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En cette journée du 8 mars, quelques milliers de personnes se sont rassemblées au centre-ville de Montréal pour marcher à l’occasion du 115e anniversaire de la Journée internationale des droits des femmes.
Cette année, des femmes de tous horizons se sont rassemblées sous la thématique « insoumises et unies », lors d’une marche organisée par le collectif montréalais Femme de diverses origines (FDO).
« Nous voulons mettre de l’avant les enjeux que vivent les femmes ici, […] pour attirer toute la population et pour qu’on ne se taise pas », a déclaré Saadatou Abdoulkarim, l’une des porte-paroles de FDO, en entrevue avec Le Devoir. « Nous voulons des sociétés qui soient dignes, qui soient fières, et qui mettent en avant des valeurs qui démontrent que les femmes, quelle que soit la personne, peuvent y vivre en sécurité. »
Pour Josée-Anne Riverin, qui est venue marcher avec ses trois jeunes enfants, son conjoint et ses parents, « il est plus important que jamais de rappeler que le patriarcat est encore extrêmement présent, que les droits des femmes ne sont pas du tout acquis. »
« Les injustices envers les femmes sont partout dans le monde », a lancé Paulina Toro, une Chilienne qui est installée au Québec depuis cinq ans. « C’est vraiment important d’écouter les femmes et de lutter pour [nos] droits ».
Sept féminicides
Depuis de l’année 2026, le Québec compte déjà sept féminicides : « ça n’a pas de bon sens, il faut que ça s’arrête », a dit Sylvie Cantin, l’une des porte-paroles du groupe Mères au front. « Ça fait peur pour mes petits-enfants, c’est inquiétant ».
« Il ne s’agit pas de condamner, il faut vraiment avoir la volonté de transformer les choses » a quant à elle affirmé Saadatou Abdoulkarim en évoquant le nombre de féminicides. « Tout ce qu’on a acquis des fortes luttes, peut être remis en cause. »
Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec Solidaire, a déclaré que « les droits des femmes reculent partout à travers le monde ». « On ne peut pas ici, au Québec, s’asseoir sur nos lauriers et penser qu’on est à l’avant-garde. Au contraire, aujourd’hui en 2026, on est rendu à sept féminicides », a-t-elle poursuivi. Dimanche, la députée a publié une vidéo sur ses réseaux sociaux pour dénoncer la cyberviolence que subissent les femmes.
Mme Riverin observe au Québec « des glissements vers la droite, vers l’extrême droite qui sont extrêmement dangereux ». Alors « qu’on veut être une société distincte, on est en train de copier ce qu’il se passe chez nos voisins du sud », a-t-elle affirmé, s’inquiétant aussi de la montée des discours masculinistes.
« Ce sont les femmes qui en paient le prix »
« La CAQ aujourd’hui dit aux femmes comment s’habiller si elles veulent garder leur emploi, il n’y a pas si longtemps ce sont les prêtres catholiques qui le faisaient à la population », a lancé Julie Malouin, une femme présente à la manifestation. Elle faisait référence notamment au projet de loi 94 adopté en octobre dernier à l’Assemblée nationale, exprimant « un retour en arrière ».
Saadatou Abdoulkarim, partage un avis similaire : « La loi 21 et toutes les autres lois qui pénalisent les femmes parce qu’elles ont des croyances religieuses, les empêchent de travailler dans [une province] qui brandit les valeurs féministes ».
Mme Malouin évoque aussi des « disparités dans les coupures gouvernementales dans des secteurs qui sont principalement occupés par des femmes », parlant entre autres de l’éducation et de la santé.
D’autres manifestations avaient lieu partout dans le monde à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. À Québec, des centaines de personnes se sont rassemblées devant l’Assemblée nationale.


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