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Chênes géants, graminées et fougères à gogo: aux alentours de Tchernobyl, la nature a repris ses droits. Lors d'une expédition menée dans les cimetières de la région, des botanistes ont recensé plus de 400 espèces différentes de plantes sauvages poussant entre les tombes. Les chênes et les pins y sont plus denses que la quasi-totalité des arbres des bois voisins.
Dans la réserve de biosphère d'Askania-Nova, Ivan Moysiyenko et Nadiia Skobel ont passé au crible les végétaux des cimetières de vingt-quatre villages qui avaient dû être évacués lors de la catastrophe nucléaire survenue en 1986. Et leurs résultats sont surprenants. Dans un article, Ecoticias revient sur ces travaux.
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Quarante ans après, plusieurs espèces de plantes rares ont été observées dans la région par les scientifiques. Parmi elles, on retrouve la Jurinea cyanoides, une plante à fleurs aux pétales violettes, qui s'est retrouvée à pousser aux abords des tombes de différents cimetières. Cette espèce figure sur la liste des espèces strictement protégées par la Convention de Berne, le principal traité européen relatif à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel.
Des chênes gigantesques
D'autres curiosités, comme de gigantesques chênes, ont été observées sur les différents sites. Aucun lien avec la radioactivité n'a toutefois pu être établi. Ainsi, le tronc du plus grand chêne vivant mesurait 4,46 mètres de circonférence (soit environ 1,4 mètre de diamètre), tandis que celui du plus grand chêne mort atteignait les 5,10 mètres.
Selon les botanistes, ce record est lié à des raisons culturelles: si les arbres anciens «ont pratiquement disparu des forêts environnantes», ils ont pu subsister dans les cimetières «grâce à leur caractère sacré», expliquent-ils. Depuis des générations, les villageois protégeaient les arbres des cimetières, comme les chênes ou les pins, tout en coupant les arbres des bois aux alentours.
L'évacuation de 1986 a figé les cimetières dans l'état où les villageois les avaient laissés. «D'ordinaire, les cimetières "meurent" progressivement et sur une longue période», indique la réserve. Ici, les villages se sont vidés en 1986, ce qui en fait, pour les botanistes, un lieu rare où observer l'évolution de la végétation après le départ des habitants.
Le rapport ne fait toutefois pas mention de mesures de radioactivité, ce qui ne permet pas de déterminer si la contamination a pu nuire à ces plantes, leur a été bénéfique, ou a eu un impact négligeable sur elles. Une nouvelle expédition est cependant prévue au printemps, qui devrait permettre de recenser de nouveaux types de plantes qui n'avaient pas fleuri lors du premier passage.





























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