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La satisfaction au travail dépend de nombreux facteurs. La mise en place par la direction d’un programme de formation et d’accompagnement peut changer la donne pour améliorer les compétences de l'employé et contribuer à son bonheur.
Dans le souci de recruter et de garder son monde, Santé Québec Estrie-CHUS apporte une attention particulière aux étudiantes et étudiants qui suivent leur formation d’infirmière et qui postulent pour un emploi dans le réseau avant d’obtenir leur permis d'exercice de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Les candidates à la profession d'infirmière sont accompagnées par Santé Québec Estrie-CHUS.
Photo : Radio-Canada / Réjean Blais
Les externes ou encore les candidates à l'exercice de la profession d’infirmière (CEPI) peuvent obtenir l’appui d’une conseillère en soins qui les aideront à définir leur parcours professionnel.
On offre des appels de plan de carrière abrégé à la relève qui va postuler, indique Sophie Martin, conseillère en soins à l'intégration et au développement professionnel à la direction des soins infirmiers.
Grâce au programme trajectoire, on amène la future infirmière à bien réfléchir à ce qu'elle a aimé et moins aimé dans ses stages, et à coordonner, dans la mesure du possible, ses souhaits avec les besoins en recrutement.
On est les premiers à proposer cette démarche, c'est une nouveauté au Québec, ajoute-t-elle fièrement.
C'est que, devant le grand nombre de possibilités professionnelles et la multitude d'établissements de santé où il est possible de travailler, il est souvent difficile pour la recrue de s'y retrouver.

Sophie Martin est conseillère à la direction des soins infirmiers de Santé Estrie-CHUS.
Photo : Radio-Canada / Réjean Blais
Un site Internet a été conçu spécialement pour elles, indique Sophie Martin. Cela les aide à voir les trajectoires clientèle disponibles selon le réseau local de services de santé.
Sentir qu'on a à cœur de leur proposer un milieu de soins dans lequel elles pourront s'épanouir et qui correspond à leurs aspirations, je pense que ça n'a pas de prix.
Gagner ses galons
Cette approche, qui a fait grimper de façon spectaculaire le taux d'acceptation des affections infirmières, a tout de suite plu à Améla Busuladzic. Candidate à l’exercice de la profession d'infirmière, elle a, dès le début, fait son nid à la maternité. C'est comme mon dada, c’est ce que j'aime, c'est ce que je veux faire, affirme la pétillante candidate, qui était sur le point de passer son examen de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec lorsque nous l’avons rencontrée.

L'approche développée par Santé Québec Estrie-CHUS plaît à Améla Busuladzic.
Photo : Radio-Canada / Réjean Blais
Malgré toute la passion du monde, il arrive que le feu s’éteigne et que de beaux talents se perdent à cause du stress et de l’anxiété inhérents au travail d’infirmière. Une situation qui peut être particulièrement aiguë lorsqu'on fait ses premiers pas dans la profession. C’est pourquoi un accompagnement constant est offert aux candidates par le biais d’une facilitatrice et d'une préceptrice.
En plus de ces ressources disponibles, sur le plancher, l’infirmière assistante au supérieur immédiat n’est jamais bien loin pour aider les recrues. On a un rôle de soutien très important au niveau de l’organisation du travail et des techniques de soin auprès de la jeune infirmière qui commence, souligne Caroline Labbé.
On peut même aller faire du soutien émotionnel avec les jeunes [infirmières] qui se sentent souvent dépourvues, qui se remettent parfois en question.
Une situation vécue à certaines occasions par Améla, qui n'a jamais hésité à se tourner vers l'assistante au supérieur immédiat (ASI). Une ressource inestimable à ses yeux. Quand on a des questions, c'est notre première ressource. Elles sont tout le temps ouvertes à nous aider, précise-t-elle.
Un rôle essentiel
Caroline Labbé occupe le poste d'ASI depuis quatre ans à l'unité des soins intensifs de l’Hôpital Fleurimont. Son rôle en tant qu’infirmière assistante au supérieur immédiat est d'accompagner la relève, oui, mais aussi de voir à ce que tout fonctionne bien entre les différents membres de l’équipe de soins. Je le compare vraiment à un rôle de mère de famille, explique l'infirmière qui compte 26 années d'expérience.

