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Des membres de Suncor venus présenter le projet de traitement par nanofiltration que l’entreprise compte mettre en place sont partis plus tôt que prévu de Fort Chipewyan, en Alberta. Ce départ hâtif est survenu après que des résidents de la communauté ont manifesté pour montrer leur opposition au déversement d'eaux de résidus miniers dans la rivière Athabasca.
Nous sommes des cobayes, dénonce Jennell Vermillion, qui vit dans ce hameau de 600 habitants, dans le nord de l’Alberta. C’est sur nous qu’ils vont tester tout ça.
Nous ne sommes qu’un groupe d’Autochtones perdus au milieu de nulle part, se désole-t-elle.
Des habitants de Fort Chipewyan font part de leurs inquiétudes concernant ce projet, car la rivière Athabasca se jette dans le delta Peace-Athabasca et dans le lac Athabasca, d’où la communauté tire son eau potable.
Ils s’inquiètent également du fait que la rivière traverse les terres où ils chassent, pêchent et cueillent des plantes sauvages.
C'est du racisme environnemental dans toute sa splendeur.
Robert Grandjambe, un autre résident, salue la mobilisation de ces habitants qui s'opposent au projet. Ils veulent déverser des eaux de résidus dans notre eau potable. C'est vraiment aller très loin que de faire ça à un autre être humain, déclare-t-il.
C’est presque comme s’ils se vantaient de ce qu’ils vont nous faire en amenant cette boîte de conserve ici, dénonce quant à elle l’aînée Alice Rigney, en évoquant l’installation mobile que Suncor a apportée lors de la séance de consultation écourtée.

L'unité mobile de Suncor a fini par servir de présentoir aux pancartes d'opposition des manifestants.
Photo : Radio-Canada / Jamie Malbeuf
Selon elle, ce qui arrivera à l’eau de la rivière Athabasca n’aura pas seulement un impact sur Fort Chipewyan, mais aussi sur toutes les communautés situées le long de la rivière, ainsi que sur l’océan Arctique, où l’eau de la rivière finit par se jeter.
Une consultation jusqu’en 2028
Sur des brochures apportées par son équipe à Fort Chipewyan début septembre, Suncor dit vouloir utiliser différents procédés de filtration des eaux d’extraction des sables bitumineux, notamment la nanofiltration et l’osmose inverse, testés en 2025.
L’entreprise indique que le recours à la nanofiltration permet d’obtenir une eau non toxique et entraîne une réduction exceptionnelle des nutriments, des métaux traces et des composés organiques (hydrocarbures).
Interrogée par CBC sur le départ précipité de son équipe dès le premier jour des consultations à Fort Chipewyan, Suncor a indiqué par écrit que ce projet reste scrupuleusement encadré.
Le traitement des eaux industrielles est une pratique bien établie et strictement réglementée au Canada et dans le monde entier, souligne-t-elle.
Nous avons testé ces technologies et nous sommes convaincus de leur capacité à traiter les eaux industrielles issues des sables bitumineux.
Bien qu’interrompue prématurément, la consultation des 2 et 3 septembre auprès des habitants de Fort Chipewyan a tout de même permis d'écouter leurs préoccupations et de mieux comprendre le point de vue de la communauté, se défend l’entreprise.
Suncor prévoit conclure sa consultation et obtenir les approbations requises en 2028, avant de lancer le traitement et le rejet des eaux usées en 2030.
D'après un article (nouvelle fenêtre) de Jamie Malbeuf


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