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Ottawa a annoncé la semaine dernière un investissement de 81,7 millions de dollars sur cinq ans pour sa Stratégie pour le saumon sauvage de l’Atlantique, visant à stabiliser et à rétablir les habitats.
La Fédération du saumon atlantique ajoute 25 millions de dollars.
Cet investissement public-privé de plus de 100 millions de dollars au total est le plus important jamais consacré au saumon sauvage de l’Atlantique, a affirmé Nathan Wilbur, le président de la fédération, dans un communiqué, jeudi dernier.
Les organismes déjà impliqués dans cette cause risquent de recevoir une partie de ce financement, comme l'Institut de la compréhension de la nature de Gespe'gewa'gi (GINU), basé à Listuguj, près de la frontière du Nouveau-Brunswick et du Québec.

La Dre Carole-Anne Gillis fait de la recherche scientifique en partenariat avec la communauté mi’gmaw de Listuguj depuis 2014. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Le saumon atlantique est une espèce qui a décliné énormément depuis les années 1980, a rappelé Carole-Anne Gillis, la directrice de la recherche de cet institut.
Les deux dernières années, 2024 et 2025, ont été des records — les plus bas — de montaisons et de retours de saumon atlantique partout sur son aire de distribution, sauf le Labrador, précise-t-elle.

Les montaisons de saumons atlantiques ont été faibles dans les dernières années. (Photo d'archives)
Photo : getty images/istockphoto / Wild & Free
Le réchauffement des rivières a un impact négatif majeur sur les saumons, qui ont besoin d’eau froide et oxygénée.
À Chéticamp, au Cap-Breton, on a constaté ce phénomène.
C’est ça qui est arrivé chez nous, explique René Aucoin, président de l'Association du saumon de la rivière Chéticamp.
La rivière s'élargit, mais tu as le même montant d'eau. Donc beaucoup plus large, beaucoup plus susceptible à la chaleur, dit-il.

René Aucoin est le président de l’Association du saumon de la rivière Chéticamp, en Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Tom Ayers
Dans cette région de la Nouvelle-Écosse, les efforts pour protéger le saumon atlantique du réchauffement des eaux fonctionnent, selon René Aucoin.
Dans la dernière décennie, on a bâti des déflecteurs pour réduire la largeur des cours d’eau.
On en a bâti 76 dans la rivière de Chéticamp. Tout ça pour ramener la rivière à un parcours plus naturel, et pour nous autres, ça a travaillé, explique René Aucoin.
En Gaspésie, Carole-Anne Gillis prône une stratégie dans la même veine. C'est vraiment de focusser sur les habitats en rivière qui sont résilients, qui peuvent demeurer froids, dit-elle.
Ottawa n'a pas encore précisé à qui et de quelle façon les nouveaux investissements seront distribués.
La Fédération du saumon atlantique s’est donnée comme objectif de ramener à 1 million, plutôt que 400 000, le nombre de retours de saumons de l’Atlantique dans les rivières de l’Amérique du Nord.
D’après le reportage de Paul Légère


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