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La nouvelle vague d'invitations du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) est jugée insuffisante par des membres du milieu des affaires de la Baie-des-Chaleurs, inquiets pour l’avenir de leurs travailleurs étrangers.
C'est à peu près une entreprise sur cinq qui craint pour sa survie en lien avec ces nouvelles restrictions, lance Valentine Palma, la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Baie-des-Chaleurs (CCIBDC).
Elle indique qu'une quinzaine d'entreprises de la région risquent de perdre des employés dont le permis de travail arrive à échéance.
Des entreprises qui se voient prochainement, ou, si c'est pas déjà le cas, diminuer les contrats, diminuer les investissements ou même diminuer la production et les horaires d’ouvertures. Ça vient avoir un impact au niveau de la vitalité de la région.

Valentine Palma, directrice de la Chambre de commerce et d'industrie Baie-des-Chaleurs, fait valoir que le PSTQ ne permet pas de répondre aux besoins des employeurs du secteur privé. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois
Une inquiétude palpable pour l’entreprise manufacturière CFI-Métal, à Carleton-sur-Mer, dont 5 des 25 employés sont des travailleurs tunisiens.
Aucun d’entre eux n’a été sélectionné vendredi, lors de la dernière ronde d’invitation du PSTQ, afin de s’établir de façon permanente au Québec. Certains de leurs permis de travail, relevant d’Immigration Canada, n'ont pas encore été renouvelés.
Les employés sont inquiets, les familles des employés aussi, déplore la directrice générale, Judy-Ann Norton.

L’entreprise CFI-Métal de Carleton-sur-Mer est une entreprise de conception, fabrication et installation d’équipements industriels. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau
Une clause de droits acquis
En chœur, le milieu des affaires du Québec demande au gouvernement fédéral de faciliter le renouvellement des permis de travail des ressortissants étrangers, en adoptant une clause de droits acquis. Cette mesure permettrait aux travailleurs étrangers déjà sur le territoire de continuer à y exercer en attendant d’être invités à rester de façon permanente au Québec.
On demande à ces entreprises-là d'en faire toujours plus, de faire preuve de productivité, d’innovation, mais finalement on les empêche de garder leurs travailleurs, dénonce Valentine Palma. Elle souligne que, dans une région vieillissante comme la Gaspésie, l'apport de l'immigration est une question de vitalité économique.

Depuis 2024, des restrictions fédérales s’appliquent sur le Programme des travailleurs étrangers temporaires. (Photo d’archives)
Photo : CBC / Robert Short
Respecter sa promesse
Selon la directrice générale de CFI-Métal, Judy-Ann Norton, la main-d'œuvre qu’elle risque de perdre est impossible à remplacer localement. Son entreprise a embauché des employés en Afrique du Nord.
On a été les recruter sur leur divan, ils étaient bien intégrés dans leur société, puis on leur a dit : "Viens au Québec, on a besoin de vous." Ils ont pris la chance de venir [...] et là, le gouvernement ne veut pas renouveler les permis de travail , s'indigne Mme Norton. Elle souligne que leurs familles se sont intégrées dans la communauté gaspésienne.
Un coup qu'on a fait des promesses à des familles, les lois ont changé. Ça, je trouve ça un peu déloyal.
Et les coûts pour notre entreprise, d'essayer de renouveler ces permis, le travail qu'on fait avec les avocats, c'est astronomique, ajoute-t-elle.
Au moment de publier ces lignes, les ministères de l'Immigration du Québec et du Canada n'ont pas répondu à nos demandes d'informations.

Les employés de CFI-Métal recrutés à l'étranger sont installés à Carleton-sur-Mer depuis plusieurs années. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Une chanceuse dans le lot
Depuis l’ouverture du PSTQ, plusieurs travailleurs étrangers de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont tout de même reçu une invitation à s’établir au Québec, sur un bassin de dizaines de milliers de candidatures.
L’incertitude a donc cessé pour Tatum Guillermic, agente de soutien administratif au Cégep de Matane. Vendredi, après plusieurs mois d’inquiétude, elle a reçu une invitation à son tour.
J'ai pleuré, j'ai pleuré... Pas de tristesse, c'est plus des pleurs de joie et de soulagement, confie la jeune femme, dont le permis de travail arrivait à échéance dans quelques jours.

Tatum Guillermic est installée à Matane depuis bientôt cinq ans. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
Je souhaite tout mon courage à ceux qui doivent encore passer cette étape. [...] On est tous dans le même bateau.
Toutefois, la Française fait la part des choses : l’invitation au PSTQ n’est que la première étape du long processus d’accès à la résidence permanente. Il lui faudra encore prouver tout ce qui est inscrit dans sa déclaration d’intérêt, obtenir un Certificat de sélection du Québec, et présenter une demande de résidence permanente canadienne.


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