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Alors que la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, a annoncé la tenue d'un vote consultatif le 19 octobre prochain sur le déclenchement d'un processus de séparation du Canada, des voix autochtones de premier plan s'élèvent pour contester la légitimité constitutionnelle et historique d'une telle démarche.
Pour les leaders des Premières Nations et les spécialistes des politiques autochtones, la question de la souveraineté provinciale se heurte à une réalité juridique incontournable : les traités historiques.
Ils n'en ont tout simplement pas l'autorité
L’Alberta ne peut pas se séparer. Ils n’en ont tout simplement pas l'autorité, tranche Danette Starblanket, professeure adjointe à l'École supérieure de politique publique Johnson Shoyama de Regina et membre de la Nation crie de Star Blanket.
Danette Starblanket rappelle que les traités fondamentaux (notamment les traités 4, 6, 7 et 8), qui couvrent de vastes portions de l'Alberta et de la Saskatchewan, ont été conclus directement entre la Couronne britannique et les Premières Nations bien avant que ces provinces ne soient créées et n'intègrent la Confédération canadienne en 1905.
Les traités étaient des ententes de partage de la terre, et non des ventes de territoire. Selon les termes de ces accords, les terres n'ont jamais été cédées, abandonnées ou rendues. Les Premières Nations conservent leur autorité sur ces territoires, explique l'enseignante.
Elle précise que ces ententes sacrées ne peuvent être rompues unilatéralement par une province qui n'en était même pas signataire.
Une rupture du lien sacré avec la Couronne
Le chef Joey Pete, de la Confédération des Premières Nations du Traité no 6 et chef de la Première Nation Sunchild, soutient cette position de manière catégorique. Selon lui, toute tentative de l’Alberta de se détacher du Canada constitue une violation directe de la relation de confiance et de partenariat établie entre la Couronne et les peuples autochtones.
Nos droits issus des traités sont toujours bien vivants aujourd’hui à travers notre peuple et à travers les accords signés par nos ancêtres, rappelle-t-il, appelant les politiciens de tous les horizons à dénoncer fermement ce projet de scrutin.

Le chef Joey Pete estime que le vote sur un éventuel référendum témoigne d'un manque de respect et d'une méconnaissance des responsabilités découlant des traités et de la Constitution. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nadeer Hashmi/CBC
Le chef Bobby Cameron, de la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN), abonde dans le même sens et rappelle la préséance légale des droits ancestraux.
Nos droits issus des traités surpassent les lois provinciales et fédérales. Cause après cause, la Cour suprême du Canada a toujours tranché en notre faveur.
Il qualifie les traités d'ententes internationales contraignantes toujours valides en 2026. Bobby Cameron déplore également l'exclusion systématique des Premières Nations des débats entourant l'avenir constitutionnel de la province.
Un débat qui divise la classe politique
Ce rejet autochtone s'ajoute à un climat politique déjà très polarisé. La première ministre Danielle Smith a défendu la formulation de sa question référendaire, qui demande aux Albertains s'ils soutiennent l'ouverture de négociations constitutionnelles de séparation, affirmant qu'elle souhaite ainsi clore le débat sur le séparatisme une fois pour toutes, tout en précisant qu'elle ferait personnellement campagne pour le camp fédéraliste.
À Ottawa, le premier ministre Mark Carney a réitéré que toute démarche de sécession doit se plier aux exigences de la Loi sur la clarté référendaire, tout en invitant les Albertains à rejeter la division pour plutôt rénover le pays de l'intérieur dans un esprit de fédéralisme coopératif.
Du côté des provinces voisines, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a refusé de commenter la situation pour le moment. Il devrait toutefois s'exprimer la semaine prochaine lors de la Conférence des premiers ministres de l'Ouest, qui se tiendra précisément en Alberta, où la question de l'unité nationale et de la légitimité des traités sera inévitablement au cœur des discussions.
Avec les informations d'Alexander Quon


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