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Entre les années 1960 et 1980, Brigitte Bardot a fait plus de chansons que de films. Une quinzaine de disques et près de 80 chansons. Une discographie qui accroche sa voix joyeuse à nombre de morceaux d’anthologie, qui portent l’écho de sa liberté.
Nathalie Chifflet - Aujourd'hui à 16:28 | mis à jour aujourd'hui à 16:30 - Temps de lecture :
« Je me donne à qui me plaît. Ça n’est jamais le même, mais quoi ? » Il fallait s’appeler Brigitte Bardot, insoumise, indomptée, pour oser chanter l’amour libre, sans entraves ni faussetés, dans la France corsetée des années soixante, encore sous le regard sévère du général de Gaulle. Car BB, décédée à l'âge de 91 ans, chantait comme elle est : en liberté. Tour à tour espiègle, effrontée, sensuelle, rieuse.
Je me donne à qui me plaît (1963) avait un air de famille avec sa première apparition en 45-tours, Sidonie , enregistrée en 1961. Une chanson sensuelle et décontractée, de liberté sexuelle aussi, voix de séductrice assumée : « Sidonie a plus d’un amant. C’est une chose bien connue. Qu’elle avoue, elle, fièrement ». Elle est extraite du film Vie privée (1962) de Louis Malle. On la découvre assise sur un lit, guitare entre les mains, voix mutine à la traîne, moue boudeuse, comme si elle jouait à n’être qu’une gamine capricieuse.
Déjà, elle transforme un simple poème en un petit sortilège : un triolet fantaisiste de Charles Cros, écrit à la fin du XIXe siècle, mué en chanson grâce à Jean Max Rivière et Yannis Spanos. Bardot, star de cinéma, sex-symbol et phénomène international depuis Et Dieu… créa la femme, devient aussi chanteuse — et c’est un succès immédiat.
Dans les années 1950, en marge du tournage en Espagne des Bijoutiers du Clair de Lune (1958) de Roger Vadim, Bardot s’est initiée à la guitare avec des musiciens gitans. Photo Sipa/Dalmas
Le tournant Gainsbourg…
Ce n’est que le début de sa gloire musicale. Jean Max Rivière, avec Gérard Bourgeois, lui compose sur-mesure La Madrague (1963), ballade yéyé mâtinée de bossa-nova. Déjà Saint-Tropez, son refuge, se dessine : « sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés ». Bardot y chante, nonchalante, les vacances rangées dans les valises, l’automne qui s’avance, la pluie qui efface l’été, et l’attente d’un nouveau soleil. Hymne absolu, la chanson envoie une carte postale, immortelle ritournelle des étés d’antan.
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Puis vient sa rencontre avec Serge Gainsbourg. Le premier titre qu’il a écrit vraiment pour elle, en 1962, L’Appareil à sous, n’est qu’un twist gracieux de l’époque, rien de plus. Il passe inaperçu. Mais après Viva Maria ! (1965) de Louis Malle, film où elle partage l’écran avec Jeanne Moreau et où toutes deux entonnent “Ah ! Les P’tites Femmes de Paris”, les disques tournent autrement.
Vont venir les tubes nés de sa collaboration avec le musicien chanteur, inspiré, car il est l’une de ses plus folles histoires d’amour : leurs duos Bonnie and Clyde et Comic Strip sont instantanément des hits. Tout comme Harley Davidson, avec son ton frondeur pétaradant, BB cheveux au vent, qui n’a besoin de personne, ou encore Contact, fantaisie de science-fiction. C’est la fin des années 60 et le Brigitte Bardot Show est au sommet.
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1982, fin de carrière musicale
La passion amoureuse qui la lie à Gainsbourg inspire puis expire : il esquisse pour elle une première version du sulfureux Je t’aime… moi non plus , souffle de désir et d’interdits, plein des onomatopées orgasmiques de l’actrice chanteuse. Leur liaison, un jour scellée par un pacte de sang, s’achève sur une chanson hommage, Initials B.B. (1968), où le compositeur grave son adieu dans la mémoire musicale.
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La suite s’égrène en éclats plus discrets : en 1970, Tu veux ou tu veux pas, adaptation amusante d’un air brésilien, puis Nue au soleil, hymne radieux. Les films sont l’occasion encore de synchroniser des duos qui lui vont bien avec ses partenaires de cinéma : Annie Girardot pour la bande originale de Les Novices (Chacun son homme, 1970) ; Guy Marchand pour celle de Boulevard du rhum (Plaisir d’amour, 1971). En 1973 l’année de ses adieux au cinéma, elle offre avec Sacha Distel un duo tendre, Le Soleil de ma vie, reprise française de Stevie Wonder. Enfin, en 1982, elle enregistre son ultime chanson, Toutes les bêtes sont à aimer. Cette fois, ce n’est plus l’icône éblouissante qui chante, mais la Bardot déjà tournée vers son grand combat : les animaux.
Pour rendre hommage à Madame Brigitte BARDOT, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir en sa mémoire sur le site Libra Memoria.
A ce jour, 122 hommages ont été publiés.


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