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Des chefs d’entreprises du secteur des spiritueux en Alberta appellent le gouvernement de la province à riposter si l’administration Trump met à exécution sa menace d’imposer, à compter du 19 août, de nouveaux tarifs douaniers de 50 % sur une catégorie de produits canadiens, dont des boissons alcoolisées.
L’Alberta et la Saskatchewan sont les seules provinces à avoir autorisé le retour des produits alcoolisés américains sur les rayons des commerces.
Adam Smith, fondateur et maître distillateur chez Strathcona Spirits à Edmonton, estime que l’Alberta devrait cesser d’autoriser les importations d’alcools américains.
Cela, dit-il, serait la réponse logique à la nouvelle annonce américaine et permettrait de soutenir les producteurs albertains, qui estiment que leurs affaires seront inévitablement touchées par une nouvelle salve de droits de douane.
Adam Smith indique que l’annonce du président Trump avait remis en cause le projet de son entreprise de commercialiser ses produits dans les États de la Floride et de Washington. Il a été purement et simplement suspendu.
Bryce Parsons, président de l’Alberta Craft Distillers Association et PDG de True Wild Distilling, une entreprise établie à Calgary, fait savoir qu’il était également en train de revoir ses projets d’expansion aux États-Unis.
Il estime que de nouveaux droits de douane limiteraient les options des petits producteurs.
Cela commence vraiment à anéantir un marché. Nous devons donc nous tourner vers d’autres pays, ce qui demande du temps et des efforts.
Un climat d’incertitude
Bien qu’il dise avoir fini par s'habituer aux soubresauts des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, David Owens, propriétaire du commerce Sherbrooke Liquor, à Edmonton, note que l’incertitude que cela crée n’est pas sans conséquences fâcheuses sur le climat des affaires.
Nous n’avons pas importé de nouveau vin américain depuis plus d’un an, car la demande est tout simplement nulle. J’ai donc beaucoup de bouteilles poussiéreuses qui ne sont que de l’argent immobilisé sur les étagères.
Danielle Smith prône la diplomatie
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, continue quant à elle de préconiser la voie diplomatique plus que l’escalade, qu’elle a adoptée depuis le déclenchement, il y a plus d’un an, par l’administration Trump, d’une guerre commerciale tous azimuts.
Mardi, lors de la réunion du Conseil de la fédération des premiers ministres à l’Île-du-Prince-Édouard, Mme Smith a réitéré son vœu de voir la diplomatie et les intérêts supérieurs du Canada et des États-Unis prévaloir alors que les deux pays négocient le renouvellement de l’ACEUM.
Je pense que nous allons vivre une période assez intense au cours des 29 prochains jours, a-t-elle déclaré aux journalistes, faisant référence au préavis de 30 jours qu’a annoncé le président Trump avant l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers.
Par ailleurs, l’Alberta a indiqué mardi qu’elle avait signé un accord de vente directe d’alcool aux consommateurs avec la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador et la Colombie-Britannique.
Cette entente permet aux producteurs d'alcool de l'Alberta de vendre de la bière, du vin, des spiritueux et d'autres boissons alcoolisées directement à un plus grand nombre de Canadiens.
Il s'agit d'une étape importante vers la suppression des barrières commerciales interprovinciales, mais il reste encore du chemin à parcourir, a commenté Danielle Smith.
Avec les informations (nouvelle fenêtre) de Natasha Riebe


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