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Au lendemain de son élection, lors de sa première conférence de presse comme premier ministre désigné de la Colombie-Britannique, le chef conservateur Lorne Doerkson a réitéré qu’il tiendrait sa promesse électorale d'abroger la Loi sur la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, connue sous l’acronyme DRIPA.
Devant une telle déclaration, plusieurs dirigeants des Premières Nations tirent la sonnette d'alarme, affirmant que la province pourrait devenir « un champ de bataille » si cette loi venait à être supprimée.
Tenir leur promesse d'abroger la DRIPA va susciter de très vives controverses, affirme le grand chef Stewart Phillip, président de l’Union des chefs indiens de Colombie-Britannique, à propos des conservateurs. « Il s'agit d'une menace à caractère raciste que nous rejetons catégoriquement. »
Qu'est-ce que la DRIPA?
Adoptée en 2019, la Loi sur la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (Declaration on the Rights of Indigenous Peoples Act ou DRIPA) est une loi provinciale de la Colombie-Britannique devant notamment conduire à l'harmonisation du régime législatif et des décisions du gouvernement avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
Un mensonge, selon le grand chef
Lorne Doerkson estime que la Loi n’a pas fonctionné dans cette province et qu’elle a causé jusqu’à présent plus de problèmes que n’importe quelle autre mesure.
C'est une déformation totale et délibérée des faits que de dire aux habitants de la Colombie-Britannique que cela ne fonctionne pas. Ce n'est tout simplement pas vrai. C'est un mensonge, affirme le grand chef Stewart Phillip.
En décembre 2025, la Cour d'appel de la Colombie-Britannique a rendu une décision dans l’affaire Gitxaala, jugeant que la DRIPA était incompatible avec le système actuel utilisé par la province pour octroyer des droits miniers.
Le grand chef Stewart Phillip affirme que le Nouveau Parti démocratique (NPD) de David Eby et les Premières Nations travaillaient activement à des modifications de la Loi sur la déclaration sur les droits des peuples autochtones qui devaient être mises en œuvre cet automne.
Et bien sûr, cela a été interrompu, s'insurge Stewart Phillip, et je ne pense pas que Doerkson ait la moindre envie d’aller plus loin que de simplement rejeter [laDRIPA].
Des relations tendues
Alors que la Colombie-Britannique s’apprête à entreprendre plusieurs projets liés aux ressources naturelles, Terry Teegee, le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique estime que les tensions entre des Premières Nations et la province pourraient s’exacerber.
Cela va être très difficile en ce qui concerne les relations avec le premier ministre, surtout compte tenu du mandat et du programme que [les conservateurs] ont présenté, renchérit Terry Teegee.

«La DRIPA constitue la norme minimale internationale en matière de droits de la personne, et elle a été adoptée sous forme de loi et de politique en Colombie-Britannique. Cela nous permet d'affirmer notre souveraineté et notre autodétermination, mais aussi de mettre en œuvre une politique élaborée pour permettre aux Premières Nations de prendre en charge des domaines de compétence tels que la protection de l'enfance», explique Terry Teegee. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Il y aura davantage de recours judiciaires et de manifestations concernant ces projets, notamment ceux qui n’ont pas obtenu l’accord des Premières Nations.
Stewart Phillip prévoit que de nombreux citoyens seront en colère : Cela va se répercuter dans les rues [...] et bouleversera complètement la vie telle que nous la connaissons en Colombie-Britannique.
De partenaires à adversaires
Lorne Doerkson ajoute néanmoins qu’il [s]’engage à œuvrer pour tracer une voie prometteuse fondée sur le respect, le partenariat, l’amitié et le dialogue avec les peuples autochtones.
Mais, selon Stewart Prest, politologue à l'Université de Colombie-Britannique, ces intentions semblent insuffisantes.
Dès l’instant où l’on commence à agir contre les communautés autochtones, celles-ci ne sont plus des partenaires, mais des adversaires. Et elles disposent bel et bien de moyens politiques pour ralentir considérablement le développement, le rendre très laborieux et, en réalité, aller à l’encontre des objectifs du gouvernement conservateur, explique-t-il.
Faire marche arrière reviendrait à prendre une mauvaise direction d’un point de vue historique, ajoute le politologue, en rappelant la rafle des années 1960 ou encore les traumatismes découlant des pensionnats pour Autochtones.
Le grand chef Stewart Phillip espère toujours un dénouement différent : M. Doerksen a l'occasion de prendre la bonne décision, mais je doute fort qu'il le fasse. J'entends donc déjà les tambours de guerre résonner.
Avec les informations de Troy Charles et de Caroline Barghout


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