d’un génocide anéantissant toute civilisation et a laissé entendre qu’il pourrait utiliser des armes nucléaires, alors que la guerre qu’il a commencée le 28 février se poursuit, même si Trump tente d’en déclarer la victoire et de passer à autre chose. Tôt mardi, il a publié une image générée par IA le montrant tenant une longue arme à feu et se tenant au-dessus d’un rhinocéros mort, accompagnée du message « NO RINOS ! » — une référence à l’acronyme « Republicans in name only », qui désigne, selon lui, les républicains insuffisamment loyaux à son égard.
L’ancien médecin de Trump est devenu un partisan
Alors que les anciens présidents et candidats à la présidence faisaient généralement tout leur possible pour prouver qu’ils étaient en assez bonne santé pour exercer leurs fonctions — le défunt John McCain avait publié plus d’un millier de pages de dossiers médicaux lors de sa campagne de 2008 — Trump a adopté l’approche inverse, ne révélant pratiquement rien.
Lorsqu’il s’est présenté pour la première fois en 2016, Trump n’a publié aucun dossier médical mais a diffusé une lettre d’une seule page signée par son médecin personnel, qui semblait avoir été rédigée par Trump lui-même. « Si M. Trump est élu, je peux affirmer sans équivoque qu’il sera l’individu le plus en bonne santé jamais élu à la présidence », écrivait Harold Bornstein.
Durant son premier mandat, le médecin de la Maison-Blanche, Ronny Jackson, est devenu un fervent partisan de Trump — « S’il avait eu une alimentation plus saine ces 20 dernières années, il pourrait vivre jusqu’à 200 ans », avait-il déclaré aux journalistes en 2018 — avant de se présenter puis de remporter un siège à la Chambre des représentants du Texas avec le soutien de Trump.
Au cours de ce mandat actuel, la Maison-Blanche a esquivé les questions concernant sa santé et fourni parfois des explications absurdes. Les importantes ecchymoses sur sa main droite, par exemple, ont été attribuées au fait qu’il serre énormément de mains, alors qu’elles se trouvaient sur le dessus de la main, une zone qui n’est normalement pas touchée lors d’une poignée de main. Finalement, des ecchymoses sont également apparues sur sa main gauche.
Quand Trump se vante d’un résultat sur un test cognitif
Même si les médecins et collaborateurs de la Maison-Blanche ne révéleront presque certainement aucune information sur un éventuel examen de son état mental, il est possible que Trump lui-même le fasse, comme lorsqu’il avait révélé que ses médecins lui avaient fait passer un test de dépistage de la démence.
Le simple test de 30 questions appelé Montreal Cognitive Assessment (MoCA) est conçu pour fournir aux médecins des signes précoces d’une diminution des capacités mentales. Trump, au contraire, affirme depuis plusieurs années que ce test prouve son génie. « Je l’ai passé et je l’ai réussi brillamment les trois fois, je peux vous le dire, parce que c’est quelque chose de positif », s’est-il encore vanté récemment.
Allen Dyer estime, au contraire, que les affirmations de Trump au sujet de ce test constituent une preuve supplémentaire de ses problèmes. « Le fait qu’il se vante d’avoir “brillamment réussi” le test de dépistage de Montréal, notamment en étant capable de distinguer deux animaux, évoque davantage un mauvais jugement qu’une véritable vivacité cognitive », a-t-il déclaré.
Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en mai 2026 sur le HuffPost US. L’article original est à lire ici.


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