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Manque de prévisibilité, difficulté à recruter et baisse des taux de rémunération : les sylviculteurs du Québec dénoncent un système qui fragilise leur métier et accusent le gouvernement de les avoir laissés pour compte.
Peu connu du grand public, le métier de sylviculteur est pourtant au cœur de la gestion des forêts. Ces travailleurs plantent, entretiennent et débroussaillent les forêts afin d’assurer une croissance saine et durable des arbres.
Mais selon le Syndicat national de la sylviculture (SNS-CSN), le secteur traverse une crise.
Les sylviculteurs sont payés à contrat, en fonction du travail accompli. Or, le gouvernement a récemment modifié sa façon de fixer les taux.
Auparavant, ceux-ci reposaient sur des enquêtes de coûts réalisées auprès des entreprises. Depuis peu, ils sont plutôt établis à partir des prix soumis lors des appels d’offres.
Les taux sont à la baisse. Il est difficile pour des organisations comme la nôtre de s’en sortir, affirme Simon Pronovost, directeur d’une coopérative forestière, la Société d’Exploitation des Ressources de la Vallée (SERV), à Lac-au-Saumon.
Selon le syndicat, le système favorise les plus bas soumissionnaires, souvent au détriment des conditions de travail. Les coopératives qui offrent de meilleures conditions peinent à décrocher des contrats et voient leurs revenus diminuer, soutiennent des travailleurs.
À cela s’ajoute l’inflation, selon Simon Pronovost. Carburant, équipement et frais d’exploitation ont fortement augmenté, sans que les tarifs suivent.
Ça nous coûte plus cher d’aller travailler, mais le taux de l’arbre ou du dégagement de plantation ou le taux à l’hectare baisse.
Et la relève?
Le secteur fait aussi face à un problème majeur de recrutement. Le Syndicat national de la sylviculture (SNS-CSN) indique dans un communiqué que le nombre de ses membres a chuté d’environ 80 % en dix ans.
L’imprévisibilité du travail est une des causes de cette diminution. Je ne sais pas combien de semaines je vais travailler ni combien d’arbres je vais planter, déplore le président du syndicat, Serge Desrosiers.
Dans ces conditions, difficile pour les jeunes de s’engager dans un métier exigeant physiquement et payé à la pièce.
Un projet pilote visant à soutenir la relève, notamment en offrant une rémunération horaire aux nouveaux travailleurs, a pris fin en 2026. Ça nous a aidés à garder des travailleurs plus longtemps et à attirer quelques recrues, souligne Simon Pronovost. Sans ce programme, plusieurs travailleurs estiment être laissés à eux-mêmes.
Après 40 ans dans le métier, Michel Arsenault s’inquiète pour l’avenir. J’aime ça, mais à recommencer, je ne sais pas si je le ferais, confie-t-il, évoquant notamment l’absence de fonds de pension.
Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts n’avait pas répondu aux questions de Radio-Canada au moment d'écrire ces lignes.
Avec les informations d'Étienne Perreault


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