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Alors que le plan pour le français du chef libéral, Charles Milliard, se fait toujours attendre, des libéraux se sont prononcés pour ramener le libre choix dans les cégeps.
La loi 96, qui renforce la Charte de la langue française, vient limiter les inscriptions des francophones et des allophones dans les cégeps anglophones. Elle impose aussi l’obligation pour tous les étudiants de suivre trois cours de français ou trois cours de leur programme en français.
« Chose certaine, on touche à des institutions qui sont importantes pour la communauté anglophone », a dit le président de la Commission politique nationale du Parti libéral du Québec (PLQ), André Pratte, en mêlée de presse à Sherbrooke samedi.
Est-ce que cela doit changer ? « Absolument », a-t-il répondu.
Selon M. Pratt, le gouvernement caquiste a utilisé une manière détournée avec la loi 96 pour « limiter le choix des gens d’avoir l’éducation dans la langue qu’ils souhaitent à l’enseignement supérieur ». « Il n’y a aucun gouvernement du Québec qui a touché aux droits des adultes de choisir là où ils obtiennent leur enseignement supérieur. Parce qu’on considère que c’est une liberté de choix importante », a-t-il soutenu.
C’est d’ailleurs pour cette raison que le PLQ s’est opposé à l’extension de la loi 101 à la formation professionnelle et à l’éducation aux adultes plus tôt cette semaine.
La députée libérale de Westmount–Saint-Louis, Jennifer Maccarone, croit elle aussi qu’il faut retirer le plafonnement des places dans les cégeps anglophones. « Rendu à 18 ans, si un jeune francophone souhaite apprendre l’anglais parce qu’il voit que ça va faire partie des options pour le futur, mais pourquoi on ne va pas le lui laisser l’apprendre ? » a-t-elle soutenu.
Sa collègue de Notre-Dame-de-Grâce, Désirée McGraw, s’est aussi prononcée en faveur du « libre choix pour les adultes ».
Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, n’a pas tardé à critiquer les libéraux. « Pour Charles Milliard et le Parti libéral du Québec, le plan de match est clair : s’attaquer à la Charte de la langue française tout en prétendant protéger les acquis. “Avancez par en arrière”, voilà leur devise ! » a-t-il écrit sur X samedi.
« Il faut avoir de l’ambition »
Vendredi, Charles Milliard a affirmé que son plan pour le français, qui doit être dévoilé d’ici le 21 juin, sera « meilleur » que celui de la CAQ. « Il faut avoir de l’ambition au Québec », a-t-il ajouté samedi.
Il y a quelques semaines, le chef libéral a tergiversé sur la loi 96. Il a tout d’abord affirmé qu’il était en faveur de conserver la disposition de dérogation afin de protéger la loi des contestations devant les tribunaux, rompant ainsi avec une promesse électorale de son parti en 2022.
Sa prise de position a provoqué des remous dans son caucus et au sein de la communauté anglophone. Il a ensuite dit qu’il modifierait la loi 96 et verrait si la clause dérogatoire est encore nécessaire.
« Il n’y a aucun malaise avec la langue au Parti libéral du Québec. On est foncièrement francophones. On est fiers de notre langue », a assuré le chef libéral vendredi.
Les libéraux sont réunis en Conseil général à Sherbrooke.
Samedi, Charles Milliard a présenté son candidat pour la circonscription de Richmond. Il s’agit de l’ancien journaliste à La Presse et ex-directeur général du journal La Tribune Hugo Fontaine.


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