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Environ 300 personnes ont participé à la marche de la francophonie, jeudi matin, à Victoria. L’événement, dont c’était la 4e édition, a pour but de rassembler les francophones de la province lors de la Journée de la proclamation de la francophonie en Colombie-Britannique.
Nous sommes qui? Francophones! Nous sommes quoi? Fiers!
Déambulant entre la Société francophone de Victoria et l’Assemblée législative, le cortège, essentiellement composé d'élèves des écoles Victor-Brodeur et des Cascades, mais aussi des écoles d’immersion francophone, a fait entendre sa fierté de parler français.

Environ 300 personnes ont marché depuis la Société francophone de Victoria jusqu'à l'Assemblée législative, jeudi matin.
Photo : Radio-Canada / Simon Jousset
Tous se sont ensuite réunis vers 11 h 15 sur le parvis de l’Assemblée législative pour assister au lever du drapeau franco-colombien. Disposés en demi-cercle, certains élèves brandissaient des affiches colorées avec des messages en français.
[Le lever] du drapeau franco-colombien, c'est un événement identitaire qui va rester avec eux jusqu’à la fin de leurs jours, commentait Natasha Pelletier, monitrice de langue à Victor-Brodeur pour le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF).

Marie-Nicole Dubois, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, a procédé au lever du drapeau franco-colombien devant l'Assemblée législative. Selon la FFCB et le CSF, plusieurs écoles de la province ont fait la même chose, à 11 h 15 jeudi.
Photo : Radio-Canada / Simon Jousset
Une communauté joyeuse
Se rassembler, créer du lien, prendre conscience de la singularité de parler une langue minoritaire dans une province anglophone, c'est bien le but de cet événement, voulu par la Fédération francophone de la Colombie-Britannique (FFCB).
La Journée de la proclamation de la francophonie en Colombie-Britannique, ça fait longtemps que ça existe, mais c’était célébré en Chambre, à l’Assemblée législative, se souvient Emmanuelle Corne Bertrand, directrice générale de la FFCB.

Environ 300 personnes, dont beaucoup d'enfants, ont marché jusqu'à l'Assemblée législative.
Photo : Radio-Canada / Simon Jousset
On voulait quelque chose de plus grand, pour montrer au monde que la communauté franco existe, qu’elle est joyeuse. On a fait venir des écoles et les gens avaient envie de venir. On n'a pas tant d’occasions de se rassembler pour célébrer ensemble, car les francophones sont dispersés dans la province. C’est un moment où on se fait voir. [...] Un sentiment d’unité se crée à ce moment-là.
D’ailleurs, les élèves qui ont participé à la marche n’étaient pas les seuls à assister au lever du drapeau. On a invité toutes nos écoles à faire [le lever] du drapeau franco-colombien, et on a demandé aux municipalités dans lesquelles se trouvent nos écoles de faire la même chose, explique Marie-Pierre Lavoie, présidente du conseil d’administration du CSF. Elle assure que l’initiative a été bien accueillie.
Nous avons un double mandat, transmettre la langue, mais aussi la culture. On fait de la construction identitaire, alors quand les élèves voient que leur drapeau qui les représente est levé, ici, au parlement, c’est quelque chose qui fait partie de leur identité, ça fait partie de ce qu’on veut leur enseigner, et ce qu’on doit leur enseigner.
Un poids démographique en baisse
Gabriel Bettey, éducateur physique et professeur de carrière au secondaire, milite pour des événements qui se déroulent hors des murs des écoles. En tant que minorité linguistique, c’est important de voir qu’on n’est pas tout seuls. [...] À chaque fois qu’on sort des murs de l’école pour essayer de vivre une expérience concrète dans la communauté, c’est là, je pense, qu’on apprend le plus.
Loic, élève en 8e année à Victor Brodeur, participait à sa troisième marche. Il dit être heureux de voir tous les gens qui parlent français rassemblés. Il reconnaît que, même s’il est facile de parler en français à l’école, c’est une autre paire de manches en dehors. Lors des activités qui ne sont pas à l'école, c’est difficile, car presque personne ne parle français.
Selon les dernières données de Statistique Canada qui datent de 2021, environ 328 650 personnes étaient capables de soutenir une conversation en français en Colombie-Britannique. Si leur nombre augmente, il ne croît cependant pas aussi vite que la population globale de la province.
Résultat, selon Statistique Canada, le poids démographique de ces résidents a augmenté de 1991 à 2006 (passant de 6,4 % à 7,3 %), avant de diminuer durant les 15 années suivantes pour s’établir à 6,6 % en 2021.
Avec des informations de Benoît Ferradini


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