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L’école secondaire Bishop Caroll, à Calgary, a interdit à une de ses élèves de réciter un texte de Sarah Tsiang dénonçant le harcèlement sexuel en ligne, à un concours de poésie.
Le poème est jugé trop cru par la direction de l’école, alors que, selon Joséphine Trigg, élève de 12e année, les mots du poème Dick Pics ne sont pas utilisés à des fins vulgaires, mais pour dénoncer une situation.
Si vous censurez les mots [vous censurez le message]. Vous ne pouvez pas détacher le message des mots du poème, explique Joséphine Trigg.

Joséphine Trigg, 17 ans, choisit des textes féministes quand elle participe au concours Les voix de la poésie.
Photo : Fournie par Isabelle Larose
Cette dernière, qui participe au concours Les voix de la poésie depuis trois ans, raconte que c’est la première fois qu’un de ses textes inquiète l’école.
Les arguments, ils changent peu à peu à chaque fois que je leur parle. La première fois, c’était que le langage, il était anticatholique. Après, ils m’ont dit qu’ils ne voulaient pas que le langage représente l’école. Puis, maintenant, ils m’apportent l’argument qu’ils veulent protéger les enfants qui pourraient être dans l’audience quand je fais ma récitation, rapporte-t-elle, du haut de ses 17 ans.
Le poème de Sarah Tsiang traite des photos de sexe non sollicitées. On peut y lire les mots pénis et vagin.
J’ai trouvé très ironique qu’une école censure une jeune femme qui parlait de harcèlement sexuel en ligne. Ils enseignent, dans cette école, Roméo et Juliette. Une pièce de théâtre dans laquelle deux personnages masculins plaisantent à l'idée d’agresser sexuellement de jeunes femmes et de les tuer, mais un poème qui parle de l’appareil génital des hommes est censuré, dit Sarah Tsiang, qui est aussi membre du conseil d’administration des Voix de la poésie.
Qui protègent-ils? Est-ce qu’ils protègent les élèves et leur droit d’expression ou se protègent-ils eux-mêmes contre des parents qui auraient des questions?
La mère de Joséphine Trigg estime pour sa part que l’école n’a pas bien communiqué avec elles. Plusieurs courriels sont restés sans réponse.

Isabelle Rose estime que les mots inappropriés ne devraient pas empêcher sa récitation au concours Les voix de la poésie.
Photo : Radio-Canada / Zazak Bouarab
Selon moi, c’est en lien direct avec le climat politique que l’on connaît en Alberta et au sud de la frontière aussi, croit-elle.
Cependant, elle est très fière de sa fille et se réjouit que celle-ci se soit tenue debout à son âge.
Il a fallu qu’elle défende son point de vue à 17 ans, aller s’asseoir avec des adultes qui veulent procéder à la censure du message que tu as passé quelques semaines, et même plus d'un mois à pratiquer, c’est très intimidant à 17 ans, donc elle a été très très brave.
Il faut être en mesure d'aller au-delà des mots inappropriés.
Dans un courriel, le Conseil scolaire catholique de Calgary affirme avoir la responsabilité de veiller à ce que le langage utilisé en milieu scolaire reflète les valeurs de notre communauté d’apprentissage confessionnelle et soit adapté à l’âge des élèves.
Avec des informations de Fuat Seker, l'émission La croisée et l'émission All in a Day


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