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Dénonçant une procédure judiciaire jugée trop lente, le maire de Neuilly-sur-Marne enjoint les familles des trois enfants impliqués dans l'incendie du parc à payer pour les dégâts.
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Par Glenn Gillet Publié le 23 oct. 2026 à 6h04
« Même si ça prend 20 ou 30 ans, je m’en fiche. Je veux qu’ils finissent par payer », martèle Zartoshte Bakhtiari auprès d’actu Paris. Le maire (divers droite) de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) a pris une décision qui risque d’alimenter les vifs débats en cours sur la responsabilité des parents de mineurs ayant commis des délits. Trois mois après l’incendie, déclenché par un groupe de trois enfants de 10 et 11 ans, qui a ravagé fin juillet trois hectares du Parc des 33-Hectares situé sur la commune, l’élu annonce en cette fin octobre 2026 avoir « envoyé la facture » aux familles. Il les enjoint à régler le montant des dégâts et des réparations, estimé à 415 000 euros.
Le maire dénonce la lenteur de la justice
L’incendie a beaucoup ému dans la commune et bien au-delà. Causé par l’usage de « mortiers » de la part du groupe de trois enfants, il était intervenu en pleine période de canicule et de sécheresse, alors que la France était en proie à d’importants incendies, notamment dans le Sud-Ouest. Pas moins de 150 arbres avaient alors été détruits par les flammes. Une passerelle et la moitié de l’espace destiné aux chiens restent encore inaccessibles à ce jour.
La mairie avait porté plainte pour dégradation de biens publics et mise en danger de la vie d’autrui, mais renforce désormais son offensive dans le but d’obtenir réparation rapidement, jugeant le temps judiciaire trop long : « au bout de trois mois, soit on n’a pas la même définition de la justice, soit il y a un défaut de prise au sérieux de la situation », estime-t-il. Il demande donc « une application de la loi, rien de plus, rien de moins », prenant pour base légale « le Code civil qui, depuis 1804, prévoit la responsabilité des parents du fait de l’enfant ».
Le montant de 415 000 euros résulte d’une estimation municipale calculée en prenant en compte la destruction des arbres, les dépenses à engager pour les replanter et le préjudice pour la population, qui n’a pas pu accéder à une partie du parc pendant plusieurs semaines.
Des parents pointés du doigt et considérés comme « défaillants »
« Ils font la répartition qu’ils veulent », nous explique le maire, « et peut-être qu’il y aura une partie qui sera prise en charge par les assurances, mais je ne suis pas sûr de ça. Quand vous commettez un fait délictuel, il y a pas mal de cas d’exclusions des contrats d’assurance ». L’élu affirme que des mises en demeure ont été envoyées lundi aux deux familles concernées (deux des trois enfants impliqués sont frères) afin qu’elles procèdent au règlement, estimant que les parents sont ici « défaillants ». Il explique notamment qu’au moins un des enfants était déjà connu des services de police « pour des faits très graves » et que les trois « ne sont pas des petits anges ».
Dans un de ces courriers, mis en scène dans une vidéo publiée par le maire sur les réseaux sociaux pour annoncer la transmission de la facture aux familles, on peut lire : « À défaut de votre réponse, la Commune poursuivra son action en vue d’obtenir réparation, y compris par voie judiciaire ».
La mairie met ici en évidence le principal obstacle que pourrait rencontrer sa démarche : sa mise en demeure s’apparente en réalité à une tentative de règlement du litige à l’amiable et n’est assortie d’aucune obligation légale.
L’avocat d’une famille dénonce une action « très médiatique »
Contactée par actu Paris, l’avocate d’une des deux familles, Lucine Bertrand, assure ne pas avoir de document évoquant les 415 000 euros pour l’heure. « En dehors de la vidéo, qu’on a découvert sur les réseaux sociaux », elle dit n’avoir, tout comme son collègue Hugo Guagenti, qui défend l’autre famille, « aucun élément sur le chiffre, d’où il sort, comment il a vraiment été calculé ». À ce stade, le règlement de la somme n’est donc pas prévu. « Quand j’aurai les informations, on verra », complète-t-elle.
Mais plutôt que de s’attarder sur l’aspect technique de la question des réparations, Me Lucine Bertrand dénonce le fait que « des mineurs, très jeunes, soient jetés de cette manière sur la place publique, avec un maire qui les traite de pyromanes. Il parle aussi des antécédents qui concerneraient ces enfants, mais comment a-t-il pu en prendre connaissance ? »
Elle dénonce par ailleurs une démarche « très médiatique » : « Évidemment, le moment de sortie de cette vidéo, dans le contexte des manifestations, lui donne l’occasion de mettre la pression sur la justice, sur le parquet », selon l’avocate.
Le maire fait lui-même le lien entre le feu du parc et les pillages et violences qui ont frappé la France le week-end des 17 et 18 octobre : « Celui qui fait ça (l’incendie, NDLR) aujourd’hui, à 10 ou 11 ans, demain, dans un ou deux ans, il fera partie des prochains émeutiers, il s’enfermera dans la délinquance. Donc il faut qu’il y ait une réponse ferme qui soit donnée par la société ».
Les premières condamnations de pillards et de manifestants lors des audiences en comparutions immédiates dans les tribunaux de Paris et de Bobigny ont à ce titre été des modèles de fermeté, comme nous l’avons chroniqué ces derniers jours.
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