«Tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.» En 1862, dans sa préface aux Misérables, dont on découvrira dans quelques jours une énième adaptation cinématographique, réalisée par Fred Cavayé et qui se conclut sur cette citation, Victor Hugo évoquait ouvertement le rôle de la littérature, et a fortiori de l’art, face aux injustices, et plus largement aux dérives politiques qui les permettent. Il ne posait pas une question, mais affirmait l’utilité de la littérature pour éclairer une réalité, fustigeait l’existence, «par le fait des lois et des mœurs, [d’]une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers […]».
A sa sortie, Les Misérables suscitera un engouement sans précédent, Hugo n’ayant rien publié depuis Notre-Dame de Paris en 1831. Des gens se cotiseront pour acheter le livre. Lui aussi enthousiaste, le photographe Edmond Bacot, ami de l’écrivain, réalisera une série de portraits de Cosette. Alors qu’il n’existait que des illustrations du roman, sa vibrante petite héroïne devenait soudainement réelle. Puis, en 1906, Alice Guy réalisera L’Enfant sur la barricade, un court métrage librement inspiré du destin de Gavroche.


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