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Deux Belges pris dans le séisme qui frappe le monde du golf : "Les joueurs ne peuvent pas trop en parler"

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"Les joueurs ne peuvent pas trop en parler. Sont-ils seulement au courant de la situation ?" Notre consultant Michel Vanmeerbeek s'interroge sur l'avenir du LIV Golf. Le dernier tournoi de la saison, qui devait se tenir le week-end dernier dans le Michigan, a été annulé. Un rapport du Financial Times assombrit encore un peu plus l'horizon de ce circuit dissident créé en 2021. Le quotidien économique britannique estime que le LIV, soutenu par le Fonds public d'investissement d'Arabie saoudite (PIF), pourrait se déclarer en faillite dès le 7 septembre.

Selon ce rapport, des transactions financières à l'amiable ont été proposées aux joueurs sous contrat. Attirés par les pétrodollars saoudiens, ces derniers se retrouvent désormais pris au piège. Trois options s'offrent à eux : accepter une fraction des sommes promises tout en restant fidèles au LIV Golf, quitter le navire, ou attaquer le circuit en justice pour exiger l'exécution intégrale de leurs contrats. Dans ce dernier scénario, ils risquent toutefois de se retrouver relégués en queue de peloton sur la liste des créanciers.

Le PDG Scott O'Neill a tenté un ultime sursaut en présentant un nouvel investisseur potentiel, BC Partners. Les négociations piétinent cependant, car les golfeurs cherchent activement des issues de secours alors que les primes et les salaires peinent à être versés. Injecter des capitaux dans un navire en perdition n'a aucun sens économique pour le fonds d'investissement, d'autant que BC Partners refuse de reprendre l'intégralité du passif accumulé.

Voici pourquoi Thomas Pieters ne partira pas à la retraite même si le LIV arrête

"La fin est proche, confirme Michel Vanmeerbeek. Cherchent-ils un repreneur ou un partenaire ? Ils ont placé la barre tellement haut en matière de rémunérations que ces contrats sont impossibles à honorer pour un nouvel investisseur. Pour continuer, les joueurs devraient accepter de diviser leurs prétentions salariales par deux, trois ou quatre. Je n'y crois pas du tout."

Dans ce contexte délétère, le circuit qui ambitionnait de détrôner le prestigieux PGA Tour envisage la faillite. Une option qui lui permettrait de redémarrer de zéro, avec de nouveaux actionnaires et une formule simplifiée, donc nettement moins onéreuse. Pourquoi les meilleurs joueurs du monde quitteraient-ils le PGA Tour pour un circuit désormais perçu comme de seconde zone ?

Un putsch manqué malgré des milliards investis

À l'origine, l'Arabie saoudite avait lancé le LIV pour briser le monopole historique du PGA Tour en proposant un modèle plus lucratif et moderne. L'objectif était d'attirer les stars mondiales grâce à des primes de signature astronomiques et des dotations records, tout en séduisant un public plus jeune. Le format avait été entièrement réinventé : des tournois courts sur trois jours (54 trous), aucun cut pour garantir des gains à chaque participant, des départs simultanés en 'shotgun' et l'introduction d'un classement par équipes.

"L'idée avait déjà germé dans les années 1980 à l'initiative de la légende Greg Norman", rappelle Michel Vanmeerbeek. Il avait imaginé un World Tour en dix étapes réservé à l'élite. Le PGA Tour avait réagi très vivement, étouffant le projet dans l'œuf. Les Saoudiens ont repris le concept en profitant d'un circuit américain alors affaibli financièrement. Les dirigeants du LIV pensaient attirer facilement les plus grands noms de la planète, à commencer par Tiger Woods, Rory McIlroy et Scottie Scheffler."

Phil Mickelson, qui a été l'un des premiers grands joueurs à rejoindre le circuit saoudien, a joué sur le LIV Golf dès juin 2022.Phil Mickelson, qui a été l'un des premiers grands joueurs à rejoindre le circuit saoudien, a joué sur le LIV Golf dès juin 2022. ©Belga

La création de cette ligue alternative aura au moins eu le mérite de secouer le PGA Tour, qui a immédiatement répliqué pour endiguer la fuite de ses vedettes. L'instance américaine a notamment instauré les Signature Events, des tournois exclusifs dotés de 20 millions de dollars. "Ils ont aussi resserré l'élite de leur circuit, passant de 125 à 100 cartes de joueurs prioritaires", ajoute notre consultant.

En 2024, le circuit américain a franchi une étape historique en créant sa filiale commerciale, PGA Tour Enterprises. Le Strategic Sports Group (SSG), un consortium de milliardaires américains, y a injecté entre 1,5 et 3 milliards de dollars en échange de 11,6 % des parts. Si le contrôle décisionnel reste aux mains de l'organisation historique, ce deal a permis de distribuer 1,5 milliard de dollars d'actions à près de 200 joueurs. Devenus copropriétaires de leur outil de travail, les professionnels ont consolidé leur pouvoir face à la concurrence.