Caroline Labbé est infirmière-cheffe assistante à l'unité de soins intensifs à l'Hôpital Fleurimont.
Photo : Radio-Canada / Réjean Blais
Entre les patients qui arrivent de l’urgence ou de la salle d’opération, les échanges d’information avec les médecins et les divers professionnels de la santé, Caroline doit rassurer les familles, et parfois même consoler et gérer des conflits au sein de l’équipe soignante.
Mon équipe vient vers moi. Quand il y a quelque chose qui se passe, je suis le point central de mon unité.
Mieux soutenir les ASI
Soucieuse de préserver ce rôle essentiel accompli par des centaines d’infirmières dans les différentes unités de soins dans le réseau en Estrie, la direction des soins infirmiers a décidé en 2023 de mettre en place un programme pour assurer le recrutement et la rétention des ASI.

Anne-Marie Nadeau est conseillère cadre clinicienne à la direction des soins infirmiers de Santé Québec Estrie-CHUS
Photo : Radio-Canada / Réjean Blais
Lors de la pandémie, on s'est rendu compte qu'on voulait recruter des ASI pour les centres de vaccination de masse ou de dépistage de la COVID-19, mais on avait de la misère, explique la conseillère cadre clinicienne à la direction des soins infirmiers Anne-Marie Nadeau.
Il y avait vraiment une méconnaissance du rôle de l'assistante au supérieur immédiat, autant de la part des infirmières que des gestionnaires.

Le poste d'accueil de l'unité de maternité à l'Hôpital Fleurimont.
Photo : Radio-Canada / Réjean Blais
Le programme permet de définir clairement les tâches et les responsabilités des ASI et de bien développer leurs compétences par différents ateliers de formation. Les thématiques abordées touchent, entre autres, le leadership, le règlement des conflits et la culture de sécurité en lien avec les événements indésirables qui peuvent survenir dans un établissement de santé. Des outils appréciés par Caroline Labbé.
Toutes ces belles formations font le pont avec le travail que je fais. Elles permettent aussi de confirmer : ok, je suis dans la bonne direction.
Des résultats probants
Cette validation dont parle l'infirmière permet de toute évidence à l’ASI de se sentir encore plus légitimée dans son rôle. Une employée qui est à l'aise dans ses fonctions sera motivée à continuer pendant un moment, juge la direction. Cette constance ne peut qu’avoir des effets positifs sur toute l’équipe soignante, peu importe l'unité de soins, et ultimement sur la qualité du service offert, croit Anne-Marie Nadeau.
Une équipe stable qui communique et collabore bien et qui connaît bien ses rôles et responsabilités, assurément, que ça va se répercuter sur la qualité des soins offerts aux usagers.

Caroline Labbé et la cheffe de services aux soins intensifs.
Photo : Radio-Canada / Réjean Blais
Même si le programme n’existe que depuis quelques années, déjà, lors d'une évaluation réalisée en 2025, on constatait un plus grand intérêt pour cette fonction syndiquée, constate Anne-Marie Nadeau.
Avant l'implantation du programme, il y avait 110 postes sur 550 postes d'assistante au supérieur immédiat dans l'organisation qui étaient non dotés. Aujourd'hui, il nous en reste près de 50 seulement [à pourvoir], ajoute-t-elle.
L'appui de l'ASI est indispensable aux yeux d'Améla Busuladzic, qui ajoute qu'une stabilité à ce poste apporte une constance et une cohésion bénéfiques à toute l'équipe soignante.
Quand il y a une permanence à ce poste, ça donne une continuité à nos apprentissages.
Le réseau de la santé compte 2700 assistantes au supérieur immédiat. Santé Québec Estrie-CHUS est en pourparlers avec le ministère de la Santé pour implanter son programme au niveau provincial.


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