NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La Fédération québécoise de philatélie a déjà eu 80 000 membres et n'en compte plus que 4000, et le nombre de clubs dans la province est passé de 80 à 33. Pour faire le point sur son déclin des dernières décennies et éviter qu'elle ne meurt de sa belle mort dans cinq, dix ou quinze ans, la Fédération tient ses premiers états généraux.
Les collectionneurs de timbres sont moins nombreux que dans les années 80 et 90 et ils ne sont pas jeunes! En fait, cela fait 20 ans que les médias parlent du déclin de la philatélie et de la disparition des boutiques de timbres à Montréal. L'époque où le journal La Presse avait une chronique hebdomadaire sur la philatélie semble lointaine. Cette chronique a disparu au début des années 2000, après 40 ans.
Les clubs et même la Fédération n'arrivent pas à remplir leur propre conseil d'administration tellement les bénévoles font défaut. Les états généraux ont d'ailleurs été repoussés en raison du manque de bénévoles.
Mais ces états généraux ne sont pas un testament, insistent les organisateurs de la consultation. Certes, il faut avoir le portrait de la situation, un constat, mais à partir de là, est-ce qu'il y a des solutions, des idées, des pistes d'amélioration qu'on pourra avoir pour implanter dans notre plan stratégique?, précise le président de la Fédération, Louis Cantin.
Membre du conseil d'administration de la Fédération, Sébastien Crête est vu, par certains, comme le cerveau derrière les états généraux. Son message est clair : ce sont les solutions qu'il faut aller chercher.
S'il y a des actions qui sont prises, que les gens et les organisations nationales supportent derrière, bien ça peut s'en aller juste vers le haut, facilement. Parce que je pense que, honnêtement, entre 2015 et 2020, on a touché le fond du baril au niveau de la philatélie. Je ne parle pas juste au Québec, je parle au plan international.
Les états généraux prennent la forme de questionnaires disponibles sur le site web de la Fédération que tous peuvent remplir d'ici la mi-juin, même les non-collectionneurs. La compilation des données sera faite par une firme externe qui remettra un rapport à la Fédération. Celle-ci l'utilisera pour faire un plan stratégique sur cinq ans qui identifiera des pistes de solutions.
Les collectionneurs de timbres n'ont pas tous la même vision sur les priorités à mettre de l'avant.
Louis Cantin, par exemple, aimerait aller voir les écoles pour tenter d'y relancer les activités de philatélie comme cela se faisait avant.
De son côté, le collectionneur et éditeur de la revue Philabec, Claude Bélanger, ne trouve pas que les jeunes devraient être une priorité, du moins pas pour le moment.
C'est un peu désolant de le dire, mais on perd probablement un peu notre temps avec les jeunes. Il faut convaincre les adultes. Puis quand les adultes en plus grand nombre vont le faire, les jeunes, à mon avis, vont suivre.
M. Bélanger soutient que les jeunes vont imiter les adultes, mais qu'il faut d'abord faire sortir le 30 à 50 % de philatélistes qui pratiquent leur loisir dans leur sous-sol, cachés dans leur coin. C'est ceux-là qu'on doit faire sortir, puis quand ils seront plus évidents, puis plus actifs, les jeunes, les enfants, les neveux, les nièces, les petits-enfants vont peut-être suivre, dit-il.

Claude Bélanger, collectionneur depuis 70 ans, et éditeur de la revue Philabec
Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis
L'exception qui confirme la règle...
Tous les mois, l'Association des numismates et philatélistes de Boucherville tient un salon de timbres et monnaies à l'École secondaire De Mortagne. L'événement remplit la cafétéria de l'école, attirant facilement de 200 à 300 personnes.
Avec ses 400 membres, l'association de Boucherville est qualifiée de club le plus dynamique du Canada.
Son président, Marc Boulard, souligne que la plupart des clubs sont basés sur la formation et l'échange entre membres, alors que le sien est à l'opposé de cela. Nous, c'est plutôt l'aspect mercantile, c'est des transactions : des échanges, des achats, des ventes. Et fait étonnant, il y a même des jeunes sur place.
Vérifications faites, cependant, tous les jeunes présents sont venus rencontrer... des vendeurs de monnaies! C'est plus facile d'avoir des jeunes en numismatisme, mais en philatélie, ça n'existe pas. Il n'y a pas de relève. Je vous dirais que la très grande partie des philatélistes sont retraités ou retraités avancés, reconnaît Marc Boulard.
À l'ère des réseaux sociaux et du numérique, Sébastien Crête de la Fédération québécoise de philatélie se questionne sur l'importance des clubs locaux dont le nombre est passé de 80 à 33 ces dernières années. Il n'est pas certain que cela soit un indicateur pertinent pour juger de la santé de la philatélie en 2026. Les activités du club de Boucherville attirent d'ailleurs des gens de partout au Québec.
Si on avait moins de clubs encore, on pourrait peut-être être plus actifs et plus présents parce qu'il y a certains clubs où il y a un manque de communication et un manque d'implication pour plein de facteurs. Cela fait en sorte que ça coupe la chaîne de communication. La minute que le club n'est pas actif, il y a comme une cassure pour la personne qui est sous ce club.