Face à cette riposte, le bilan du LIV s'avère plus que mitigé. Certes, le circuit saoudien a réussi à arracher quelques têtes d'affiche au prix fort. L'Espagnol Jon Rahm a négocié un chèque estimé à 300 millions de dollars, devançant l'icône américaine Phil Mickelson, payée environ 200 millions dès le lancement. D'autres champions majeurs ont succombé à ces primes de bienvenue : Brooks Koepka (130 millions), Dustin Johnson (125 millions) et Bryson DeChambeau (125 millions). Côté belge, Thomas Pieters a convaincu son compatriote Thomas Detry de rejoindre l'aventure en janvier 2026.

"Mais le LIV a sous-estimé le poids des traditions dans le golf, analyse Michel Vanmeerbeek. Leur format prétendument révolutionnaire n'a pas séduit le public. Pour preuve, ils n'ont jamais trouvé de grand diffuseur pour une retransmission télévisée d'envergure. De plus, certains joueurs phares comme Scheffler et McIlroy ont prouvé qu'ils n'étaient pas à vendre."

Quel avenir pour le contingent belge ?

En ce mois de septembre, un véritable séisme sportif se prépare. Cinquante-sept joueurs risquent de se retrouver sur le carreau. Si certains opteront probablement pour la retraite, les autres tenteront de se recaser sur le PGA Tour ou le DP World Tour.

 Thomas Pieters of 4Aces GC looks on from the second tee during day four of LIV Golf Indianapolis at The Club at Chatham Hills on August 23, 2026 in Westfield, Indiana.   Justin Casterline/Getty Images/AFP (Photo by Justin Casterline / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)Thomas Pieters ©2026 Getty Images

"En 2027, ce circuit aura disparu, tranche notre consultant. Évidemment, le PGA Tour ne pourra pas réintégrer tout le monde. Pour le moment, les responsables du circuit américain se refusent à tout commentaire officiel."

Il y a un an, les médias s'étaient enflammés lors du retour temporaire de Brooks Koepka sur le sol américain. Le quintuple vainqueur de Majeur avait été le premier à ouvrir la brèche début 2026 grâce à un programme spécial de réintégration. Il avait rapidement été imité par Patrick Reed, Kevin Na, Pat Perez et Hudson Swafford. Les conditions de réadmission fixées par le PGA Tour s'étaient avérées particulièrement sévères : Koepka avait dû verser 5 millions de dollars à des œuvres de charité, renoncer à ses actions de fidélité pendant cinq ans et s'asseoir sur les bonus financiers de la FedEx Cup. Pour les autres dissidents, des suspensions fermes allant jusqu'à cinq ans ont été appliquées, interdisant tout retour avant le 1er janvier 2027. Depuis, la direction du PGA Tour a officiellement scellé cette passerelle. Désormais, les dossiers seront étudiés au cas par cas, sachant que les joueurs ne reviennent pas de leur propre initiative mais par nécessité.

Grâce à sa victoire à Phoenix en février 2025, Thomas Detry bénéficie théoriquement d'une exemption de deux saisons sur le PGA Tour. Reste à savoir quelle sera la politique d'accueil de l'institution américaine à son égard.

 Thomas Detry of 4Aces GC follows his shot from the 12th tee during day one of LIV Golf Indianapolis at The Club at Chatham Hills on August 20, 2026 in Westfield, Indiana.   Justin Casterline/Getty Images/AFP (Photo by Justin Casterline / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)Thomas Detry ©2026 Getty Images

"S'il veut remonter au classement, il devra s'illustrer sur le DP World Tour, observe Michel Vanmeerbeek. Il devra signer de grosses performances à l'Omega European Masters en Suisse, puis en France, et surtout au BMW PGA Championship à Wentworth, du 17 au 20 septembre. Il y affrontera un plateau relevé comprenant Jon Rahm, Rory McIlroy, Tommy Fleetwood, Shane Lowry, Justin Rose ou encore Matt Fitzpatrick. Actuellement 115e de la Race to Dubai, Detry doit impérativement intégrer le top 70 pour se qualifier pour les play-offs, et viser le top 50 pour décrocher son ticket pour le DP World Tour Championship en novembre."

Pour son ami Thomas Pieters, l'équation s'annonce beaucoup plus complexe. L'Anversois évolue sur le LIV Golf depuis février 2023. "Tout dépendra de sa motivation, confie notre expert. J'ai l'impression qu'il pourrait tout arrêter. Pour retrouver le circuit européen, il devra repasser par les éprouvantes cartes de Qualifications School. Il lui faudra un mental d'acier pour s'en sortir."

Et Michel Vanmeerbeek de conclure : "Le LIV restera dans l'histoire du sport comme une tentative de putsch manquée."

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