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Lorsque Mike Bradley, ancien maire de Sarnia, en Ontario, a aperçu pour la première fois un engin inhabituel et sans pilote sur la rivière Sainte-Claire, il s'est dit que cela ressemblait à « quelque chose venu de la planète Mars ».
M. Bradley a ensuite découvert qu’il s’agissait de l’un des nombreux drones de surveillance à voile déployés l’été dernier dans les Grands Lacs par la garde côtière américaine.
L’ancien maire de Sarnia affirme n’avoir jamais été informé de ce projet, ni par le Canada ni par les États-Unis.

Selon Mike Bradley, qui a été maire de Sarnia pendant 38 ans avant d'être défait le 26 octobre, ce n’est pas un hasard si ce projet intervient dans un contexte de tensions accrues entre le Canada et les États-Unis. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Polin Côté-Paulette
La garde côtière américaine indique que ces drones font partie d’un projet pilote visant à améliorer les prévisions météorologiques, à protéger la pêche locale et à intervenir plus rapidement en cas d’urgence.
L'ancien maire de Sarnia remet cependant en question les intentions à long terme du gouvernement américain.
Même s’ils affirment pour l’instant que c’est inoffensif, je ne suis pas convaincu qu’à l’avenir, surtout compte tenu de la détérioration rapide des relations avec les États-Unis, ils ne s’en serviront pas à d’autres fins.

Des drones à voile de la garde côtière ont été déployés sur le lac Érié et seront retirés de l’eau dès que la glace se formera.
Photo : Avec l’autorisation de Garde côtière américaine.
Ces drones à voile sont tous équipés de caméras haute résolution à 360 degrés, d’un radar de pointe et de systèmes d’identification automatique.
Ils appartiennent à Saildrone, une entreprise privée américaine qui les exploite, et dont le contrat de 15,5 millions de dollars américains avec la garde côtière est financé par la loi One Big Beautiful Bill du président américain, Donald Trump.
Une réponse à un problème fictif, selon le maire sortant
Si la garde côtière américaine a annoncé pour la première fois le projet Voyager en mai, dans un communiqué de presse publié par le ministère américain de la Guerre, M. Bradley n'en a eu connaissance qu'en octobre.
En tant que maire de la plus grande ville du lac Huron, il estime qu’il est inacceptable d’avoir été tenu dans l’ignorance.
Si le gouvernement canadien était au courant et a donné son accord, cela représente, à mes yeux, un problème majeur, déclare-t-il. Ils auraient dû informer les villes canadiennes et les maires canadiens de ce qui se passait.
Selon la garde côtière américaine, les autorités canadiennes sont au courant de ce programme.
M. Bradley qualifie ces drones de solution à un problème qui n’existe pas vraiment. Il appelle le gouvernement canadien à faire preuve de fermeté et à riposter.
Si vous ne vous opposez pas ou ne ripostez pas, ils vous marcheront tout simplement dessus, conclut-il.
La garde côtière américaine défend son programme
Selon la garde côtière américaine, les drones n’ont rien d’inquiétant pour les Canadiens.
Ils sont simplement là à des fins de surveillance, affirmait le lieutenant Samuel Rodriguez Garcia à CBC Windsor en juin.
Considérez-les comme des caméras mobiles qui nous aident en quelque sorte à mieux comprendre ce qui se passe en temps réel sur place.
Il précise que les caméras des appareils sont surveillées 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 par le personnel de la garde côtière américaine, qui peut également déplacer manuellement les drones au besoin. Toutefois, les images ne sont pas enregistrées, affirment les responsables.
Dans un courriel, l’adjudante-chef Corinne Zilnicki précise que les drones prennent des photos, mais pas de vidéos, et que les données qu’ils recueillent ne sont accessibles qu’à la garde côtière dans le cadre de ses missions.
Saildrone n’est pas autorisée à fournir ou à vendre les données opérationnelles de la garde côtière à d’autres clients, selon Mme Zilnicki.
La Garde côtière canadienne indique travailler en étroite collaboration avec son homologue américain, mais ne pas participer au programme de drones à voile.
Avec les informations de Sheena Goodyear, de CBC


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