Certains timbres anciens ont conservé une grande valeur, comme ceux-ci émis en 1857 et 1859 et que le marchand de timbres Patrick Chalifoux vend respectivement 2500 $ et 5000 $.
Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis
La loi de l'offre et la demande
Si la philatélie a perdu en popularité, qu'en est-il de la valeur des timbres? Les timbres anciens et rares conservent leur valeur, selon Claude Bélanger de la revue Philabec. Un article de CBC soulignait en 2023 la vente d'un timbre canadien de 12 pence à près de 300 000 $, (nouvelle fenêtre) un timbre pré-confédération de 1851.
Le pourcentage de ceux qui sont prêts à mettre parfois des sommes importantes là-dedans, on ne voit pas de déclin. Toutes les grandes maisons d'enchères nous le disent, raconte Claude Bélanger.
Mais pour les timbres plus récents, certains diront ceux d'après la confédération de 1867, d'autres diront d'après 1940, ou encore d'après 1951, soit la période élizabéthaine, la valeur a fondu. Le marchand de timbres Patrick Chalifoux estime que la baisse est marquée depuis 10 ans. Maintenant un timbre à 100 $, on va le vendre à 30 $, 35 $, ça fait que c'est pas mal différent.
Il souligne cependant que les salons de timbres ne sont plus ses principaux lieux de ventes. Avec Internet, j'ai une clientèle vraiment folle. Je suis débordé à la semaine, dit le marchand qui croit aussi qu'il existe des collectionneurs cachés dans leur sous-sol et que les états généraux pourraient aller chercher.
Même le timbre du Bluenose, émis en 1929 et rendu célèbre en 1988 grâce au film Les Aventuriers du timbre perdu n'a pas pris de valeur ces dernières décennies.

La série de timbres du jubilée de diamant de la reine Victoria, émis en 1897, et leur prix de vente par le marchand de timbres Patrick Chalifoux.
Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis
Une simple visite sur les sites de petites annonces en ligne comme Marketplace permet de comprendre l'ampleur de l'effondrement. Des dizaines de collections de timbres à donner ne semblent pas trouver preneur. Des vendeurs qui demandent quelques dizaines de dollars pour une collection révisent leur prix à la baisse.
De nombreux adultes de la génération X et Y héritent de collections de timbres lors du décès de leurs parents, en général des baby-boomers qui laissent en héritage de grandes quantités d'objets.
Le président de la Fédération québécoise de philatélie, Louis Cantin, demande aux gens de ne pas les jeter. Elles peuvent être données à un club local, ou encore à la Fédération. Il souligne d'ailleurs, à regret, que la moitié des appels à la Fédération proviennent de gens qui se demandent quoi faire avec une collection.
L'organisme Développement et Paix récupère aussi les collections en plus d'émettre des reçus d'impôt selon la valeur de celles-ci. Les sommes recueillies vont appuyer des projets de développement communautaire et d’aide humanitaire un peu partout dans le monde, précise l'organisme dans son site Internet (nouvelle fenêtre).
Guy Vézina, responsable du projet timbres à Développement et Paix, souligne que 962 000 $ ont été amassés depuis 1992. Des cartables entiers de timbres de pays étrangers se vendent de 5 à 20 dollars. De nombreux timbres sont offert à 5 cents l'unité, ce qui constitue une bonne partie du million de dollars que l'organisme espère avoir amassé d'ici la fin de l'année.


1 week_ago
86



























.jpg)






French (CA)