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Des policiers ont-ils protégé des groupes d’ultradroite ? Accusé, vidéos à l’appui, Laurent Nuñez dément

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Le ministre de l’Intérieur a répondu aux accusations d’une partie de la gauche, selon laquelle des policiers auraient protégé des groupes d’ultradroite le 24 octobre.

Par Sarah Coulet avec AFP

Laurent Nuñez a répondu aux accusations d’une partie de la gauche sur le plateau de BFMTV/RMC ce lundi 26 octobre.

Laurent Nuñez a répondu aux accusations d’une partie de la gauche sur le plateau de BFMTV/RMC ce lundi 26 octobre.

Le démenti est formel mais pourrait ne pas suffire à convaincre. « On ne protège personne », s’est défendu Laurent Nuñez au micro de RMC/BFMTV ce lundi 26 octobre. Le ministre de l’Intérieur est accusé par une partie de la gauche, dont La France Insoumise (LFI), d’avoir favorisé des groupes d’ultradroite en marge de rassemblements samedi 24 octobre dans plusieurs villes de France.

À Nice, Montpellier et Nancy, « des groupes sont venus principalement en réalité, pour s’en prendre à la mouvance ultragauche, comme ils le font habituellement », a-t-il relaté. Policiers et gendarmes « sont intervenus à de nombreuses reprises pour disperser, empêcher les affrontements entre l’ultragauche et l’ultradroite ».

« Les policiers ont pu constater des affrontements auxquels ils ont mis un terme. Je veux couper court à ces rumeurs : à aucun moment, évidemment, la police ne les a protégés. À aucun moment, ils n’ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes », a affirmé le ministre avant de s’agacer. « Non, on ne protège personne, certainement pas. »

Nancy, Nice, Rouen…

Sur X, les députés LFI Manuel Bompard et Thomas Portes ont accusé les autorités d’avoir laissé « les fascistes (...) se balader en ville armés de couteaux et de barres de fer pour agresser des passants » à Nice et d’avoir « protégé les milices d’extrême droite ce week-end ».

Mathilde Panot a, de son côté, pris la parole après les explications du ministre. « Laurent Nuñez est un menteur », a-t-elle écrit en légende d’une vidéo de Mediapart tournée à Nancy, dans laquelle on peut voir des hommes habillés en noir, le visage caché, jeter des projectiles vers un autre groupe.

Des policiers, qui étaient jusque-là postés plus haut dans la rue, s’avancent, passent devant le groupe d’hommes et semblent s’élancer en direction de ceux qui ont reçu les projectiles.

Chez les Écologistes aussi, l’accusation a été portée par la secrétaire nationale du parti et candidate à la présidentielle, Marine Tondelier. « Il y a une impunité envers les mouvements d’extrême droite », a-t-elle réagi dans Télématin ce lundi, expliquant être « extrêmement choquée par ce deux poids, deux mesures par rapport à la répression » du mouvement lycéen.

À Nice, une centaine de « militants d’ultradroite masqués » ont convergé vers le centre-ville pour « affronter physiquement les manifestants », selon la préfecture des Alpes-Maritimes, et onze personnes ont été placées en garde à vue.

De l’autre côté de la France, à Rouen, une enquête pour violences aggravées a été ouverte après la diffusion par le média Blast d’une vidéo où des militants nationalistes frappent un homme suite à la manifestation du 24 octobre, a appris l’AFP auprès du procureur ce lundi.

Après la dispersion de la manifestation, « des affrontements ont opposé des individus issus de mouvances d’ultradroite et d’ultragauche, en centre-ville de Rouen », a confirmé le procureur de la république de Rouen Sébastien Gallois dans un communiqué.

Sur cette vidéo, on voit plusieurs individus, certains masqués et cagoulés, courir dans le centre-ville avant de frapper un homme à terre. Quelques instants plus tard, une dizaine de policiers passent au travers du groupe pour aller contrôler la victime des coups, alors que les auteurs des violences se replient aux cris de « Rouen nationaliste » et « la rue, la France, nous appartient ».

Une enquête pour violences aggravées confiée à la police nationale a été ouverte dimanche selon le magistère.

De possibles suites judiciaires contre ces « groupes de combat »

Selon les informations de Laurent Nuñez, des appels sur les réseaux sociaux ont été détectés émanant « de nombreuses mouvances d’ultradroite », de personnes de « la mouvance identitaire » et « de nationalistes également, qui voulaient descendre dans les centres-villes pour protéger les commerces ».

Des groupes qui « se sont constitués dans ce qu’on appelle un groupe de combat, ou à tout le moins un groupe constitué en vue de commettre des violences » donc « ça relève peut-être d’incrimination pénale » et « il y a des polices administratives qui s’appliquent, notamment des possibilités de dissoudre ces groupes, s’ils se sont vraiment, et ça semble être le cas, constitués en groupes de combat ».

Le ministre a promis « des suites » judiciaires et administratives. Et s’il s’agit de groupes dissous dans le passé, « on les poursuivra au pénal pour reconstitution de ligue dissoute », a prévenu le ministre.

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